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BAIN AMÉRICAIN POUR SENSIBILISER LE PAPIER

de carbonate d’ammoniaque pulvérisé très- finement ; on recouvre le tout d’un second morceau de drap, le châssis est fermé et exposé à la lumière.

L’impression se fait en moitié moins de temps qu’avec le procédé ordinaire, et les épreuves sont plus vigoureuses.

Il suffît de saupoudrer une seule fois avec le sel d’ammoniaque pour imprimer une série d’épreuves assez considérable; néanmoins, comme l’évaporation se produit au bout de quelques jours, lorsqu’il n’est pas hermétiquement enfermé, on devra le renouveler aussitôt que les émanations n’auront plus assez d’action pour traverser la couche de feutre qui recouvre le papier sensible.

Les formules que nous venons de donner ne s’adaptent pas a tous les cas indistinctement; aussi, en règle générale,* pour les clichés durs que l’on doit exposer en plein soleil, est-il préférable d'employer un papier contenant une petite quantité de sel, et sensibilisé sur un bain d’argent faible, tandis que pour les clichés faibles que l’on expose toujours à l’ombre, les résultats seront meilleurs avec un papier fortement salé et sensibilisé sur un bain d’argent à un titre élevé.

Lorsqu'il fait chaud, la concentration du bain positif pourra également être moindre que pendant l’hiver ; néanmoins, lorsqu’on emploiera des bains d’argent sans addition d’autres sels, les résultats les meilleurs seront obtenus avec un dosage de 10 à 15 p. 100; dans ce cas, on pourra se dispenser de faire subir au papier les fumigations ammoniacales.

Le papier simplement albuminé ne nécessite pas plus de 3 à 4 minutes de contact avec le bain d’argent, mais le papier albuminé deux fois, extra- brillant, devra flotter pendant G à 7 minutes au minimum sur un bain d’argent plus concentré, afin d’éviter les ampoules au sortir du bain d’hyposulfîte de soude, et aussi pour faciliter l’action du virage, qui se ferait mal si le papier était resté trop peu de temps en contact avec la solution argentique.

Bain américain pour sensibiliser le papier albuminé, — En Amérique, on emploie généralement le bain à

rammonio-nitrate d’argent, qui s’applique très-bien au papier albuminé ; les épreuves tirées par ce procédé ont des tons beaucoup plus riches que celles produites par le bain ordinaire généralement employé en France; de plus, on obtient facilement avec ce bain des images vigoureuses avec des clichés faibles qui ne donneraient que des positives pâles et molles avec le bain d’argent simple.

Voici la formule la plus usitée :

Nitrate d’argent cristallisé 160 grammes.

Eau distillée 7o0 —

Après dissolution, on prend 100 centimètres cubes du liquide, dans lequel on verse goutte à goutte, en agitant le flacon, de l’ammoniaque liquide concentrée, jusqu’à ce que le précipité brun qui s’est formé tout d’abord soit redissous et que le bain ait repris sa limpidité; on ajoute alors l’autre portion de la solution mise en réserve ; comme il se produira un nouveau précipité d’oxyde d’argent, on le fera disparaître par l’addition de quelques gouttes d’acide nitrique, versées avec précaution en agitant le flacon. Il faut éviter d’ajouter une trop grande quantité d’acide pour ne pas nuire au succès de l’opération; pour cela, il suffît de l’arrêter, lorsque le précipité est à peu près dissous et le bain presque clair; on fîltre’alors avec soin et on ajoute 15 centimètres cubes d’éther sulfurique, pour empêcher la dissolution de l’albumine ; le papier doit flotter trois minutes et sécher à l’abri de la lumière.

Au sortir du châssis, les épreuves sont lavées dans l’eau exempte de chlorures qui peuvent les altérer en les couvrant d’une couche superficielle de chlorure d’argent; elles sont ensuite virées dans les bains alcalins dont nous donnerons plus loin les formules.

La texture et l’encollage du papier positif sont chose trèsimportante pour tous les bains sensibilisateurs dans lesquels il entre de l’ammoniaque. Les papiers forts et bien encollés donnent des images nettes et brillantes qui semblent se détacher en relief, ce sont ceux-là qu’il faut choisir; car des papiers d’un encollage pauvre (et beaucoup de papiers ont ce

MÉTHODE POUR TRANSFORMER LES BAINS d’ARGENT 345

défaut) donnent des épreuves grises et ternes qui semblent enterrées dans la pâle. Les bains à l’ammoniaque ayant la propriété de ramollir l’encollage, nous recommandons, lorsqu’on les emploiera, de prendre des papiers très-forts et au besoin des papiers anglais.

Une nouvelle méthode pour préparer un bain d'argent ammoniacal économique consiste à faire dissoudre :

Nitrate d’ammoniaque 300 grammes.

Eau filtrée 1 litre.

Dans cette dissolution on ajoute de l’oxyde d’argent jusqu’à saturation.

L’oxyde d’argent se prépare en ajoutant de la potasse caustique à une solution d’azotate d’argent à 4 p. 100, tant qu’il se forme un précipité brun. On lave avec soin ce précipité que l’on ajoute à la solution de nitrate d’ammoniaque. Pour

I litre de cette solution, on transformera en oxyde 150 c. c. de solution argentique à 4 p. 100, ce qui laissera au fond du flacon une certaine quantité d’oxyde non dissous qui servira à maintenir le bain à saturation et lui conserver sa limpidité. On ajoutera alors 30 gouttes d’acide nitrique, et le papier sera sensibilisé en le faisant flotter à la surface pendant une demi-minute. Lorsque le papier est sec, on peut le soumettre à l’action des vapeurs ammoniacales avant de l'exposer sous le cliché, ainsi qu’il a été dit précédemment.

Méthode pour transformer les bains d’argent pour collodion en bains positifs pour papier. —

II peut arriver que, par suite d’accident survenu à un bain d’argent servant à la production des clichés sur collodion, on veuille le transformer en bain positif pour papier, afin de l’utiliser au lieu de le mettre aux résidus. Il ne suffit pas, comme quelques personnes pourraient le croire, de mettre ce bain au titre voulu pour le nouveau genre de travail, ou même de faire évaporer le liquide pour redissoudre ensuite l’argent dans une proportion de 12 à 15 p. 100, car l'iodure d’argent qui se trouve mêlé au nitrate empêcherait le virage du papier sensibilisé sur un tel bain.

Pour arriver à un résultat satisfaisant, on fera d’abord une dissolution de 3 grammes d’acide citrique dans 100 grammes d’eau^ et on versera cette solution dans le bain d’argent, à la proportion de 2 p. 100; qu’il se forme un précipité blanc ou non, le traitement sera le même. Le papier bleu de tournesol qu’on plongera dans le liquide rougira immédiatement, mais oiî devra ajouter des gouttes d’ammoniaque liquide avec précaution jusqu’à ce que ce même papier de tournesol redevienne et reste bleu après avoir bien remué. On filtrera alors et on ajoutera de l’acide azotique jusqu’à ce que le papier bleu de tournesol reprenne une seconde fois la couleur rouge. On établira le titre du bain en y ajoutant du nitrate d’argent s’il est nécessaire, et il sera prêt pour Tusage.

L’acide citrique a pour but de précipiter du citrate d’argent qui attire l’iodure d’argent, mais si on laissait cet acide en excès dans le bain, les épreuves deviendraient rouges, on doit donc le neutraliser avec de l’ammoniaque ; mais comme, d’autre part, l’alcali a la propriété de faire noircir trop facilement le papier, qui alors ne peut se conserver que trèspeu de temps, on fait disparaître l’alcalinité du bain par l’addition d’acide azotique jusqu’à légère réaction acide.

Papier salé préparé à l’arrow-root. — Mettez dans un vase en porcelaine :

Eau ordinaire filtrée 1 litre.

Hydrochlorate d’ammoniaque 13 grammes.

Arrow-root 23 —

Acide citrique 0.4 —

Faites dissoudre et chauffer en remuant avec un agitateur en verre jusqu’à ébullition, retirez du feu et filtrez.

Pour les feuilles de très-grandes dimensions, cette solution s’applique un peu tiède avec un large pinceau en blaireau sur la feuille de papier préalablement étendue à plat et fixée sur une planche avec des punaises; on doit unir la couche autant que possible en passant le pinceau en long d’une manière uniforme, après l’avoir trempé dans la solution; laissez sécher à l’abri de la poussière, il sera prêt alors à

PAPIER SALÉ PRÉPARÉ A l’ARROW-ROOT 347

sensibiliser; on peut encore, pour les feuilles de dimensions moyennes, les faire flotter sur le bain pendant trois minutes, au lieu d’employer le pinceau.

Ce papier, comme celui encollé à l’albumine, se conserve assez longtemps ; on pourra donc en préparer une quantité suffisante pour l’usage de plusieurs mois.

La sensibilisation se fait de la même façon et avec le même bain que pour le papier albuminé.

Il est bien entendu que c’est le côté qui a été en contact avec le bain de sel qu’on doit mettre sur l’argent, en évitant avec soin de laisser passer le liquide sur le revers de la feuille, ce qui produirait inévitablement des taches sur l’épreuve. On aura la précaution de recourber en dehors une corne de chaque feuille pour pouvoir les enlever de dessus les bains, soit pour schasser les bulles d’air, soit pour les mettre sécher.

Il est inutile de couper le papier photographique de la grandeur des épreuves qu’on a à tirer, avant de lui avoir fait subir les deux préparations du salage et de la sensibilisation, à moins toutefois qu’on n’ait qu’une épreuve de petite dimension à imprimer. La feuille 45 sur 57 sera donc préparée entière, et coupée de la grandeur du cliché au moment de l’impression, en ayant soin d’éliminer les parties défectueuses sujettes à donner des images tachées.

On peut encore faire flotter chaque feuille de papier sur un bain composé de :

Alcool à 36 degrés 500 c. c.

Chlorure de cadmium 25 grammes.

Benjoin 50 —

Le benjoin, bouchant complètement les pores du papier, préserve l’épreuve de l’air et de l’humidité qui peuvent les détériorer.

Ce papier est égalément plus sensible que celui préparé à l’albumine ou à l’arrow-root.

Lorsque l’épreuve est virée et lavée, on la laisse sécher, puis on la frotte avec un tampon de flanelle pour lui donner du luisant.

L’image traitée par ce procédé prend une teinte noire trèsvigoureuse.

Le bain sensibilisateur, ceux de virage et de fixage, sont les mêmes que pour le papier albuminé ordinaire (1).

Bains de sel simples ou gélatinés. — Quelques photographes préfèrent tirer des épreuves sur papier simplement salé, sans le secours d’un encollage additionnel; ces épreuves sont surtout destinées à être retouchées à l’aquarelle ou à l’encre de Chine, lorsqu’elles sont faites par reproduction. Nous employons également ce procédé pour les images agrandies par l’appareil solaire, lorsque le soleil n’a pas assez de vigueur pour imprimer sur papier albuminé. Seulement, pour ce dernier genre d’impression, nons modifions la préparation du bain de sel et celle du bain d’argent, afin d’en activer la rapidité.

Pour les épreuves tirées par contact avec le cliché, le bain de sel se compose de :

Chlorhydrate d’ammoniaque en poudre . . 15 grammes.

Eau ordinaire filtrée 1.000 —

Gélatine blanche 5 —

La gélatine est mise dans l’eau froide pendant une heure pour gonfler, puis on chauffe jusqu’à dissolution complète : on ajoute le sel et on filtre.

Après trois minutes de séjour sur ce bain, la feuille est retirée et suspendue pour sécher. La sensibilisation se fait sur un bain d’argent à 15 p. 100 simple, où on la laisse également pendant trois minutes : aussitôt séchée, elle sera prête à être impressionnée.

Nous recommandons particulièrement, pour les papiers chlorurés sans addition d'encollage, de ne pas dépasser deux à quatre minutes d’immersion sur chaque bain, surtout si le papier est mince ; parce qu’au lieu de rester à la surface du papier et de donner des épreuves vigoureuses et brillantes, si les bains pénètrent dans l’épaisseur de la

(1) Bertrand, Recueil de formules.

PAPIER PRÉPARÉ A LA GOMME LAgUE o49

ieuille, on n’obtiendra qu’une image grise et comme empâtée.

Une légère addition de gélatine, par exemple 2 grammes pour 100 grammes de solution de bain de sel, donne presque toujours d’excellents résultats.

Le salage du papier se fera dans une chambre convenablement chauffée, pour que la gélatine ne puisse pas se figer et que le papier sèche rapidement.

11 faut toujours filtrer les solutions avant de les employer.

Papier préparé à la gomme laque. — M. Taylor a indiqué un procédé pour préparer le papier positif donnant des effels très-artistiques et offrant des garanties sérieuses de solidité.

Les substances nécessaires sont la gomme laque blanche, le borax et le phosphate de soude ordinaire.

Solution au borax.

Eau filtrée 100 c. c.

Borax 4 grammes.

Gomme laque blanche 8 —

Solution au phosphate de soude.

Eau ültrée ■ 100 c. c.

Phosphate de soude 4 grammes.

Gomme laque h —

On prépare Tune ou l’autre de ces solutions ; la gomme laque finement pulvérisée est mise dans un flacon, agitée avec de l’eau, de manière à lui enlever par ce lavage toutes les matières solubles qu’elle pourrait contenir, puis on filtre.

On prend un vase en fer émaillé qu’on place sur le feu avec la quantité d’eau et de borax ou de phosphate de soude indiquée; lorsque ce sel est dissous on y ajoute la gomme laque encore humide, en ayant soin que l’eau ne soit pas trop chaude, afin d’éviter les grumeaux qui se formeraient si le liquide était bouillant, et on maintient l’ébullition pendant deux heures en remplaçant Teau à mesure qu’elle s’évapore.

On laissera reposer pendant douze heures, et, après avoir

décanté la partie claire en abandonnant au fond du vase le résidu gris provenant de la résine non dissoute, on filtrera le liquide sur papier.

Ces solutions se conservent plusieurs mois en bon état, ^ surtout si on ajoute une petite quantité de camphre. On peut les employer isolément ou mélangées, selon la teinte que l’on désire obtenir ou la nature du cliché. Le mélange de cinq parties de la solution au borax et d’une de celle au phosphate de soude donne de très-bons résultats avec des clichés de moyenne force.

On peut faire usage soit de papier photographique, soit de papier à dessin ordinaire, mais principalement de papier Whatman, que l’on coupe d’une dimension de 3 à 4 centimètres plus grande que l’épreuve que l’on veut obtenir. Cet excédant est replié du côté opposé à celui qui doit porter l’image, et c’est par là qu’on saisira la feuille pendant les opérations.

Pour enduire la feuille on la plonge de champ dans le bain, de manière à l’immerger d’un senl coup en s’aidant d’un triangle en verre. L’endroit de la feuille, c’est-à-dire le côté qui doit recevoir l’image, est placé en dessous, et on passe lentement et légèrement le triangle sur toute la surface. Après quinze secondes d’immersion, le papier est retiré et suspendu pour sécher.

La sensibilisation se fait sur un bain à 15 p. 100 de nitrate d’argent qu’on a soin de filtrer chaque fois qu’il a servi. La feuille doit flotter à la surface pendant trois ou quatre minutes.

On peut, dans certains cas, faire usage du papier ainsi préparé; mais, en général, il est préférable de lui faire subir une autre préparation avant de tirer l’épreuve. Elle consiste à replonger la feuille dans le bain de gomme laque qui a déjà servi, ou dans un bain neuf étendu de moitié d’eau. Ainsi préparé, le papier peut se conserver longtemps.

Les épreuves tirées sur le papier au phosphate ou contenant une large proportion de ce sel prennent un joli ton dans le bain de fixage à fhyposulfîte de soude à 25 p. 100; mais, lorsque la solution ne contient que du borax ou une

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