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ÉMAUX PHOTOGRAPHIQUES

En remplaçant le cliarbon ou les couleurs végétales par des oxydes métalliques ou des émaux en poudre, on pourra, en opérant la fusion dans un moufle, former à la surface du verre ou de tout autre subjectif, tels que plaques de porcelaine, verre, etc., un dessin parfaitement inaltérable, dans le genre des peintures de Sèvres ou des peintures sur verre.

Si on préférait transporter l'image sur papier, il suffirait de recouvrir le dessin d’une couche de collodion normal, puis de plonger la glace dans l’eau ordinaire, jusqu’à ce que l’aspect huileux de la couche ait disparu, après quoi on passerait à la surface une solution d’acide chlorhydrique largement étendue d’eau pour détruire l’adhérence de la pellicule de collodion à la glace; on lavera ensuite pour chasser toute trace d’acide, et on appliquera une feuille de papier non collé, préalablement humectée, un peu plus petite en tous sens que le dessin, en ayant soin de chasser les bulles d’air et d’établir un contact parfait ; on ramène tout autour les parties de la couche de collodion qui dépassent cette feuille de papier, que l’on soulève avec précaution par l’un des coins pour enlever l’image tout entière sans la déchirer. Ainsi détachée du verre, la pellicule de collodion sur laquelle se trouve l’image est appliquée sur une autre feuille de papier gélatiné, qu’on a eu le soin de mouiller à l’avance; lorsque le contact est parfaitement établi, on enlève la feuille . non gélatinée qui a servi au transport, et l’image est alors fixée et emprisonnée entre le papier et une couche de collodion qui, tout en la préservant extérieurement, forme à la surface un vernis naturel et doux.

Émaux photographiques.

MM. Geymet et Alker ayant publié une brochure extrêmement détaillée sur les procédés qu’ils emploient pour la

fabrication des émaux photographiques, nous donnons plus bas un extrait de ce travail, renvoyant le lecteur à l’ouvrage précité pour les détails de manipulation qui ne peuvent trouver place dans cette édition.

Préparation de la liqueur sensible.

La liqueur sensible se compose de :

Eau 100 c. c

Glucose 14 grammes.

Bichromate d’ammoniaque en solution saturée 15 c. c.

qui doit être faite quelques jours à l’avance.

Cette liqueur doit être parfaitement filtrée et reposée avant de s’en servir, mais il est bon de ne pas la laisser vieillir trop longtemps et de la maintenir à l’abri de la lumière blanche.

Préparation des glaces.

L'emploi de glaces parfaitement planes et exemptes de bulles et de rayures est indispensable pour obtenir de bons résultats; un nettoyage parfait est de rigueur, et, avant de verser la liqueur sensible, on doit avoir soin de passer un blaireau bien sec à la surface pour en éliminer tous les grains de poussière qui cribleraient de points l’image à reproduire.

La liqueur sensible est alors versée en nappe unie, comme si on employait du collodion ordinaire, et l’excédant est recueilli dans un flacon à part muni d’un filtre en coton. La plaque est alors séchée au-dessus d’un fourneau à gaz ou d’une lampe à alcool, en la chauffant modérément.

DÉVELOPPEMENT DE L’iMAGE

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Insolation.

Quand la glace parfaitement sèche a repris la température ambiante, on l’expose sous un positif transparent qu’on a enlevé du verre. L’insolation peut varier selon l’intensité du positif, et l’actinisme de la lumière, de 20 à 60 secondes au soleil et de 2 à 10 minutes à l’ombre. Une pose trop prolongée est moins à craindre que si elle était insuffisante; néanmoins, comme la réussite repose sur un principe d’hygrométrie qui est le résultat d’une action chimique produite par la lumière, l’image n’aura une valeur réelle qu’autant que le temps de pose aura été bien calculé, car, si l’insolation n’est pas suffisante, la poudre d’émail se fixera, au développement, sur tous les points de la surface, et si, au contraire, elle n’a pas été suffisante, la poudre n’adhérera nulle part.

Développement de l’image.

^près l’exposition, l’image est développée en la couvrant de poudre d’émail à l’aide d’un blaireau doux. On tamponne légèrement la surface impressionnée en commençant par le haut; on descend progressivement, frappant toujours avec régularité et légèreté.

Quand toute la glace est couverte ou pendant l’opération, on décrit des cercles en avançant à mesure, et l’image se forme toute seule, car la poudre adhère inégalement sur les parties plus ou moins humides.

On dégage ensuite la glace de la poudre en excès, en promenant le blaireau de haut en bas dans tous les sens. Le dessin se montre alors tel qu’il doit être.

L’image donnée par la poudre d’émail doit être très-claire.

Il suffît qu’elle soit indiquée sur la glace pour éviter Fempâtement. La poudre adhérente ne doit être qu’une ombre légère. Si peu qu’elle paraisse, vue par transparence ou par réflexion, l’image sera toujours assez accusée sur le médaillon.

Si la glace était trop chargée de poudre, elle se détacherait en la passant à l’acide sulfurique, et l’image serait perdue.

Il faut cependant tenir le dessin un peu plus foncé qu’il ne doit être. Les blanôs doivent être légèrement teintés et les noirs un peu voilés par la couche, car le brillant donné par le feu ramènera le tout à sa juste valeur.

Une image trop peu accusée, quoique paraissant d’une bonne valeur sur l’émail non cuit, sort trop pâle du moufle.

Transport de l’image sur plaque d’émail.

Lorsque l’image est développée, il faut la transporter de suite, pour éviter une trop grande adhérence de la poudre sur le verre qui, aurait pour effet de rendre le détachement plus difficile.

Pour enlever l’image, on couvre la glace d’une couche de collodion normal composé de :

Éther sulfurique a 62 degrés ...... 500 c c.

Coton azotique suivant la dimension de l’image 15 à 20 grammes.

Lorsque le collodion a fait prise, on immerge la plaque dans une cuvette remplie d’eau additionnée d’une petite quantité d’acide chlorhydrique. Ce mélange dissout et élimine l’acide chromique qui teindrait en vert le blanc de l’émail après la cuisson.

Après quelques minutes d’immersion, la plaque est retirée,

TRANSPORT DE L’iMAGE SUR PLAQUE D’ÉMAIL 477

le collodion est coupé tout autour du verre que l’on plonge aussitôt dans une cuvette pleine d’eau, pour laver la pellicule de collodion qui se détache de la glace et monte à la surface de l’eau.

La pellicule de collodion bien lavée est transportée dans une autre cuvette contenant un bain d’eau sucrée à la proportion suivante :

Eau filtrée i litre.

Sucre blanc . 200 grammes.

Après quelques minutes de séjour dans ce bain, l’image est transportée, la poudre en dessous, sur la plaque émaillée,' qui ne demande aucune préparation préalable.

Il faut éviter les plis avec tous les soins possibles et rabattre ensuite sous la plaque les parties qui dépassent pour que la pellicule soit bien tendue, et on place le tout sur une feuille de papier buvard, puis on fait absorber l’eau qui est à la surface en plaçant par-dessus quelques doubles de papier de soie.

Lorsque l’émail est parfaitement sec, on doit détruire le collodion, qui s’écaillerait à la cuisson en entraînant avec lui les poudres vitrifiables ; pour cela, la plaque est plongée pendant dix minutes dans une petite cuvette remplie d’acide sulfurique; on tëîftnine ensuite par un bon lavage à l’eau fraîche, avant, de procéder à la vitrification qui se fait dans un fourneau d’émailleur en terre réfractaire.

Ce travail étant la partie délicate de l’opération, nous conseillons de suivre avec soin les recommandations décrites par MM. Geymet et Alker dans l’ouvrage spécial dont nous avons parlé plus haut ; l’amateur et le praticien y trouveront les détails les plus précis sur l’ensemble de ces opérations.

Émaux photographiques par incorporation du collodion à la pâte fusible.

Ce procédé diffère essentiellement des précédents, en ce sens que l’image est formée par le positif transparent obtenu sur le collodion, et incorporée à l’émail par la cuisson dans un fourneau à moufle chauffé à la température nécessaire. Les images obtenues par cette méthode ont plus de finesse, de transparence et de modelé que celles produites par les poudres vitrifiables.

Positif par transparence,

Le positif par transparence, pour être dans les meilleures conditions possibles, doit être parfaitement détaillé et exempt de toute trace de voile ; on peut le faire à la chambre noire odinaire avec un bon collodion iodo-bromuré et un bain d’argent franchement acidulé; après l’exposition, qui varie selon l’intensité du négatif, de la lumière, et l’ouverture du diaphragme, l’image est développée avec une solution composée de :

Eau distillée ï litre.

Acide pyrogallique 6 grammes.

Acide citrique 4 —

Acide acétique cristallisable 30 c. c.

Sous l’action de ce révélateur, l’image apparaît lentement , mais avec une très-grande finesse; vue par transparence, elle doit présenter une gradation de ton régulière, depuis le noir le plus intense jusqu’à la transparence parfaite dans les

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