GÉLATINAGE DES FEUILLES DE PAPIER
Gélatinage des feuilles de papier.
M. Jeanrenaud décrit cette opération ainsi qu’il suit : Le matériel le plus commode se compose d’une série de glaces bien planes ( cinq ou six suffisent ), qui sont enchâssées dans un léger cadre en bois, de telle sorte que, la première étant calée et mise de niveau horizontalement, les autres puissent se superposer et être également de niveau.
Sur la première glace, on pose une feuille de papier mouillée qui doit s’étendre exactement sans laisser de bulles d’air en dessous ; on éponge régulièrement l’excès d’eau avec du buvard , et on recouvre la surface d’une couche de mixtion colorée, qu’on verse tiède avec précaution pour éviter les bulles d’air. On peut se servir pour ce travail d’une cafetière dont on a rétréci le goulot en y adaptant un tube coudé et effilé, de manière à ne présenter qu’une ouverture de 2 à 3 millimètres ; la gélatine colorée mise dans ce vase est versée sur le papier, en faisant une série de bandes parallèles qui se recouvrent les unes par les autres ; le liquide étant chaud s’étale partout en une couche de même épaisseur et parfaitement unie. Si la solution est versée trop chaude, il se produit des inégalités de forme circulaire ; lorsque la température est convenable, à 30<> environ, la gélatine coule comme un sirop et donne des surfaces très-unies.
On pose un second cadre à glace sur le premier, on répète l’opération, et ainsi de suite pour les autres. A une température moyenne de 12 à 15 degrés , la gélatine fait prise assez rapidement pour qu’on puisse, après une série de cinq ou six glaces , enlever la première feuille et la prendre pour la sécher à l’air libre, de sorte que l’on peut continuer ainsi le travail d’une manière courante. Au-dessous de 12 degrés, la gélatine fait prise trop rapidement et rend l’extension dif-
ficile; au-dessus de 20 degrés, elle est au contraire très-lente à se figer, et il devient nécessaire, ou d’avoir un très-grand nombre de cadres, ou de chercher une température plus basse.
Les feuilles, après une dessiccation complète qui demande de douze à vingt-quatre heures, sont mises les unes sur les autres, dans un endroit légèrement humide de préférence, pour qu’elles puissent reprendre leur planimétrie.
Sensibilisation.
Faites une solution de bichromate de potasse à 3 p. 100 en hiver, à 2 p. 100 en été, immergez successivement dans cette solution froide chaque feuille gélatinée, pendant trois ou quatre minutes, et suspendez pour laisser sécher. Il est bien entendu que la sensibilisation , le séchage et toutes les opérations suivantes doivent être faits dans l’obscurité du laboratoire, éclairé soit par un verre jaune ou une lampe faible.
Le papier séché doit être mis à plat dans un carton et placé pendant quelque temps dans un endroit frais, afin qu’il soit assez souple pour s’appliquer convenablement sur le cliché.
Il paraît préférable, pour la conservation du papier, de ne pas faire servir le même bain de bichromate de potasse pendant plusieurs jours.
Exposition.
Gomme toujours, l’exposition est excessivement variable, suivant l’intensité lumineuse et la transparence des clichés ;