CARTES CAMÉES
un litre d’eau froide ordinaire ; après une heure de macération, faites fondre au bain-marie ; filtrez au travers d’un linge fin bien propre, et maintenez la cuvette qui contient cette gélatine filtrée au-dessus d’un vase rempli d’eau bouillante pendant tout le temps du travail. Prenez alors de la main gauche une des glaces collodionnées, avec la main droite projetez à la surface et sur le collodion une petite quantité de gélatine, trempez dans le liquide chaud une carte-album [ou deux petites cartes à émailler coupées de la dimension voulue, appliquez cette ou ces épreuves la face contre le collodion, mettez par-dessus une feuille de carton, d’une épaisseur moyenne, préalablement trempée dans de l’eau tiède ; recouvrez le tout d’une feuille mince de caoutchouc que vous avez soin de maintenir, pendant toute l’opération, dans un bain d’eau chaude ; de la main droite saisissez vivement un verre rhodé dont vous vous servirez comme d’une râclette pour presser cette feuille de caoutchouc contre les épreuves, pendant que la main gauche maintient le tout en contact avec la glace collodionnée ; par ce moyen, toutes les bulles d’air sont chassées sûrement. Enlevez le caoutchouc, posez la glace à plat sur une étagère, l’épreuve au-dessus, et continuez ainsi jusqu’à ce que toutes vos cartes et cartes-album soient appliquées sur glaces ; abandonnez à la dessiccation, pendant vingt-quatre heures, dans une pièce sèche et chaude, puis coupez avec la pointe d’un canif le carton tout autour de la glace au-dedans du bord albuminé ; l’épreuve se détachera alors en quelque sorte seule, il n’y a plus qu’à la couper de dimension avec de bons ciseaux en appliquant un calibre à la surface, puis à les bomber en ovale ou en coins ronds, en les plaçant successivement dans le petit appareil indiqué figure 33, auquel on fait subir une pression modérée, au moyen de la presse représentée fig. 54.
On peut également remplacer le carton par cinq ou six feuilles de papier, qui toutes doivent tremper dans la gélatine
diluée, et qu’on superpose par dessus l’épreuve photographique pour former un tout parfaitement homogène, ayant l’épaisseur de la carte ordinaire, mais possédant une flexibilité plus grande qui permet un gaufrage plus soigné.
Fig. 53- — Appareil ovale et coins ronds : pour bomber les cartes.
Les cartes seront recouvertes d’une feuille de papier de soie, et les cartes-album pourront être montées sur chine 13X18 avec de la colle à froid de Berger, en ayant soin d’appliquer à la surface un poids creux qui presse sur les bords sans toucher à la partie bombée.
Retouche des épreuves photographiques.
Les épreuves photographiques ne sont pas toujours parfaites lorsque le travail de l’opérateur est terminé : quelques