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CHAPITRE XI

BAINS RÉVÉLATEURS

Préparation des bains révélateurs pour négatifs sur collodion humide. — Révélateur à la gélatine modifiée. — Solution pour renforcer les clichés trop faibles. — Réduction d’intensité des clichés trop renforcés. — Emploi du bichlorure de mercure sur les négatifs. — Solutions pour fixer les épreuves négatives. — Moyen de prévenir et d’enlever le voile sur les clichés.

Comme nous l’avons dit précédemment, l’image, après l’exposition à la chambre noire, existe à l’état latent, mais reste invisible à l’œil jusqu’à ce qu’un réactif appliqué sur cette couche la fasse apparaître par la réduction de l’azotate d’argent ; ces réactifs qu’on nomme réducteurs, révélateurs ou développateurs, sont de plusieurs sortes : le sulfate de protoxyde de fer, le sulfate double de fer et d’ammoniaque, l’acide pyrogallique et l’acide gallique.

Pour les négatifs sur collodion humide, nous employons de préférence les solutions de sulfate de protoxyde de fer, et celles de sulfate double de fer et d’ammoniaque plus ou moins étendues d’eau et combinées avec une certaine quantité d’acide acétique, qui a la propriété de ralentir l’action du réactif et permet d’en juger l’efTet, tout en l’harmonisant avec le bain sensibilisateur qui contient généralement une petite quantité de cet acide; nous ajoutons à cette solution un peu d’alcool pour faciliter l’extension du liquide sur la couche imprégnée d’eau, d’alcool et d’éther, qui, sans cette précaution, éprouverait de la répulsion pour le bain de fer avec lequel il ne pourrait se mêler que difficilement, ce qui occasionnerait des marbrures d’un effet très-fàcheux sur le cliché.

Cette quantité d’alcool doit être la moins grande possible et seulement suffisante pour changer celte répulsion des

liquides en une affinité qui permette à la solution de s’étendre en nappe bien uniforme sur la couche impressionnée; en trop grande quantité, l’alcool donne des images grises, et diminue, aussi bien que l’acide, l’intensité du cliché. C’est pourquoi quelques opérateurs l’ont abandonné presque entièrement, et préfèrent laver au sortir du châssis, avec de beau distillée, la couche impressionnée pour lui enlever tout aspect gras, ce qui permet alors d’appliquer la solution révélatrice, plus concentrée et sans addition d’acide ou d’alcool. Néanmoins, lorsqu’il se produit, au développement, des raies partant du point où le révélateur a été versé, en formant l’éventail, on doit ajouter de l’acide acétique à la solution ferrée, jusqu’à la disparition complète de ce défaut.

L’acide acétique cristallisable est le plus généralement employé pour les solutions révélatrices.

Faites dissoudre à froid ou à chaud dans un flacon à large ouverture :

Révélateur.

Sulfate de protoxyde de fer 40 grammes.

Eau distillée ou de pluie 1 litre.

Après dissolution, ajoutez :

Acide acétique cristallisable 25 c. c.

Alcool à 36 degrés (Ij 40 —

Après filtration, on verse dans une éprouvette la quantité nécessaire pour couvrir la plaque largement.

Une petite quantité d’acétate de soude ajoutée à cette solution donne beaucoup de finesse et de douceur aux demiteintes de l’épreuve, mais le développement est plus lent. La proportion est de 2 grammes dissous dans 20 c. c. d’eau

(1) Cette proportion d’alcool pourra être modifiée pour la formule n° 1 comme pour toutes les autres, selon que le bain d’argent dans lequel la plaque a été sensibilisée contient lui-même une quantité plus ou moins considérable de ce liquide; il est, du reste, facile de s’en apercevoir par l’application du révélateur qui mouille la couche inégalement lorsque la quantité d’alcool n’est pas suffisante.

BAINS RÉVÉLATEURS 157

ajoutés à cliacfue litre de révélateur; celte addition ne doit se faire qu’au moment de s’en servir.

Le sulfate de fer du commerce, dont les cristaux sont plus ou moins jaunâtres, contient soit de l’acide sulfurique, soit du sulfate de deutoxyde de cuivre. On devra le purifier en mettant au fond du flacon dans lequel on le fait dissoudre, quelques fragments de fer bien propre, ou des pointes de Paris; après vingt-quatre heures de repos, la solution filtrée sera prête à servir.

Contrairement à l’opinion de beaucoup de photographes, la pratique nous a démontré qu’on ne doit préparer cette solution que par petite quantité à la fois, et pour l’usage de huit ou dix jours au plus ; car, avec le temps, la solution rougit en s’oxydant, et l’acide qui s’évapore se transforme en acide acétique.

Une solution de sulfate de fer concentrée fait apparaître l’image avec plus de vigueur que celle dont nous venons de donner la formule. Elle semble, par ce fait même, augmenter la sensibilité de la couche impressionnée; les images qui en résultent sont d’une grande pureté, mais à la condition expresse que cette solution sera versée assez rapidement sur la glace pour la couvrir également partout au même instant. La préparation du sel de fer peut alors être portée à ;

Formule f .

Sulfate de protoxyde de fer 60 grammes.

Eau 1 litre.

Acide acétique cristallisable 30 c. c.

Alcool 35 —

Nous indiquerons plus loin le moyen d’employer une solution beaucoup plus concentrée sans crainte d’accidents. La solution de sulfate de fer employée comme agent révélateur est celle que les photographes emploient le plus généralement pour développer les images sur collodion humide, et elle donne d’excellents résultats; néanmoins, le sulfate double de fer et d’ammoniaque a pris depuis longtemps une grande faveur parmi les opérateurs distingués, et semble donner, d’une manière plus régulière que son aînée, des

épreuves fines et pures, et surtout remplies de détails dans les ombres. La solution de ce sel ne se décompose pas à l’air, comme celle du proto-sulfate de fer.

Formule no 3, pour le travail d^hiver.

Sulfate de fer ammoniacal 40 grammes.

— de cuivre 10 —

Acide acétique cristallisuble 20 c. c.

Alcool à 36 degrés 30 —

— méthylique 10 —

Eau distillée ou de pluie 1 litre.

Formule n® 4, pour le travail d’été.

Sulfate de fer ammoniacal 30 grammes.

— de cuivre 10 —

Sucre blanc 10 —

Acide acétique cristallisable 40 c. c.

Alcool à 36 degrés 20 —

— méthylique 10 —

Eau distillée ou de pluie 1 litre.

Pour obtenir plus de détails dans les ombres avec un temps de pose moindre, ce qui est très-utile par les jours sombres d’hiver, on prépare une solution concentrée de :

' Sulfate de fer ammoniacal 200 grammes.

Acide acétique cristallisable 30 c. c.

Eau distillée ou de pluie 1 litre.

Le sulfate de fer est d’abord dissous à chaud, puis, après refroidissement et filtration, on ajoute l’acide et l’alcool.

On couvre d’abord le cliché, comme à l’ordinaire, avec l’un des révélateurs faibles n^^ 3 ou n® 4, pour faire apparaître l’image régulièrement, puis on verse une petite quantité de la solution concentrée indiquée plus haut, tous les détails dans les noirs se montrent alors «rapidement, et le cliché se développe avec une grande énergie; le renforcement, s’il y a lieu, se fait ensuite soit avec la solution argentique à 2 p. 100 et le fer faible, soit à l’acide pyrogallique additionné d’argent, comme il sera indiqué plus loin, mais après un lavage abondant.

BAINS RÉVÉLATEURS

Il est à remarquer que les clicliés se développent plus lentement avec un révélateur dans lequel il entre du sulfate de cuivre, mais les détails sont plus fouillés, et l’image est plus douce et plus fine qu’avec les sels de fer seuls comme réducteurs.

Lorsqu’on veut avoir des clichés très-détaillés, mais en même temps doux et transparents dans les clairs comme dans les ombres, on couvre le cliché à plusieurs reprises successives de la solution révélatrice, pour laver l’excès d’argent qui, en restant à la surface comme cela se fait ordinairement, donne de l'intensité à l’image. Les clichés ainsi traités servent particulièrement pour faire les agrandissements par la chambre solaire.

Révélateurs américains. — On peut employer dans bien des cas, avec beaucoup d’avantage, le bain réducteur suivant :

Dissolvez ( proto-sulfate de fer ammoniacal. 60 grammes.

ensemble / nitrate de potasse 6 —

Dans. . . eau douce 1 litre.

S acide acétique cristallisable . . 30 c. c.

alcool à 36 degrés 30 —

solution d’argent à o pour 100. 16 —

Filtrez.

L’image se développe moins rapidement avec cette solution qu’avec celle n° 1, mais elle prend plus de vigueur, et le cliché, traité de cette façon, est d’une grande pureté, bien transparent dans les clairs et parfaitement modelé, surtout si on emploie le chlorure d’or pour renforcer, comme nous l’indiquerons plus loin.

Formule n<^ 6.

Eau distillée 1 litre.

Sulfate de fer ammoniacal . . * 80 grammes.

Alcool 60 —

Sucre blanc 15

Avec cette solution, le temps de pose peut être réduit d’un

tiers, mais il faut apporter tous les soins pour éviter les marbrures lors de son application sur le cliché; il est bon, dans ce cas, de laver la couche à l’eau distillée avant l’application du révélateur. Les clichés sont en outre moins transparents qu’avec les formules précédentes.

Quelques opérateurs ajoutent au révélateur ferreux un mélange de gélatine et de glycérine qui offre de certains avantages.

Cette préparation se fait ainsi qu’il suit :

Dans une capsule d’une capacité de deux litres environ, mettez :

Eau distillée 600 c. c.

Gélatine blanche 300 grammes.

Lorsque la gélatine est bien gonflée, ajoutez :

Glycérine 300 grammes.

Acide sulfurique pur 40 —

Faites bouillir ce mélange pendant deux heures consécutives, en ayant soin d’ajouter de l’eau distillée au fur et à mesure de l’évaporation, pour que le liquide reste toujours au même niveau; enlevez du feu et, avant le refroidissement, ajoutez :

Alcool à 36 degrés 600 c. c.

en remuant avec une baguette de verre, et filtrez. Cette liqueur se conserve indéfiniment; on la mélange au révélateur dans la proportion suivante :

Formule n® 9.

Eau distillée ou de pluie . 1 litre.

Sulfate de fer ammoniacal 30 grammes.

Alcool à 36 degrés 23 c. c.

après dissolulion complète, ajoutez :

Acide acétique cristallisable ....... 30 grammes.

Contenant de la liqueur gélatinée 6 c. c.

puis filtrez.

Ce révélateur donne des clichés d’une grande pureté et exempts de voiles.

BAINS RÉVÉLATEURS

Une autre formule à la gélatine se compose de :

Eau de pluie. . 100 c.

Gélatine 20 grammes.

Acide nitrique 20 c. c.

Après gonflement de la gélatine dans l’eau froide, on élève la température jusqu’à dissolution complète, on ajoute l’acide nitrique, puis après refroidissement on filtre le liquide, qui est alors jaune pâle :

Le révélateur se fait alors ainsi qu’il suit :

Formule n» H.

Sulfate de fer et d’ammoniaque 40 grammes.

Eau distillée ou de pluie 1 litre.

Gélatine nitrée 10 c. c.

Alcool 20 —

M. Carey-Lea indique, sous le nom de Collocînc, une préparation de gélatine modifiée très-énergique pour remplacer l’acide acélique dans le révélateur; cette préparation se fait ainsi qu’il suit :

Dans une capsule en porcelaine, on mélange :

Eau ordinaire 750 c. c.

Acide sulfurique pur 35 —

on ajoute :

Gélatine ordinaire 260 grammes.

Après dissolution de la gélatine sur un feu doux, on verse le liquide dans un ballon en verre que l’on place dans la capsule remplie d’eau, et l’on fait bouillir pendant deux heures au bain-marie; on ajoute alors 50 grammes de grenaille de zinc et l’on continue à faire bouillir pendant une heure et demie, après quoi on laisse refroidir, et le liquide brun qui en résulte est filtré vingt-quatre heures après.

Formule n<> O.

Sulfate de fer ammoniacal 50 grammes.

Eau distillée ou de pluie 1 litre.

Collocine . ^ 10 gouttes.

Alcool à 36 degrés q. s. environ 40 c. c.

Formule n» lO, au proto-nitrate de fer.

1 ( Sulfate de fer ammoniacal 40 grammes.

I Eau distillée ou de pluie 500 c. c.

2 i Nitrate de plomb 10 grammes.

* ( Eau distillée ou de pluie 500 c. c.

Collocine 4 gouttes.

Alcool à 36 degrés q. s. environ 40 c. c.

Les deux solutions se font séparément, puis on ajoute le n*" 2 au n° 1 et on filtre pour séparer le précipité blanc qui se forme; on ajoute alors la collocine et l’alcool.

Ce révélateur donne des épreuves fines et transparentes; mais, dans certains cas, il se produit des marbrures qui obligent à ajouter 1 ou 2 p. 100 d’acide acétique cristallisable.

Bains révélateurs à l’acide formique pour épreuves instantanées. — Depuis longtemps on connaissait les propriétés réductrices énergiques de l’acide formique, et plusieurs chimistes photographes l’emploient avec avantage pour l’obtention de négatifs sur papier, dans le but d’abréger le temps de pose.

M. H. Claudet, de Londres, se basant sur un fait admis de tous les praticiens, à savoir : que, si rapide que soit l’exposition à la lumière d’une couche de collodion sensibilfôé, l’image latente est toujours complète, et qu’il s’agit seulement de la développer convenablement, a modifié l’agent révélateur en augmentant autant que possible sa puissance réductrice au moyen de l’acide formique.

La glace, préparée avec un bon collodion ordinaire, est sensibilisée dans un bain d’argent à 7 p. 100 aiguisé de trois gouttes d’acide nitrique par demi-litre, puis égouttée avec soin avant l’exposition, qui alors peut être instantanée en pleine lumière; on développe l’image à l’aide d’une solution composée de :

• Eau distillée. . . 225 grammes*

Acide pyrogallique ........... 1.2 *—

— formique . -30 c. c.

Alcool. 20 —

BAI?^S RÉVÉLATEURS

Celle solution doil être préparée longtemps à l’avance. Aussitôt qu’elle est appliquée sur la glace, l’image se montre dans tous ses détails.

Le développement complet se fait aussi rapidement qu’avec le sulfate de fer; les demi-teintes sont très-délicates, et il n’est pas nécessaire de renforcer lorsque le temps de pose a été suffisant.

Dans un atelier vitré, en se servant d’un objectif double de Koss, de trois pouces d’ouverture et de dix pouces et demi de foyer, un portrait peut être pris à vingt-cinq pieds de distance en une seeonde.

L’acide formique dont se sert l’auteur est préparé par MM. Morison et fils.

Des essais nombreux'de ce procédé ayant été faits par plusieurs opérateurs sans obtenir les résultats brillants signalés par M. H. Claudet, M. Hockin, chimiste anglais, a fait remarquer que le succès de ce procédé dépendait de la qualité de l’acide formique dont on fait usage, et de la dose à laquelle on l’emploie; il démontre que celui qu’on trouve généralement dans le eommerce est loin d’être pur et surtout d’une préparation uniforme. Il fendrait, pour obtenir des résultats constants, suivant ce chimiste, préparer l’acide formique par la distillation de l’aeide oxalique enprésenee de la glyeérine; de cette façon on aurait, assure-t-il, un produit parfaitement pur, et d’une force facile à déterminer. Je modifie, du reste, la formule de la manière suivante :

Acide formique très-pur, régulier et concentré 70 gouttes.

Acide pyrogallique 1.2 gramme.

Alcool 15 c. c.

Eau distillée 275 grammes.

Sans donner le dosage précis, MM. Ferrier et Soulier ont

annoncé qu’ils attribuaient la réussite de leurs épreuves instantanées à l’addition de l’acide formique dans le révéla^ leur (1).

L’acide formique peut servir également avec les sels de fer

(1) Moniteur universel du 28 mars 18G3;

employés comme révélateurs. La formule suivante, dont nous nous servons lorsque le temps est sombre, pour obtenir trèsrapidement des portraits d’enfants dans notre atelier vitré, donne d’assez bons résultats. Elle sc compose de :

I Sulfate de fer ammoniacal 100 grammes.

Nitrate de potasse 60 —

Sucre blanc 50 —

Acide acétique cristallisable. ... 35 c. c.

Eau distillée 1 litre.

^ Sulfate de magnésie 80 grammes.

N° 2. ) Acide formique (1) 20 c. c.

f Eau distillée 1 litre.

Les deux solutions sont préparées séparément; au moment de développer, on prend une partie environ du n® 2 que l’on verse dans un verre à expériences, on ajoute trois parties du n'^ 1 et on couvre rapidement la glace avec ce liquide, qui fait apparaître l’image très-rapidement. Quand tous les détails de l’image sont sortis, on peut renforcer de suite par l’addition de quelques gouttes d’argent au révélateur, ou après lavage avec de l’acide pyrogallique et de l’argent à 2 p. 100.

Nous avons constaté que le temps de pose peut être réduit de moitié lorsqu’on emploie ce révélateur, qui a une trèsgrande énergie; les clichés sont, en outre, très-vigoureux et très-transparents .

L’acide pyrogallique est employé plus généralement pour développer les épreuves sur collodion sec, il fait apparaître les images moins rapidement que le sulfate de fer, mais il donne des images plus intenses et plus vigoureuses que ce dernier. Mêlé avec une quantité égale d’aeide citrique dans la proportion de 1 /2 p. 100 d’eau, l’acide pyrogallique est employé avantageusement pour renforcer les clichés, auxquels il donne des noirs très-intenses; seulement, avant de couvrir l’image de cette solution, on doit la laver jusqu’à ce que

(1) Nous avons trouvé chez M. Guilleminot une qualité d’acide formique excellente qu’il nous a dit être fabriquée en Angleterre.

BAINS RÉVÉLATEURS

toutes les traces huileuses formées par l’alcool, l’éther et l’acide contenus dans le bain révélateur, aient disparu ; sans cela, le mélange immédiat du renforçage et du liquide qui baigne la couche n’aurait pas lieu, et l’image serait tachée.

Nous indiquerons plus loin la manière d'employer cet agent révélateur, lorsque nous traiterons des procédés sur collodion sec, au miel, à l’oxymel, au tannin, etc., etc.

L’acide gallique en solution saturée 'peut également faire apparaître l’image, mais ce réactif s’emploie de préférence seulement pour renforcer un cliché trop faible et pour développer les clichés sur papier ciré.

Nous indiquerons également, au chapitre des collodions secs et des émulsions, les révélateurs alcalins employés plus fréquemment aujourd’hui pour les clichés faits en plein air.

Solution pour donner de l’intensité aux clichés faibles. — Très-souvent les clichés, après avoir été développés parles procédés indiqués précédemment, n’atteignent pas le degré d’intensité nécessaire pour produire un bon positif sur papier ; on peut alors les rendre plus vigoureux en continuant l’opération du développement au moyen des solutions suivantes :

iSoliiUon no fl.

Solution d’azotate d’argent à 2 pour 100. . 500 grammes.

Alcool 15 c. c.

Acide acétique crisLallidable 15 —

Celte solution, appliquée alternativement avec celle de sulfate de fer sur la couche, comme nous l’indiquerons plus loin, permet de lui donner le degré d’intensité désiré.

L’emploi des vieux bains, dont quelques opérateurs se servent pour le renforcement, est très-mauvais, parce que l’iodure d’argent contenu dans ces bains se précipite sur la couche pendant l’opération et se dissout ensuite par le fixage, en laissant l’image criblée de petits trous à jour.

Eau distillée. .

Acide nitrique Chlorure d’or .

Solution n° 3.

500 grammes.

Cette solution, que nous employons de préférence avec le révélateur indiqué n° 5, donne des clichés remarquables par leur vigueur dans les noirs et leur transparence dans les clairs ; les détails de l’image surtout conservent une grande finesse.

Solution n° 3.

Eau^distillée 1 litre.

Acide pyrogallique 5 —

— citrique 5 grammes.

On emploie cette solution comme les précédentes en y ajoutant une petite quantité de la solution argentifère et en versant le mélange sur l’image développée et lavée ; en laissant continuer l’action de la liqueur sur l’épreuve on obtient autant d’intensité qu’on peut en désirer. Cette solution peut être employée avant ou après le fixage.

L’acide citrique peut être remplacé par l’acide tartrique dans la même proportion.

Lorsque l’image a été développée au proto- sulfate de fer, on peut lui donner plus de vigueur en employant de la solution d’azotate d’argent indiquée plus haut et une autre solution saturée d’acide gallique qu’on applique alternativement, comme nous l’avons indiqué quand on ne fait usage que du sulfate de fer seul ; on peut également faire usage d’acide pyrogallique. On emploiera alors la formule suivante :

Eau dislilk'e 500 grammes.

Acide pyrogallique 1.5 —

— acétique cristallisable 15 c. c.

Ce dernier procédé,, quoique d’un effet plus lent que le premier, donne en somme plus de détails aux clichés dont la pose a été trop courte, ou lorsqu’ils ont été pris par une trop faible lumière.

Les clichés renforcés au fer et à l’argent sont généralement plus doux et plus harmonieux que ceux renforcés à l’acide pyrogallique. On renforce de préférence au fer et à l’argent les clichés qui manquent un peu d’exposition ; pour ceux, au contraire, dont le temps de pose aura été dépassé,

BAINS RÉVÉLATEURS

il est préférable d’arrêter l’action du fer aussitôt que tous les détails sont parfaitement dessinés dans les noirs, et de renforcer alors avec l’acide pyrogallique et citrique.

Par une température élevée, et lorsque la lumière a une grande puissance photogénique, il arrive fréquemment que les clichés ont une tendance à la solarisation ; dans ce cas, après le premier renforçage au pyrogallique, ainsi qu’il vient d’être dit, on sera souvent obligé de renforcer une seconde fois après fixage, afin de donner au cliché plus de transparence et plus de briliant.

En hiver, au contraire, et lorsque le thermomètre marque moins de lo^ centigrades dans le laboratoire, nous recommandons de faire chauffer 'la solution de sulfate de fer en maintenant le flacon qui la contient dans un bain-marie chauffé, soit par une lampe à alcool, soit par un fourneau à gaz ; appliqué à chaud, le sulfate de fer active considérablement l’action du développement, ce qui est d’un grand secours pendant les jours sombres d’hiver, dans les hautes latitudes surtout, puisque cela permet de réduire le temps de pose dans une proportion importante.

Afin d’éviter les taches ou les inégalités lors du développement, il est nécessaire, au sortir du châssis, de couvrir la glace d’une nappe de révélateur légèrement tiède seulement ou presque froid; la solution chaude sera ensuite employée seule d’abord, puis, s’il y a lieu de renforcer au fer et à l'argent par suite d’une exposition trop courte, on le fera avec la solution argentique à 2 p. 100, que l’on appliquera alternativement avec le révélateur froid, jusqu’à ce que tous les détails du cliché soient arrivés à leur valeur.

Les clichés traités de cette façon ont moins de transparence dans les noirs ; aussi donnent-ils au tirage des épreuves plus harmonieuses et moins heurtées, bien que le temps de pose ait été moindre qu’avec la solution révélatrice froide^.

En opérant ainsi, on aura très-rarement à employer le renforçage à l’acide pyrogallique, si ce n’est dans le cas d’un temps de pose exagéré.

Bichlorure de. mercure employé en solution

pour donner aux clichés le dernier degré d’intensité désirée. — Après le fixage des épreuves, il peut arriver que le négatif ne présente pas, vu par transparence, toute l’intensité nécessaire pour produire de beaux positifs sur papier ; si ce manque d’intensité provient d’une exposition trop prolongée qui donne une image grise, on emploiera avec avantage une solution faible de bicblorure de mercure , qui donne aux noirs du négatif une teinte bleuâtre d'autant plus intense, que la solution employée est plus concentrée. On doit donc toujours»avoir, dans un laboratoire de photographie, un flacon contefiant :

Bichlorure de mercure 30 grammes.

Eau filtrée 1 litre.

Comme le bichlorure de mercure se dissout encore plus facilement dans l’acide chlorhydrique, on peut faire une solution saturée de bichlorure dans cct acide, et, au moment d’en faire usage, on l’étendra d’eau autant qu’on le jugera convenable.

En Amérique, beaucoup d’opérateurs, qui ont l’habitude d’employer le bichlorure de mercure, et nous sommes de ce nombre, préfèrent employer cette solution avant le fixage ; nous avons remarqué plus de pureté et de clarté dans l’ensemble du dessin lorsque l’opération du fixage n’avait lieu •qu’après l’application du bichlorure.

Soit qu’on applique cette solution mercurielle avant ou après le fixage, l’image noircira d’abord, puis blanchira peu de temps après; on lavera alors avec soin.

Dans certains cas, tels que la reproduction des plans, des cartes, des lettres autographes, etc., etc., comme il est indispensable d’avoir des blancs d’une opacité absolue, tout en conservant toute la transparence dans les noirs, on recouvrira le cliché d’une seconde solution de :

Eau ordinaire 1 litre.

lodure ou bromure de potassium 30 grammes.

Après un lavage abondant, le cliché séché au feu sera d’une opacité complète dans les blancs.

BAI^'S RÉVÉLATEURS

On peut encore, dans certains cas, pour les instantanéités par exemple, lorsqu'il n’a pas été possible de donner au cliché une intensité suffisante, malgré le renforçage ordinaire et le bichlorure de mercure, passer en dernier lieu une solution légère d’ammoniaque étendue de vingt-cinq fois son poids d’eau : les noirs du cliché prendront alors une intensité remarquable; mais dans ce cas, il y aura à craindre des contrastes choquants et des tons heurtés dans les positifs ; l’épreuve péchera surtout dans les détails. C’est notamment pour les reproductions de tableaux que cette application sera souvent utile, à raison des contrastes dans les couleurs plus ou moins photogéniques. On devra également faire usage de rammoniaque lorsque, par suite d’un contact trop prolongé de la solution mercurielle, le cliché , d’abord noirci, aura pris une teinte blanche.

L’hyposulfite de soude agit, dans ce dernier cas, aussi-bien que l’ammoniaque.

Réduction d’intensité sur des clichés trop renforcés. — Lorsque, par suite d’une fausse appréciation de l’opérateur, le cliché se trouve être trop renforcé, ou que, sous l’aclion du révélateur seul il a acquis d’emblée une intensité trop grande, ce qui peut arriver lorsque le collodion employé est trop épais ou fait avec un mauvais coton azotique, on pourra diminuer cette intensité en couvrant le cliché après fixage d’une solution composée de :

Eau fillrée 1 litre.

Bichlorure de mercure 30 grammes.

Acide chlorhydrique 30 —

Le bichlorure de mercure est d’abord dissous dans l’acide chlorhydrique; puis on ajoute l’eau.

En quelques secondes le cliché devient complètement noir, on le lave avec soin, puis on le couvre d’une solution de cyanure de potassium à 5 p. 100. On lave de nouveau et on répète cette opération autant de fois qu’il est nécessaire pour ramener le cliché à l’intensité voulue, en alternant de la solution de bichlorure de mercure à celle de cyanure de

potassium, mais en ayant soin de laver entre chaque application.

Le docteur V. Monckhoven indique, pour le même usage, une solution composée de :

Eau filtrée 1 litre.

Perchlorure de 1er sublimé 20 grammes.

qui s’applique de la même façon que celle au bichlorure de mercure; lorsque le cliché a perdu de son intensité, on lave, puis on passe la solution de cyanure de potassium, et on termine par un lavage abondant.

Une autre méthode décrite par M. A. Letalle consiste à couvrir le cliché trop dur après fixage et lavage d’une dissolution de chlorure d’or à la proportion de 1 gramme pour 500 d’eau distillée ; sous faction de cette solution, la couche négative devient d’un noir opaque comme sous celle du bichlorure de mercure ; on lave convenablement, puis on couvre rapidement le négatif d’une nappe d’acide azotique pur. Tout fargent se dissout alors instantanément et laisse dans la contexture du collodion une image extrêmement délicate d’or réduit. Cette image peut alors être renforcée très-facilement, soit au sulfate de fer additionné d’argent, soit à l’acide pyrogallique; les grandes lumières restent transparentes et les demi -teintes se rentorcent avec beaucoup de douceur et d’harmonie ; les clichés ainsi réduits sont excellents pour les agrandissements par la chambre solaire, en raison de la finesse et de la transparence excessive de l’image.

Un autre moyen indiqué par le même auteur consiste à couvrir le cliché après fixage d’une solution composée de :

Eau ordinaire 1 litre.

Hypermanganate de potasse 2 à 5 grammes.

Ce liquide est maintenu à la surhice de l’image pendant une minute environ, puis on lave à grande eau et on fixe de nouveau avec une solution à 2 p. 100 de cyanure de potassium. On pourrait recommencer fopération une seconde fois si le cliché n’était pas réduit suffisamment d’intensité à la première application.

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Solutions pour fixer les épreuves. — Ou emploie, pour fixer les épreuves négatives , une solution saturée d’hyposulfite de soude, qui dissout complètement l’argent non décomposé.

Le cyanure de potassium dissous dans l’eau, à la proportion de 5 p. 100, donne plus de transparence aux clichés; c’est pourquoi il est préférable pour les épreuves positives directes et pour les positives par transparence; mais ses propriétés toxiques le rendent très-dangereux pour son emploi journalier dans un laboratoire.

Nous employons généralement, pour fixer les négatifs, une solution filtrée composée de :

Eau ordinaire 1 litre.

Hyposulfite de soude 300 grammes.

Cyanure de potassium 5 —

Le moyen le plus commode pour le fixage est l’emploi d’une cuvette verticale ou horizontale dans laquelle on plonge la glace jusqu’à ce que la couche blanchâtre d’iodure d’argent ait complètement disparu lorsqu’on regarde par derrière ; on la retire alors au moyen du crochet en guttapercha qui la soutient, et on lave avec soin à l’eau ordinaire.

Le fixage à fhyposulfite nécessite un lavage plus abondant et plus soigné que celui au cyanure de potassium pour éviter les taches qui pourraient se produire plus tard.

La cuvette verticale a cet avantage que le liquide s’évapore moins vite, et que les vapeurs d’acide cyanhydrique se dégagent moins facilement dans le laboratoire.

Au cyanure de potassium et à l’hyposulfite de soude, nous devons ajouter les sulfocyanures de polassiuiii et d’aiiinioiiiiiui, qui, eux aussi, ont la propriété de dissoudre les sels d’argent. La découverte de cette propriété est due à M. Meynier, de Marseille ; ees sels ont sur les précédents l’avantage d’être d’une solubilité plus grande, et surtout de n’être pas toxiques ; ils devraient donc être préférés par les photographes, si leur prix élevé encore ne les rendait inabordables pour les maisons qui font une consommation considérable de ces substances. Ils seraient surtout précieux pour fixer les

positifs directs sur verre, parce qu’ils ne donnent pas avec les sels de fer ce précipité bleu si désastreux pour ce genre d’épreuves, qui se produit toujours lorsqu’on emploie le cyanure de potassium et que l’on n’a pas complètement débarrassé l’épreuve de toute trace du sulfate de fer employé pour la révéler par des lavages soignés et abondants.

Pour les épreuves négatives sur collodion, le sulfocyanure d’ammonium ayant une action moins énergique que le cyanure de potassium, les demi-teintes seront mieux conservées, et l’image, perdant moins de vigueur, ne nécessitera pas un renforçage aussi prolongé. Sa solubilité facilitera les lavages; enfin, on aura moins à craindre les taches.

Pour fixer les clichés on l’emploiera en solution concentrée à froid, additionné de 5 p. 100 d’alcool ; on obtiendra, en passant deux fois cette liqueur sur l’épreuve, un cliché d’une transparence absolue.

Nous parlerons plus loin des propriétés des sulfo cyanures, comme fixateurs des épreuves positives sur papier.

Moyen de prévenir et d’enlever le voile sur les clichés. — Il arrive fréquemment, pendant les grandes chaleurs de l’été surtout, et lorsque l’atmosphère est chargée d’électricité, que l’image se couvre entièrement, pendant le développement, d’un voile brun ou blanchâtre; ce phénomène se produit également lorsqu’on emploie un collodion sensibilisé à l’iodure de cadmium et un bain d’argent neuf dont le nitrate a été fondu à une température trop élevée.

Dans tous les cas, on diminuera l’intensité du voile en couvrant le cliché d’une solution d’iode dissous dans l’eau à la proportion de 2 ou 3 p. 100; puis, après lavage, le cliché sera de nouveau fixé au cyanure de potassium à 10 p. 100. Celte opération peut être répétée jusqu’à la disparition complète du voile, puis enfin terminée par un dernier lavage abondant.

On peut également employer une solution composée de :

Eau distillée 1 litre.

Iode en paillettes 2 grammes.

lodure de potassium 1 —

BAINS RÉVÉLATEURS

Cette solution, appliquée pendant quelques secondes après le premier développement au sulfate de fer, permet de donner rintensité voulue au cliché, sans crainte du voile brun qni fait le désespoir des photographes.

Nous n’avons pas besoin d’ajouter que la plaque doit être lavée après chaque opération.

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