‹ La photographie en AmériqueChapitre 15 sur 151 · grammes · texte numérisé non relu

grammes

. 40 gouttes.

Formule n° Z.

Collodion normal

lodure d’ammonium

Bromure de cadmium

Teinture d’iode

. 1 litre.

. 7.5 grammes.

20 gouttes.

Le collodion n® 1 donnera une épreuve négative claire et bien détaillée, mais probablement un peu trop intense et heurtée si on l’emploie isolément, tandis que le n"" 2, dans les mêmes conditions, produira une image harmonieuse, mais un peu faible; mêlés en proportion égale, ils donneront de très-beaux négatifs clairs et modelés. On pourra, du reste, modifier l’intensité en mettant une quantité plus ou moins grande du n° 2.

Collodion négatif spécial pour cartes de visité et stéréoscope. — Les formules que nous donnons plus haut ne sont pas exclusives, il en existe une foule d’autres, qui varient soit par les proportions d’éther et d’alcool, soit par les iodures et bromures employés pour sensibiliser ces • collodions.

La température agissant sur les substances qui entrent dans le collodion, il faut modifier la proportion d’éther et d’alcool selon les variations atmosphériques, et employer

DU COLLODION

de préférence les iodures de cadmium lorsqu’on doit opérer par les grandes chaleurs, en ayant soin d’ajouter quelques gouttes d’une solution alcoolique d’iode.

Pour les cartes de visite et le stéréoscope, qui demandent une grande finesse et beaucoup de clarté dans les détails, nous employons un collodion spécial qui varie sensiblement, par ses proportions d’éther et d’alcool, avec ceux que nous avons indiqués précédemment; nous le nommerons collodion alcoolique.

Ce collodion, contenant une proportion d’alcool beaucoup plus grande que ceux décrits plus haut, s’évapore plus lentement et se conserve plus longtemps dans de bonnes conditions. Dans les grandes chaleurs, il permet de travailler plus sûrement et donne des négatifs harmonieux dans les ombres, et d’une clarté remarquable. Gomme il est moins fluide que les précédents, la proportion de coton doit être moindre.

Pour la fabrication de ce collodion, il sera surtout essentiel de se procurer de l’alcool bien rectifié à 40 ou 42 degrés. Dans le cas où on craindrait la présence d’une trop grande quantité d’eau dans cet alcool, on la ferait absorber par de la chaux éteinte ; pour cela, dans un flacon contenant 1,000 centimètres cubes d’alcool, introduisez 100 grammes de chaux éteinte, en ayant soin de remuer le mélange quelque temps après l’avoir bouché soigneusement; après deux jours de repos pour laisser déposer la chaux, décantez : vous aurez de l’alcool parfaitement pur.

Collodion alcoolique.

Formule no i .

Alcool pur 1,200 c. c.

Éther sulfurique 800 —

Coton azotique 16 à 18 grammes.

lodure d’ammonium 8.5 —

— de zinc 2.5 —

— de cadmium 6 —

Bromure de cadmium 2.5 —

— d’ammonium * . . . 2.5 —

Teinture d’iode 30 gouttes.

Formule n» Z,

Alcool pur 5S0 c. c.

Éther à 62 degrés 450 —

lodure de cadmium 4.5 grammes.

— d’ammonium 4.5 —

Bromure de cadmium 3.5 —

Coton azotique ou papyroxyle 8 —

Teinture d’iode 10 gouttes.

Le collodion dans lequel l’alcool domine coule lentement sur la glace, mais cependant avec facilité; il est moins adhérent que celui où l’éther est en proportion plus grande que l’alcool.

Avec cette proportion d’alcool et d’éther, il est surtout important que le coton ou papyroxyle soit d’excellente qualité; on ne l’emploie du reste que dans les pays extrêmement chauds, alors qu’un collodion ordinaire offrirait trop de difficulté à s’étendre en couches régulières, par suite de l’évaporation trop rapide de l’éther.

Dans les climats tempérés, où la chaleur ne s’élève pas à plus de 25 à 30 degrés centigrades, le meilleur collodion est celui où l’alcool est à égale quantité avec l’éther; dans les hautes latitudes et par les grands froids on pourra n’employer que deux cinquièmes d’alcool pour trois cinquièmes d’éther.

Une des causes les plus fréquentes de la mauvaise qualité du collodion est l'acidité de l’éther employé ; il faut donc, après s’être assuré de la densité à 62 degrés, y tremper une bande de papier bleu de tournesol qui ne devra pas changer de couleur; si, au contraire, il rougissait, il faudrait rejeter l’éther comme impropre à faire de bon collodion.

L’alcool devra être également distillé avec soin, afin d’en éliminer toutes les matières organiques, et sa densité ne sera pas moindre de 95 degrés au pèse-alcool de Gay-Lussac.

Le collodion doit surtout s’harmoniser avec le bain dans lequel il est sensibilisé.

Dans un bain neuf, la couche d’iodure d’argent se forme plus vite que dans un vieux bain contenant de l’éther, de l’alcool et de l’acide provenant des couches successives de collodion qui ont été immergées ; lorsque cette couche reste

DU COLLODION

bleuâtre et transparente au sortir du bain, il faut ajouter un peu d’iodure en solution alcoolique au collodion, car l’image qu’on obtiendrait n’aurait pas assez d’intensité pour produire un négatif dans de bonnes conditions; si, au contraire, la quantité d’iodure contenue dans le collodion était trop considérable, la couche serait opaque, très-intense et d’un blanc jaunâtre, l’image produite serait alors traversée de stries granuleuses : elle serait moins pure qu’avec un collodion trop peu ioduré; le meilleur remède à apporter dans ce cas est d’ajouter du collodion normal jusqu’à ce que la couche d’iodure d’argent devienne légèrement opaline au sortir du bain sensibilisateur.

Lorsqu’un collodion fraîchement préparé, surtout celui à l’iodure de cadmium, tend à donner des épreuves voilées, on pourra corriger ce défaut en y ajoutant quelques gouttes d’une solution de teinture d’iode alcoolique, comme nous l’indiquons dans plusieurs de nos formules. On peut employer le même remède lorsqu’il se produit sur le cliché, après développement, des piqûres largement espacées qui n’ont pas le caractère de l’iodure en excès, ou qui se présentent sous forme de petites comètes noires ou blanches dans la couche de collodion.

La question des collodions, en photographie, est la plus délicate à traiter. On peut se rendre compte, par les différentes formules que nous venons de donner, que tous les collodions ne sont pas aptes à fournir de bonnes épreuves, que ce soit des vues ou des portraits, des intérieurs sombres ou des paysages brillamment éclairés. C’est donc à l’opérateur intelligent à modifier les formules, en raison du travail qu’il a à faire.

La proportion de l’iodure et du bromure joue un rôle important dans le collodion, aussi doit-on le sensibiliser suivant le genre de travail qu’on veut reproduire.

Le bromure, donnant beaucoup de détails dans les ombres, devra être employé en plus grande proportion, lorsqu’on aura à faire des intérieurs peu éclairés, que pour la reproduction des plans, par exemple, pour laquelle un grand contraste est nécessaire.

Pour les paysages très-éclairés dans lesquels il y a beaucoup de verdure, et pour les portraits, la proportion devra être également assez forte, afin que le collodion soit sensible aux demi-teintes et ne produise pas trop d’opposition entre les noirs et les blancs. Cette proportion de bromure pourra donc varier de un tiers à un quart avec celle de l’iodure, mais on ne devra pas dépasser cette quantité, car alors l’effet contraire se produirait si la proportion de bromure dominait.

Quelques expériences auront vite démontré l’influence de ces deux sels dans le collodion et le parti qu’on peut en tirer.

Méthode pour retirer l’eau des collodions et les purifier. — Un moyen simple de retirer l’eau qui peut se trouver dans le collodion en trop grande abondance, est d’ajouter à ce collodion une petite quantité de carbonate de soude bien sec; on remue le flacon et on laisse reposer le liquide quelque temps, puis on décante dans une autre bouteille. Ce procédé a en outre la propriété d’augmenter les qualités des vieux collodions. La proportion de carbonate de soude à ajouter n’a pas d’importance, puisqu’un excès n’est pas nuisible.

Une addition d’albumine en petite quantité dans le collodion change ses propriétés en les bonifiant, lorsque surtout il a une tendance à devenir épais et trouble.

On peut aussi ajouter avec avantage quelques gouttes de chloroforme dans un collodion qui paraît faible sur la glace et qui tend à se déchirer pendant le lavage et le développement.

Lorsque le collodion n’aura pas assez d’adhérence à la glace, et que la couche se détachera au sortir du bain d’argent, on pourra ajouter quelques gouttes d’eau distillée à une petite quantité de collodion, ce qui généralement remédiera à ce défaut, à moins qu’il ne provienne d’une trop grande acidité du bain d’argent.

Le collodion, une fois sensibilisé, doit autant que possible être tenu à une température à peu près égale et à l’abri d’une trop forte lumière ; car, malgré l’assertion de quelques

DU COLLODION

chimistes qui prétendent que la lumière n’a aucun effet sur lui, la pratique démontre qu’un collodion exposé aux rayons directs du soleil se décompose plus promptement que celui qui est tenu dans l’obscurité et au frais.

La meilleure manière d’employer le collodion est de transvaser chaque soir, dans trois bouteilles longues et étroites, à large ouverture, la quantité qu’on suppose devoir employer le lendemain, et de se servir de chacune de ces bouteilles alternativement ; de cette façon il sera toujours clair et limpide, et l’on évitera les accidents qui se présentent à chaque instant lorsqu’on se sert d’un collodion qui n’est pas bien reposé.

Un collodion, pour donner de bons résultats, doit présenter sur la glace, lorsqu’il est sec, une couche transparente et claire, exempte de pointillages, de stries de structures et de rides ; il doit sécher également.

Lorsqu’on voudra décolorer un collodion qui est devenu d’un rouge trop foncé, on pourra introduire dans le flacon quelques lames de zinc pur et propre, ou mieux encore quelques onces de mercure; on remuera fortement ce mélange pendant quelques instants; puis, lorsqu’il sera arrivé à la couleur jaune, on laissera reposer, pour que le mercure tombe au fond du flacon, et on décantera.

Un autre procédé consiste à introduire dans un collodion devenu trop rouge par l’excès d’iode libre, une petite quantité de nitrate d’argent en solution alcoolique ; la proportion est environ de Os 20 à Qg 25 d’argent par 100 centimètres cubes de collodion. Il prendra une couleur ambrée après quelques jours de repos, et sera alors bon pour l’usage.

Lorsque le collodion, devenu trop foncé par suite de la décomposition du pyroxyle qu’il contient, rougira le papier bleu de tournesol, et sera par conséquent impropre pour l’usage, on pourra neutraliser l’acide contenu, et rendre au collodion ses qualités perdues en y ajoutant environ 2 grammes de bicarbonate de soude par chaque 100 centimètres cubes. Après quelques jours de repos, ce collodion reprendra la couleur jaune ambré, et sera de nouveau bon pour l’usage.

Un autre moyen consiste à ajouter à chaque litre de collodion rougi, de 10 à 12 gouttes d’une solution saturée de cyanure de potassium dans l’eau distillée. L’iode libre est absorbé en quelques minutes et le collodion redevient d’un jaune ambré. Il sera alors aussi bon que celui préparé récemment, mais il faudra y ajouter une petite quantité de pyroxyle, surtout lorsque le collodion traité ainsi est trèsvieux.

Nous donnerons successivement les formules de collodions que nous employons pour positifs sur verre, pour vues instantanées, pour procédé sec et autres, lorsque nous traiterons de ces différentes branches de la photographie.

Appréciation des collodions. — Pour être dans de bonnes conditions, le collodion doit s’étendre facilement sur la glace; après dessiccation, la couche doit être unie et lisse, parfaitement transparente, et ne montrer aucune structure apparente, sous forme de tulle ou autre.

Pour s’assurer que le collodion est dans de bonnes conditions, on en couvre une glace bien propre que l’on examine à la loupe après dessiccation. Si la couche présente une s tructure ressemblant à de la mousseline ou à une rangée de tuiles sur un toit, on doit en conclure que le pyroxyle employé était mauvais; il en serait de même si la couche vue par transparence était opalescente.

Si la couche, au lieu de couler régulièrement sur la glace, s’étendait en raies inégales et graisseuses, il faudrait attribuer ce défaut à une trop grande concentration de Péther et de l’alcool employés; il suffît, dans ce cas, d’ajouter quelques gouttes d’eau avec précaution.

Si, au contraire, l’image présentait l’apparence d’un tulle fin, ce serait un indice que le collodion contient une trop grande proportion d’eau; on pourrait, dans ce cas, le modifier en le mélangeant à un collodion fabriqué avec de l’éther à 65° et de l’alcool absolu.

Le coton azotique fabriqué à une température trop basse produit également des collodions dont la couche présente la même apparence; dans ce cas, il faut changer le pyroxyle ou

DU COLLODION

le mêler dans une certaine proportion avec du coton fait à haute température.

Filtration des collodions. — Bien que nous préférions opérer par décantation, lorsque les collodions ont été troublés et que le temps manque pour les laisser reposer convenablement, on pourra les filtrer^ Pour cela, on recommande l’emploi de la filasse de chanvre de préférence au coton cardé, qui a le défaut de se convertir en pulpe imperméable au liquide. Il faut, avant de l’employer, faire bouillir la filasse de chanvre dans une solution de carbonate de soude pour la nettoyer, puis la laver avec soin dans un courant d’eau claire. Placée dans les entonnoirs, cette substance reste toujours perméable aux solutions mucilagineuses, tout en les filtrant d’une manière complète.

Le coton de verre (glasswalle) indiqué par M. Limousin, est également très-bon pour le filtrage des collodions, aussi bien que pour toutes les solutions acides ou alcalines. Cette substance, qui n’est autre que du verre de Bohême filé, est aussi ténue et aussi souple que la soie ; placée dans la douille d’un entonnoir, la filtration se fait avec beaucoup de rapidité, et n’a pas l’inconvénient, comme les filtres en papier ou en coton, de céder au liquide des matières organiques qui dénaturent souvent le produit.

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