‹ La photographie en Amerique (volume 2)Chapitre 62 sur 131 · PHOTOGRAPHIES SUR PAPIER IMITANT LA MINIATURE · texte numérisé non relu

PHOTOGRAPHIES SUR PAPIER IMITANT LA MINIATURE

Photographies sur papier imitant la miniature sur ivoire.

Ce procédé a beaucoup d’analogie avec le précédent, mais il ne nécessite qu’une seule épreuve qui est tirée en dégradé sur du papier de Saxe préparé ainsi qu’il est indiqué page 302; au sortir du bain de lavage, l’image est collée, pendant qu’elle est encore humide, sur un châssis en bois mince, dont la dimension est proportionnée à celle de l’épreuve; cette image est alors coloriée à l’aquarelle dans les conditions ordinaires, mais sans cependant apporter autant de soin dans l’exécution des détails, et le papier est rendu transparent en le frottant par derrière avec un tampon de flanelle trempé dans la cire vierge fondue ; pour cela, l’image est posée à plat sur la table en fer indiquée fig. 55, page 380, les lampes sont allumées pour empêcher la cire de se figer pendant l’opération ; aussitôt que le papier est parfaitement transparent, on enlève l’excès de cire avec de la flanelle propre, et on place derrière l’image une feuille de papier à dessin jaune paille, puis une planchette pour maintenir le tout. Le devant est garni d’un passe-partout ovale recouvert d’une glace et bordé, puis mis en cadre.

Les épreuves traitées par ce moyen sont extrêmement remarquables par la fraîcheur et l’éclat du coloris, elles imitent d’une manière parfaite les miniatures sur ivoire les plus soignées, et nécessitent un travail beaucoup moins important que les portraits peints à l’aquarelle par la méthode ordinaire.

Retouches par le procédé aristotype.

Le prodédé aristotype inventé par un Américain, M. Vanderweyde, consiste dans un mode de retouche tout particulier qui donne les effets les plus artistiques aux photographies ordinaires, et qu’un opérateur, absolument étranger à la pratique du dessin, peut appliquer aussi bien que le peintre le plus habile, car il est d’une grande simplicité.

Les épreuves photographiques se font sur papier albuminé ordinaire et sont tirées en dégradé, soit en buste, soit en mi-corps; la retouche se fait ensuite et varie sur différentes parties de l’épreuve ; légère et sèche dans certaines parties, plus accentuée et serrée dans d’autres ; tantôt douce, tantôt dure, elle porte toujours l’empreinte d’une liberté d’exécution très-artistique ; les épreuves traitées ainsi ont une transparence et un relief saisissants, les gradations et le modelé de la figure sont exquis, enfin, le fond d’une perspective aérienne, en quelque sorte vaporeuse, adoucit les contours et donne à l’ensemble du dessin un charme indéfinissable qui porte toujours le cachet du maître.

Les poudres dont on se sert pour exécuter les retouches par ce procédé se composent de pastels de nuances variées mélangés avec de la pierre ponce finement pulvérisée. Les grandes lumières sont avivées au moyen de la gommegrattoir, et les ombres rehaussées avec une dissolution de gomme arabique appliquée au pinceau.

Page 1