‹ La photographie en AmériqueChapitre 28 sur 151 · Solution au café 50 c. c · texte numérisé non relu

Solution au café 50 c. c

N° 2. — Solution sucrée 25 —

Puis on la laisse sécher à fabri de la poussière et de la lumière ; avant de renfermer les glaces ainsi préparées, il est important de compléter la dessiccation par la chaleur.

L’exposition est dix fois plus longue qu’avec le collodion humide.

Le révélateur se compose de :

Eau de pluie 1.200 c. c.

Sulfate de fer ammoniacal 30 grammes.

de cuivre . 30 — -

Sucre blanc 30 —

Acide citrique. GO —

Les sels étant pulvérisés, on les fait dissoudre dans l’eau et on filtre.

Lorsqu’on veut développer, la glace est mise dans une cuvette plate remplie d’eau distillée pour humecter la couche, puis elle est maintenue à la main et recouverte d’une nappe de la solution révélatrice qu'on fait mouvoir en tous sens ; le surplus est renversé dans le verre, et on y ajoute quelques

gouttes d’une solution d’argent à 3 p. 100 ; l’on verse de nouveau sur l’épreuve qui apparaît alors très-promptement ; on continue l’opération jusqu’à ce que l’image soit arrivée à l’intensité nécessaire ; puis on lave et on fixe à l’hyposulfite de soude; on termine’ par un lavage abondant, on sèche et on vernit.

Gomme les glaces préparées par ce procédé ne conservent pas très-longtemps leur sensibilité, il sera préférable de les employer promptement.

Solution préservatrice au tabac gommée. —

M. II. Watson indique pour le collodion sec un préservateur au tabac dont voici la formule :

Eau de pluie 300 c. c.

Tabac à fumer (dit caporal) 20 grammes.

Gomme arabique 10 —

on fait bouillir le tabac dans l’eau pendant* dix minutes environ, on filtre, puis on ajoute la gomme; après refroidissement la liqueur est versée sur la couche d’iodure d’argent soigneusement lavée.

Le développement peut se faire avec le révélateur alcalin ou acide.

Collodion sec à la cire et à la colophane, de M. Clavier

Le collodion se compose de :

Éther sulfurique à 62 degrés 300 c. c.

Alcool à 40 degrés 200 —

Coton azotique poudreux 3 grammes.

lodure d’ammonium 1.3 —

— de cadmium 1.3 —

Bromure de cadmium 3 —

Solution alcoolique de cire à 10 pour 100, additionnée de colophane 8 c. c.

Cette solution s’obtient en faisant dissoudre au bain-marie, dans un ballon de verre, 10 grammes de cire blanche ou

jaune dans 100 c. c. d’alcool à 40®; après refroidissement on ajoute 100 c. c. d’alcool dans lequel on a fait dissoudre 10 à 12 grammes de colophane, puis on filtre sur papier.

Lorsque la glace est parfaitement nettoyée, talquée ou recouverte d’une couche préalable d’albumine diluée, on la collodionne avec le mélange indiqué plus haut, puis elle est sensibilisée comme à l’ordinaire dans un bain d’argent à 8 p. 100 légèrement acide, on la lave avec soin à l’eau distillée, puis 011 la recouvre à deux reprises différentes d’une solution de tannin à 1 p. 100.

Les glaces ainsi préparées conservent leur sensibilité trèslongtemps; on peut les développer au révélateur alcalin ou acide.

Du collodion sec résineux. — Tous les procédés que nous avons décrits précédemment nécessitent pour opérer dans de bonnes conditions, lorsque la glace a été préparée depuis quelque temps, un enduit protecteur qui, en modifiant la structure du collodion, le maintient dans un état d’humidité favorable à son impressionnabilité.

Quelques personnes, amateurs de la simplicité, ont préconisé l’emploi du collodion sec proprement dit, sans aucune substance préservatrice; ce procédé est peu constant. Le succès dépend en général de la constitution du collodion, qu’il est difficile d’apprécier tout d’abord. De plus, on ne peut obtenir ainsi que des glaces dont la sensibilité se conserve peu de temps, parce que la couche de collodion, d'une grande délicatesse, est susceptible de s’altérer au contact de l’air, lorsqu’elle n’est pas recouverte d’un enduit pretecleur.

Néanmoins, l’addition d’une petite proportion de résine dans le collodion suffît pour lui donner une consistance convenable, tout en protégeant la couche iodurée contre le contact de l’air.

Nous allons donner quelques formules relatives à l’emploi des différentes résines employées directement dans le collodion.

Le premier procédé, et le plus simple, est dû à M. l’abbé

Desprats; il consiste à ajouter à un bon collodion bromoioduré ordinaire 5 centimètres cubes environ d'une dissolution alcoolique de résine à 5 p. 100, dans 100 centimètres cubes de collodion, qui pourra être employé après quelques jours de repos. Après la sensibilisation dans un bain d’azotate d’argent à 8 p. 100, franchement acidulé avec de l’acide acétique cristallisable, les glaces seront énergiquement lavées à l’eau de pluie, et abandonnées à la dessiccation dans une boîte à rainures jusqu’au moment où elles devront être impressionnées.

Ces glaces conservent facilement leur sensibilité pendant plusieurs semaines, lorsqu’elles sont tenues à l’abri de la lumière et dans un endroit frais et sec.

La pose est environ double seulement de celle qu’exige le collodion humide avec les mêmes conditions de lumière et d’opérations.

Avant de développer l’image, la couche de collodion sera humectée, comme nous l’avons recommandé précédemment, dans un bain neutre d’azotate d’argent à 2 ou 3 p. 100.

Le révélateur est le même que pour le procédé au tannin ordinaire (p. 279), et on fixe à l’hyposulfite de soude concentrée.

Les épreuves traitées par ce procédé ont une grande douceur, tous les détails se montrent dans les ombres avec une finesse remarquable.

Les fumigations ammoniacales activent le développement de l’image, et permettent une exposition moindre à la chambre noire; l’emploi de cet agent accélérateur demande une certaine expérience pour en régler l’action, car le degré de force des émanations ammoniacales varie en raison des dimensions de la boîte dans laquelle l’évaporation a lieu.

Le moyen le plus simple est remploi d’une boîte à glaces placée de façon que les rainures soient horizontales. Le fond de la boîte est garni de carbonate d’ammoniaque pulvérisé, et la plaque sensible est glissée dans une des rainures, le collodion en dessous, à une distance qui peut varier de 10 à 20 centimètres. Les vapeurs par ce moyen pourront se porter sur toute la couche impressionnée. Plus les fumigations ont

COLLODION SEO ET OOLLODIONS PRÉSERVÉS 295

été prolongées, plus on doit mettre d’acide citrique dans le révélateur pour éviter un précipité qui laisserait des marbrures sur le négatif. En règle générale, les fumigations doivent être faites en sens inverse du temps d’exposition, c’est-à-dire qu’on devra soumettre à une fumigation prolongée les glaces qui n’auront pas été assez exposées, afin de faire venir plus de détails dans les ombres. Lorsqu’on suppose que le temps d’exposition a été à peu près exact, on pourra soumettre la glace, pendant une ou deux minutes seulement, à faction des vapeurs.

Quand on reproduit un horizon éloigné, une exposition plus prolongée et de longues fumigations sont nécessaires pour avoir des plans bien clairement dégradés. Si on n’a pas de grandes distances à embrasser, ni un ciel très-brillant, il sera préférable d’exposer moins, et de diminuer aussi la fumigation. Plus le collodion est vieux et moins la solarisation est à craindre.

Quand on veut obtenir, des nuages, on réduit fexposition à quelques secondes seulement et on prolonge la fumigation, en ayant soin d’ajouter, comme il a été dit, une bonne dose d’acide citrique au révélateur.

Plusieurs photographes et amateurs distingués ont proposé différentes formules pour fobtention d’épreuves par le collodion résineux; comme beaucoup d’entre elles ont une valeur réelle selon la température avec laquelle on opère, nous allons soumettre quelques-unes de ces formules à nos lecteurs, afin de provoquer leurs essais.

M. Boivin, fhabile expérimentateur, conseille l’emploi de la résine de gaïac dans la proportion de 1 à 2 décigrammes par 100 grammes de bon collodion ordinaire; la résine de gaïac est dissoute préalablement dans un mélange de 5 à C centimètres cubes d’éther et d’alcool, puis, après filtration, ajoutée au collodion que Ton laisse reposer pendant 24 heures.

Pour que ce collodion donne des épreuves suffisamment intenses et vigoureuses, il est indispensable qu’il contienne une plus forte proportion de coton azotique et d’iodo-bromure que pour opérer à l’état humide, on devra donc ajouter

une petite quantité de liqueur sensibilisatrice et de pyroxyle avant de s’en servir.

Les essences de girofle, de rose, de citron et autres de même nature, mêlées au collodion bromo-ioduré ordinaire, donnent des résultats semblables aux résines et vernis. On pourra donc ajouter quelques centigrammes de l’ime de ces essences par 100 centimètres cubes de collodion, et opérer ensuite comme il a été dit pour le collodion résineux.

M. A. Mar lin ajoute à 100 centimètres cubes de collodion ordinaire 5 centimètres cubes d’une solution composée de :

Alcool à 40 degrés 100 c. c.

Baume de Tolu 6 grammes.

— du Pérou 6 —

Si la couche se déchire, on augmente un peu la proportion de baume du Pérou en solution, en diminuant d’autant celle de Tolu.

Le baume du Canada, dans la proportion de 50 centigrammes pour 100 centimètres cubes de collodion ordinaire, peut être employé comme les substances résineuses.

L’addition de 4 centimètres cubes de vernis à l’ambre par 100 centimètres cubes de bon collodion éthérique lui donne également la propriété de fonctionner à sec. Le vernis se compose de :

Ambre jaune pulvérisé 20 grammes.

Éther 40 c. c.

Chloroforme 60

En Amérique, on a mêlé au collodion la teinture de curcuma, et on a donné à ce mélange le nom de xauflio-collodion ou collodion jaune. La couche étant plus impénétrable à la lumière, l’image gagne en délicatesse. Ce xantho-collodion marche aussi très-bien à sec en opérant comme pour les collodions résineux.

Pour le préparer, on commence par faire de la teinture en faisant macérer 20 grammes de curcuma en poudre avec 200 centimètres cubes d’alcool. On prend, pour faire le collodion, deux tiers de cette teinture bieu filtrée qu’on ajoute

à un tiers d'alcool, et on se sert de ce mélange au lieu d’alcool pour préparer son collodion.

(Milton-S AN DE R s.)

M. E. Boivin, dont les travaux sont bien connus, a publié un procédé de collodion sec qui ditïère essentiellement des précédents; nous allons donner les formules qui ont été publiées par l'auteur, en renvo}'ant à la brochure de M. Boiviu pour les détails de manipulation.

Le collodion se compose de :

Éther sulfurique à 62 degrés 300 c. c.

Alcool à 00 degrés 200 —

Nitrate d'argent o grammes.

Coton azotique o —

Le nitrate d'argent neutre est d'abord dissous en grande partie dans quelques gouttes d’eau distillée, puis on ajoute l'alcool et on agite le flacon pour compléter la dissolution; l’éther et le coton-poudre sont alors introduits, on secoue de nouveau pour opérer le mélange intime, et on laisse reposer pendant 24 heures, dans un endroit frais à l'abri de la lumière.

Lorsqu’on veut préparer une glace, on la recouvre comme à l’ordinaire d'une couche de ce collodion, et on l'immerge sans temps d’arrêt dans un bain composé de :

Eau distillée 1 litre.

lodure de potassium 20 grammes.

— d’ammonium 10 —

— de cadmium 20 —

Bromure de potassium de 10 à 20 —

Cette opération peut se faire sans inconvénient en pleine lumière, car, bien que l'iodure d’argent se forme aussitôt que la glace est en contact avec le bain, cette couche n’est pas sensible aux rayons lumineux; aussitôt que toute apparence huileuse a disparu, la plaque est retirée, puis lavée avec soin à l’eau de pluie ou distillée de façon à enlever toute trace de l’iodure libre qui se trouve à la surface; on laisse ensuite égoutter légèrement, après quoi la glace est recou-

verte de deux couches successives d’un vernis albumineux iodo-bromuré, préparé de la manière suivante :

Dans un flacon à large ouverture, d’une capacité double de la quantité à préparer, on introduit six blancs d’œufs frais débarrassés des germes, avec quelques morceaux de verre cassé. D’autre part, on fait dissoudre à chaud dans une capsule en porcelaine 6 grammes de dextrine et G grammes de sucre de raisin dans 500 c. c. d’eau distillée; la solution faite, on remplace l’eau qui s’est évaporée, et on ajoute :

lodure de potassium 1 gr. 50.

Bromure de potassium. 0 — 50.

lodure d’ammonium 1 — 50.

Bromure d’ammonium 0 — 50.

Iode en paillettes quelques paillettes.

Ce mélange est versé dans le flacon contenant les blancs d’œufs, et on agite fortement jusqu’à ce que le liquide soit transformé en mousse; on ajoute alors quelques gouttes d’ammoniaque, et on laisse reposer pendant 24 heures dans un endroit frais, puis on décante l’albumine iodurée qui est prête à servir.

Lorsque la plaque a été recouverte de deux couches de ce vernis, on la laisse sécher complètement à une température de 20 degrés centigrades environ; ainsi préparée, elle peut se conserver indéfiniment.

La sensibilisation se fait dans un bain ioduré composé de :

Eau distillée 1 litre.

Nitrate d’argent 70 grammes.

Acide acétique cristallisab!e 80 c. c.

Après une minute d’immersion dans ce bain, la glace sera mise dans une cuvette d’eau distillée pour la débarrasser de l’excès de nitrate d’argent, et on terminera le lavage sous un robinet d’eau distillée, puis on laissera sécher. Cette dernière opération doit se faire à l’abri de toute lumière blanche.

Les plaques préparées et sensibilisées de cette manière se conservent très-longtemps en bon état, pourvu qu’elles soient placées dans un endroit sec.

Le développement se fait en plongeant la glace pendant

quelques minutes dans l’eau de lavage, qui a servi à l’immerger après la sensibilisation, puis en la plongeant dans une seconde cuvette contenant la solution suivante :

Eau de pluie 100 c. c.

Dissolution à 4 pour 1000 d’acide galliquc. 100 —

•— à O pour 100 d'acétate de soude 2ü —

Pendant le développement on ajoute quelques gouttes d’argent à 2 p. 100.

Le renforçage se fait avec une solution d’acide pyrogallique composé de :

Eau distillée 250 c. c.

Acide pyrogallique 1 gramme.

— acétique cristallisablc .... 10 à 15 c. c.

Pour obtenir une plus grande sensibilité et des clichés plus vigoureux, l’auteur recommande de recouvrir la couche après la sensibilisation et les lavages; d’une solution d’un bromure quelconque à 0,50 p. 100, de la laver de nouveau, puis de l’immerger dans une cuvette d’eau pure contenant quelques gouttes d’une solution alcoolique d’acide pyrogallique à 2 p. 100, et quelques gouttes d’acide acétique, et de terminer par un dernier lavage à l’eau distillée avant de l’abandonner à la dessiccation.

Le fixage se fait dans une solution concentrée d’hyposulfite de soude.

Procédé négatif sur albumine. — C’est à M. Niepce de Saint" Victor que la photographie est redevable du procédé à l’albumine qu’il employait longtemps avant que le collodion fût introduit dans la pratique.

Les images sur albumine sont incontestablement plus fines et plus délicates que toutes celles obtenues par les autres procédés connus jusqu’à ce jour, mais les difficultés que présente l’albumine dans son emploi, et son extrême lenteur à s’impressionner à la chambre noire, l’ont fait abandonner presque universellement; néanmoins quelques maisons spéciales l’emploient encore pour le tirage des épreuves stéréoscopiques sur verre.

Préparation de l’albumine. — Mettez dans un saladier quatre blancs d’œufs dont vous aurez enlevé préalablement les germes ; ajoutez :

Page 1