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CHAPITRE XII

OPÉRATIONS GÉNÉRALES

Manipulations pour l’obtention des négatifs. — Précautions préliminaires , choix et nettoyage des glaces ; leur albuminage pour en assurer la propreté absolue. — Étendage du collodion. — Mise au bain d’argent. — Exposition à la chambre noire. — Réduction du temps de pose au moyen d’un obturateur en verre opale ou dépoli. — Double immersion dans le bain d’argent avant ovi après l’insolation pour augmenter la sensibilité. — Développement, renforçage et fixage de l’image négative. — Retouche des clichés. — Vernissage.

Tous les produits ayant élé préparés comme nous venons de l’indiquer, il faut procéder à leur mise en œuvre pour obtenir un bon négatif.

Chaque opérateur change à sa guise les manipulations photographiques et se fait, en quelque sorte, une méthode à lui ; cependant toutes ont un base commune et ne varient que dans les détails, aussi n’avons-nous pas la prétention de les indiquer toutes; nous nous bornerons, pour abréger, à donner celle qui toujours, pendant les longues années de notre expérience pratique, nous a donné les meilleurs résultats.

Un négatif ou cliché, pour produire une bonne épreuve positive, doit réunir trois conditions principales : l’intensité, le modèle et la transparence.

Un négatif ne peut être observé et jugé que par transparence; vues de cette façon, les parties blanches du modèle paraîtront noires et opaques, tandis que les parties noires devront être, au contraire, claires et transparentes, laissant passer la lumière par gradation de teintes et demi-teintes.

Si nous considérons la production d’un négatif au point de vue d’une simple opération chimique, nous trouverons qu’il n’y a rien de plus simple au monde que cette opération; cependant il est une foule de détails et de conditions à observer dans la manipulation pratique pour obtenir un ré-

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sultat certain; aussi n’esl-ce qu’avec de grands soins, et surtout une grande habitude, qu’on pourra arriver à produire ces clichés parfaits et réguliers dont les reproductions en positif font l’admiration du monde artistique.

Du choix et du nettoyage des glaces. La première opération consiste dans le nettoyage des glaces, qu’il est très-important de rendre d’une netteté parfaite.

Pour l’obtention d’un négatif, il n’est pas absolument nécessaire d’employer des glaces : le verre anglais ou le verre de Bagneau ou du Nord, exempt de rayures, de bulles, et surtout bien plat, remplit parfaitement le but; ce verre, en raison du poli et du dégraissage qu’il a subis avant d’être livré au commerce, remplace avec économie les glaces ; il faudra, néanmoins, faire un choix parmi ces verres et rejeter ceux qui seraient défectueux, parce que leurs défauts se reproduisent sur l’épreuve positive; si on s’apercevait que la surface de ces verres fût graisseuse, il faudrait les soumettre pendant vingt-quatre heures à l’action d’un bain alcalin composé de :

Eau ordinaire i litre.

Potasse caustique 50 grammes.

OU d’une autre solution acide composée de :

Eau 11... 1 litre.

Bichromate de potasse 60 grammes.

Acide sulfurique. 60 c. c.

Enfin, on peut employer l’acide azotique ordinaire, soit pur, soit coupé d’eau par moitié.

Les vieilles glaces, vernies ou non, ayant déjà servi, aussi bien que les glaces neuves, seront placées dans l’un de ces bains pendant vingt-quatre heures aü moins; on les lave ensuite à grande eau, et on les laisse égoutter en les plaçant sur un porte-glace. Ces bains peuvent servir très-longtemps en les maintenant en état par l’addition, dans la première formule, de potasse caustique, et, dans la seconde, de bichromate de potasse et d’acide sulfurique.

Les meilleurs récipients, pour ce genre de travail, sont

les cuvettes carrées en grès non verni, de la dimension des plus grandes glaces employées dans l’atelier, et d’une profondeur d’au moins 25 centimètres ; pour que le liquide agisse convenablement, on aura soin de placer des lames de verre entre chaque glace, afin de les isoler l’une de l’autre; pour les retirer, on se servira d’un crochet en verre très-épais, comme ceux employés dans les bains négatifs lorsqu’on se sert des cuvettes verticales.

En Amérique et en Allemagne, on albumine généralement les glaces avant de les collodionner ; il suffit, lorsqu’elles sont égouttées et séchées, de les essuyer avec un tampon de papier de soie avant de procéder à l’albuminage, pour en assurer la propreté parfaite, et aussi pour donner de l’adhérence, lorsqu’on emploie les collodions secs ou préservés.

Albuminage des glaces pour en assurer la propreté absolue avant leur préparation. — Bien que Falbuminage des glaces soit peu adopté parles photographes français, peut-être parce qu’ils redoutent la manipulation de cette substance difficile à employer dans bien des cas, nous allons cependant essayer de décrire un moyen aussi facile que certain et expéditif d’albuminer, les glaces vieilles ou neuves qu’on aura à employer pour faire des clichés ; par ce moyen, le travail si long, si difficile et si minutieux du nettoyage des glaces sera de beaucoup simplifié, et on évitera les nombreux mécomptes qui résultent très-souvent du nettoyage imparfait des verres et des glaces.

Mettez dans une cuvette deux blancs d’œufs frais auxquels vous ajoutez 25 c. c. d'eau distillée contenant 7 à 8 gouttes d’acide acétique cristallisable, battez en neige; après un repos de 24 heures, décantez la partie liquide, qui produira environ 75 grammes d’albumine, ajoutez 1 litre d’eau de pluie, mélangez avec une baguette en verre et filtrez sur papier.

Versez ce liquide dans une cuvette horizonlale à fond de verre non cannelé, placez cette cuvette sur une table en face d’une fenêtre, afin de pouvoir surveiller le travail, relevez avec un coin en bois l’extrémité de cette cuvette qui est de

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votre côté, jusqu’à ce que la nappe de liquide vienne effleurer à peine le fond de la cuvette à l’extrémité relevée; prenez alors chacune des glaces ayant été préalablement lavées et séchées au sortir de l’acide ou du bain de bichromate de potasse dans lequel elles ont été décapées, frottez très-légèrement avec un tampon de papier de soie, et placez une des extrémités de cette glace en contact avec le côté relevé de la cuvette contenant la solution d’eau albuminée ; soutenez l’autre extrémité avec un crochet en baleine, et laissez abaisser, jusqu’à ce que la face inférieure soit complètement en contact avec le liquide, sans qu’îl passe par dessus; relevez après deux ou trois secondes d’immerssion, laissez égoutter l’excès du bain, et placez cette glace presque verticalement par un coin sur une étagère bien propre recouverte d’un papier buvard; passez à une autre, et ainsi de suite, jusqu’à épuisement du liquide qui sera tenu constamment au même niveau, en retirant graduellement le coin qui relève la cuvette.

Les glaces ainsi préparées sont abandonnées à la dessiccation pendant 24 heures, à l’abri de la poussière, en élevant la température de la pièce -à 18 ou 20 degrés centigrades, puis elles seront renfermées dans des boîtes à rainures jusqu’au moment où elles seront employées; comme elles se conservent pendant un temps indéfini, on pourra en préparer une grande quantité à l’avance, mais on marquera le côté albuminé, qu’il serait impossible de reconnaître sans cette précaution.

La gélatine en solution très-diluée peut remplacer l’albu mine pour le même usage ; dans ce cas, on choisit une belle gélatine blanche du commerce que l’on fait tremper à froid pendant une heure environ ; quand elle est bien gonflée, on chauffe le liquide pour opérer la dissolution complète, et on ajoute par litre deux ou trois gouttes d’ammoniaque pure; après filtration sur papier et refroidissement presque complet, on recouvrira chaque glace d’une couche de cette gélatine, soit en la versant comme le collodion, soit en se servant de la cuvette, comme' il vient d’être dit pour l’albumine.

Celte opération doit se faire dans une pièce cliautrée à une température de 18 à 20 degrés centigrades.

La proportion de gélatine est de :

Gélatine 2 grammes.

Eau filtrée 1 titre.

Ammoniaque pure 3 gouttes.

Mais en France, où cette méthode est peu usitée, on procédera au nettoyage définitif et complet, comme nous allons l’indiquer. Toutes les glaces seront enduites préalablement de chaque côté d’une pâte liquide *de :

Eau 1 litre.

Todiire de potassium. 10 grammes.

Iode en paillettes 3 —

Tripoli, terre pourrie, ou poudre Eournier. 300 —

que Ton étend grossièrement au moyen d’un tampon fait avec

Fig. 37. — Presse à nettoyer les glaces, petit modèle système américain.

de vieux chiffons fixés à un morceau de bois. Lorsqu’elle est sèche, la glace ou la plaque de verre est placée dans l’appareil simple et commode que nous représentons (fig. 37 ou fig. 38) (1), qui représentent une sorte de boîte longue, dont une des extrémités est mobile et peut avancer ou reculer à volonté, selon la dimension de la glace que l’on a à nettoyer; une vis, agissant à l’arrière de cet instrument, presse la glace et la maintient d’une façon solide et commode pendant qu’on la frotte avec un tampon de molleton sans apprêt humecté d’alcool.

(1) Ges presses à iieUoyer les glaces se trouvent chez M. Joute, ébénislc pour la photographie, rue Lafayettej n° 126, qui les confectionne d’après les modèles que nous lui avons remis;

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