‹ La photographie en Amerique (volume 2)Chapitre 88 sur 131 · PROCÉDÉ MARION · texte numérisé non relu

PROCÉDÉ MARION

Dans une cuvette dont le fond est entièrement couvert de vernis (le vernis Sœhnée convient très-bien), on fait flotter la pellicule (1), en agitant la cuvette pour recouvrir entièrement cette feuille diaphane ; on la saisit alors par deux angles supérieurs, et, après l’avoir fait égoutter, on l’applique sur le cliché en évitant les bulles d’air; on laisse prendre le vernis, et, au bout de 15 à 20 minutes, la plaque est plongée dans une cuvette remplie d’eau où elle peut séjourner pendant une demi-heure. Au bout de ce temps, l’image du cliché est très-adhérente à la pellicule et peut être enlevée.

Les clichés anciens présentent quelquefois des difficultés telles qu’on est obligé d’employer des moyens plus énergiques; on plonge alors le négatif dans l’alcool à 36 degrés pendant 30 à 40 minutes, et, après l’avoir fait égoutter, on le chauffe par l’envers sur une lampe à alcool, puis on le couvre d’une couche de vernis, comme si c’était un cliché neuf; on chauffe de nouveau et on applique la pellicule, cqmme il est indiqué plus haut, après avoir chauffé légèrement ; on laisse prendre le vernis, ce qui demande deux ou trois heures environ ; on plonge dans l’eau jusqu’à ce que l’image abandonne la glace, ce qui a lieu dans un temps qui varie entre six et douze heures. Gomme le vernis plongé dans l’eau, avant complète dessiccation, blanchit et donne au cliché pelliculaire un aspect opaque qu’il faut faire disparaître, on le plonge pendant cinq minutes dans l’alcool à 40 degrés, puis on l’abandonne à une dessiccation spontanée.

Les clichés sur papier ciré, quand celui-ci est très-mince, conviennent . parfaitement pour les tirages au charbon ,

(1) Cette pellicule translucide, employée pour le transport des clichés, se compose de collodioiï normal additionné d’huile de ricin. La maison Marion fabrique en grand ce genre de véhicule qu’il suffit de couper de la grandeur des clichés. Nous indiquerons plus loin un autre moyen plus simple encore et plus économique pour le transport des clichés sur pellicule translucide.

puisqu’ils peuvent indistinctement se tirer sur le recto et sur le verso, comme les clichés pelliculaires ; c’est par le recto que se font les tirages ordinaires aux sels d’argent ; c’est par le verso que l’on doit opérer quand on procède aux tirages par la gélatine bichromatée, afin d’éviter un double transport, car on ne doit pas oublier que toutes les finesses et les demiteintes de l’image ne seront conservées qu’à la condition de laver l’épreuve à l’envers en préservant le côté gélatiné qui a reçu l’action lumineuse.

Développement par le procédé Marion.

Au sortir du châssis, les feuilles impressionnées sous le cliché doivent être appliquées contre un papier recouvert d’une couche légère d’albumine coagulée.

Pour coller les deux papiers l’un à l’autre, on doit les soumettre d’abord à un ramollissement par l’eau froide. On procède comme suit à cette opération :

Étendre la feuille impressionnée sur une glace, le côté coloré en dessous, et, au moyen d’une éponge imbibée d’eau, mouiller l’envers de la feuille assez pour la détendre, ramollir la gélatine, et donner de la souplesse au papier, éviter avec soin que le côté gélatiné soit mouillé en excès, en mettant une feuille de buvard en dessous. D’autre part, mouiller le papier albuminé par son envers en le faisant flotter sur une nappe d’eau, en ayant soin que cette eau n aille pas sur le liquide albuminé. Quand le papier est détendu , placer cette feuille sur du papier buvard posé sur une glace, l’albumine en dessus ; appliquer immédiatement la couche gélatinée ramollie contre l’albumine , en évitant les bulles d’air.

Cette partie délicate de l’opération doit être exécutée avec la plus grande attention, de la manière suivante :

Une des extrémités du papier gélatiné est appliquée contre

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