SATINAGE A CHAUD ET PAR FROTTEMENT
plique spécialement aux épreuves de petits formats, telles que cartes et cartes-album dont le brillant peut rivaliser, au sortir de la presse, avec celles qui ont subi l’encaustiquage le plus soigné. Cet appareil, que nous représentons figure 51, se compose d’un cylindre fixe A, finement cannelé, de façon à avoir un léger mordant qui lui permet d’entraîner la carte dans son mouvement de rotation ; les extrémités de ce cylindre sont munies de deux anneaux mobiles en acier poli qui ont pour effet de protéger la plaque de tout frottement,
Fig. 51. — Cylindre à chaud et à plaque fixe, système H. Muhé.
lorsque le Cylindre est mis en mouvement au moyen de la manivelle B; enfin d’une plaque en fonte G , dans laquelle se trouve incrustée une règle d’acier poli d’une largeur de quinze millimètres, sur laquelle glisse la photographie. Cette plaque fixe repose, aux quatre extrémités, sur un bâti en fonte, elle est attachée par deux boulons qui permettent de la relever verticalement.
Lorsqu’on veut se servir de cet appareil, le cylindre A est relevé de manière à découvrir la bande d’acier, dont la propreté est indispensable; la lampe à alcool D, à double bec et à régulateur, est placée sous la plaque G; puis, aussitôt que la température de la plaque est assez élevée pour qu’une goutte d’eau versée à la surface puisse se vaporiser, on rabat le cylindre qu’on fixe avec les deux boulons, la pression est réglée, en raison de l’épaisseur des cartons, au moyen des deux vis E, F qui sont sous la plaque, et les épreuves sont placées successivement sous le cylindre qui les entraîne, en les faisant glisser sur la lame d’acier chauffée. La pression doit être légère de façon à ce que la carte glisse sans effort, car si cette pression était trop forte, l’épreuve pourrait être rayée, surtout si elle n’était pas parfaitemeut sèche.
L’opération peut être répétée deux ou trois fois, si on désire donner à l’image le brillant de l’émail.
Gomme on peut s’en rendre compte, cet appareil est d’une simplicité extrême, mais les résultats qu’il donne étant remarquablement beaux, nous ne doutons pas qu’il soit bientôt employé universellement pour le glaçage des cartes et des cartes-album (1).
Nous mettons en regard, fig. 52, un laminoir basé sur les mêmes principes et appliqué, aux États-Unis, par M. Weston, à peu près à la même époque que celui de M. Muhé. Les appareils deM. Weston, dont les plaques sont en fonte polie, sans lames d’acier, ont le défaut de rayer les épreuves, et de nécessiter, dans tous les cas, l’emploi d’une mixtion pour en faciliter le passage sous le cylindre ; un autre inconvénient est la difficulté de sécher ce cylindre qui, étant rigide, se couvre de vapeurs d’eau toutes les fois qu’on chauffe la
(1) Nous pensons être utile à nos lecteurs en leur indiquant le dépôt central de ces laminoirs, qui se trouve chez M. Baudelair, à Strasbourg. M. Guilleminot, h Paris, est également dépositaire de ces appareils.