POSITIF PAR TRANSPARENCE
grandes lumières; lorsque tous les détails sont obtenus, l’épreuve est lavée, puis fixée au cyanure de potassium; on termine vivement par un dernier lavage abondant.
La pellicule de collodion formant l’image doit être alors enlevée de la glace, pour être virée comme nous l’indiquerons plus loin.
On y arrive facilement en coupant d’abord avec l’ongle le bord extrême du collodion, puis en plaçant l’épreuve dans une cuvette remplie d’eau ordinaire, contenant environ 5 à 6 grammes d’acide sulfurique par litre de liquide; après quelques minutes d’immersion dans ce bain, le collodion se détache de la glace et flotte à la surface. On l’enlève alors délicatement en se servant de la glace comme support, pour le placer dans une autre cuvette remplie d’eau claire que l’on change cinq ou six fois, jusqu’à ce qu’il ne reste plus trace d’acide.
Virage.
On prépare dans deux flacons séparés :
Solution n fl.
Eau filtrée • 100 c. c.
Bichlorure de mercure 7 grammes
Solution n° S.
Eau distillée 100 c. c.
Chlorure d’or • 1 §r 5-
Le bain de virage se compose alors de :
Eau de pluie Solution n° l Solution n° 2
que l’on mélange dans une cuvette plate à fond de verre ; l’image est immergée dans ce bain où elle perdra bientôt la teinte grise uniforme qu’elle a généralement, pour arriver progressivement à un beau ton noir qu’il convient de lui donner. On pourra suivre les progrès du virage en examinant l’épreuve à travers la glace transparente qui forme le fond de la cuvette.
L’image est ensuite lavée avec soin et précaution pour éviter les froissements ou les déchirures de la pellicule de collodion, puis on la plonge pendant quelques minutes dans un bain composé de :
Eau filtrée 200 c. c.
Ammoniaque liquide 30 gouttes.
ayant pour effet d’éliminer le chlorure d’argent qui s’est formé pendant l’action du virage, et qui, lorsqu’il reste sur l’image, lui donne une teinte verdâtre d’un effet fâcheux. On termine par un bon lavage, avant d’appliquer la pellicule de collodion sur la plaque d’émail où elle doit être incorporée et fixée par le feu.
L’image traitée comme il vient d’être expliqué sera 'd’un beau noir de gravure après la fusion ; si on désirait changer la teinté et lui donner un ton sépia plus chaud, il faudrait la plonger dans un second bain composé ainsi qu’il suit :
On prépare dans deux flacons séparés :
Solution n» 1 .
Eau filtrée 250 c. c.
Peroxyde de fer 2 grammes.
Solution n» «.
Eau filtrée 250 c. c.
Prussiate de potasse rouge 2 grammes.
TRANSPORT DE L’iMAGE SUR LA PLAQUE D’ÉMAIL 481
On mélange alors daus une cuvette plate :
Eau de pluie 300 c. c.
Solution n° 1 2 —
Solution n° 2 2 —
Solution de chlorure d’or à 1/2 p. 100. . 2 à 3 gouttes.
Après deux ou trois minutes d’immersion dans ce bain, que l’on a soin d’agiter doucement, pour que l’image prenne une teinte bien uniforme dans toutes ses parties, la pellicule est de nouveau lavée dans plusieurs eaux, puis transportée sur la plaque d’émail.
Transport de l’image sur la plaque d’émail.
Le transport et l’application de la pellicule de collodion sur la plaque d’émail se font d’une façon très-simple et trèsfacile ; l’image étant placée au moyen de la glace qui lui sert de support, dans une cuvette d’eau bien propre, on laisse cette glace au fond de la cuvette pendant que la pellicule flotte à la surface du liquide ; on glisse alors sous l’image une plaque d’émail de la dimension voulue, en ayant soin de la placer de façon que l’épreuve se trouve convenablement posée lorsqu’on enlève le tout du liquide, en se servant encore pour cela de la glace de support qui a été laissée au fond de la cuvette. L’image est légèrement pressée contre l’émail pour la faire adhérer sur toute la surface et chasser en même temps les bulles d’air qui ont pu s’interposer, on laisse égoutter en inclinant légèrement la glace, puis on fait sécher convenablement au-dessus d’une lampe à alcool. On coupe ensuite le collodion autour de la plaque d’émail que l’on enlève de la glace sur laquelle elle était appliquée pendant ces opérations.
Le collodion qui dépassait la plaque d’émail, et qui se
trouve appliqué sur la glace, peut être avantageusement employé pour la retouche de l’image, si cela est nécessaire. Pour cela, lorsque cette pellicule est sèche, on l’enlève de la glace et on la broie sur une palette avec quelques gouttes d’huile 'de lavande ou d’aspic, ce qui donne une couleur composée d’éléments qui se combinent parfaitement avec l’image en se confondant avec elle.
Vitrification de l’épreuve sur émail.
La vitrification se fait dans un fourneau à moufle chauffé à blanc avec un mélange de coke et de charbon de terre, qui permet d’élever la température graduellement.
La plaque d’émail portant l’image est fixée bien à plat sur un rondeau en terre réfractaire qui lui sert de base, et on place le tout à la partie supérieure du four chauffé au rouge cerise, en ayant soin d’éviter une transition trop brusque qui pourrait faire éclater en morceaux la pellicule de collodion.
Le moyen le plus sûr est de maintenir l’émail à la porte du moufle jusqu’à ce que le collodion ait pris une teinte brune générale sous l’action de la chaleur ; on saisit alors avec des pinces en fer le support en terre réfractaire pour l'introduire graduellement dans l’intérieur où doit s’accomplir l’incorporation de l’image par la fusion de la couche d’émail. Lorsque les blancs de l’épreuve se dessinent bien purs, la plaque est retirée doucement du feu avec toutes les précautions habituelles, pour éviter que l’émail s’écaille ou se fendille par un trop brusque changement de température, on la laisse pendant quelques instants à la porte du moufle, et enfin on la retire entièrement pour la laisser refroidir.
Après cette opération, l’image est fixée à l’émail, et elle peut résister au frottement, mais elle manque de brillant; aussi doit-on la recouvrir d’un vernis céramique dont l’ap-