‹ La photographie en Amerique (volume 2)Chapitre 89 sur 131 · DÉVELOPPEMENT PAR LE PROCÉDÉ MARION · texte numérisé non relu

DÉVELOPPEMENT PAR LE PROCÉDÉ MARION

l’extrémité correspondante du papier albuminé ; on abaisse graduellement sous l’action d’un rouleau cylindrique de 6 à 7 centimètres de diamètre, qui pousse régulièrement la feuille gélatinée contre la feuille albuminée en chassant les bulles d’air ; on met par dessus une feuille de papier buvard, et le rouleau est passé de nouveau ; on retourne la feuille et on passe encore le rouleau, de façon à enlever tout excès d’eau et arriver à un collage parfait ; on peut alors passer immédiatement au développement de l’image.

Pour cette opération, il est essentiel d’avoir de l’eau chaude en abondance , et des cuvettes assez spacieuses pour contenir un grand nombre d’épreuves et l’eau nécessaire.

L’eau bouillante étant versée dans la cuvette, les épreuves y sont plongées rapidement, de façon à être saisies par la chaleur. Le double effet de cette chaleur humide est, d’une part, la coagulation et la solidification de la couche albumineuse qui sert de support et, d’autre part, la dissolution de la mixtion colorée, dont la couche inférieure seule s’est dissoute ; la couche supérieure, s’étant préalablement solidifiée à la lumière et ayant pris sous le cliché la forme de pellicule avec les contours, les reliefs et les creux du dessin, est devenue absolument insoluble et s’est détachée de la partie soluble de la feuille gélatinée pour se fixer sur la couche d’albumine solidifiée qui la retient.

Arrivé à ce point, il ne reste plus qu’à débarrasser le dessin de l’excès de gélatine soluble qu’il retient encore, ainsi que des traces de bichromate qui peuvent rester dans les fibres du papier. On tient donc pendant quelque temps l’épreuve la face tournée en bas dans la cuvette remplie d’eau chaude, afin que l’excès de mixtion, mis en dissolution, tombe au fond du vase, débarrasse le dessin de toute souillure et le fasse paraître convenablement dépouillé.

Si, par suite d’un excès de pose, l’épreuve restait sombre et empâtée, il faudrait de nouveau avoir recours à l’eau bouil-

lante et, l’agitant dans la cuvette de manière à produire un léger frottement à la surface de l’épreuve , finir ainsi de la débarrasser de l’excès de couleur que lui avait donné la pose trop prolongée ; après cela, un simple lavage à l’eau tiède doit compléter le développement.

Cependant, pour donner plus de solidité à l’épreuve, on fera bien de la passer dans une dissolution d’alun à saturation ; cette immersion complétera la solidification de la gélatine, lui retirera le reste de gluant qu’elle prend quand on la mouille, et on en assurera le montage plus facile sur bristol ou sur papier.

Procédé de M. Swan.

On prend 120 grammes de gélatine qu’on fait d’abord gonfler pendant quelques fleures dans 300 centimètres cubes d’eau froide, puis dissoudre à une douce chaleur. On y ajoute un blanc d’œuf battu, on agite, on pousse jusqu’à l’ébullition, puis on filtre. Ce traitement a pour but de clarifier l’albumine qui reste en solution brillante et limpide. On remplace par de l’eau la quantité qui s’est évaporée et on ajoute 60 grammes de sucre blanc. C’est alors qu’on mélange la matière colorante, l’encre de Chine, qu’on a filtrée après l’avoir broyée ou délayée dans l’eau.

La gélatine se conserve dans des flacons bien bouchés. Pour la rendre sensible, on prépare une solution de bichromate d’ammoniaque (30 grammes pour 90 d’eau) dont on verse 30 grammes dans 200 ou 300 grammes de la solution de gélatine colorée.

On couvre une glace de collodion non ioduré d’une consistance convenable, on le laisse s’égaliser et sécher parfaitement. On chauffe cette glace et on y étend bien également

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