TIRAGE DES ÉPREUVES EN VIGNETTES
abriter aussitôt qu’une averse imprévue tombe dans les jours d’orage de la saison d'été.
Tirage des épreuves en vignettes. — Les portraitsvignettes, d’un effet si doux et si artistique, sont imprimés au moyen d'un verre incolore au centre, et qui vers les bords prend une teinte jaune de plus en plus foncée; la lumière ii’agit alors sur l’image que dégradée selon les teintes qu’elle traverse, de mmnière à produire ces épreuves à fond léger se perdant bientôt par une gradation insensible avec le blanc du papier. Ce verre se nomme verre à dégrader, et s’applique.
La plupart des photographes de profession suppriment les verres et les papiers à dégrader, et obtiennent les mêmes résultats à l’aide d’un appareil d’une grande simplicité et très-peu coûteux. On prend simplement un morceau de carton de la grandeur de la glace du châssis à reproduction; au centre de ce carton on pratique une ouverture en forme de poire, dont on biseaute les bords d’un côté; on repousse ce carton, le côté biseauté en dessous, jusqu’à ce qu’il forme une sorte de poche, de façon que, lorsqu’il est appliqué sur la glace du châssis et maintenu dans les feuillures, l’ovale se trouve éloigné de la gktce proportionnellement à la gran-
au gré de l’opérateur, soit à l’intérieur, soit à l’extérieur du châssis à reproduction. Ces verres se font de toutes grandeurs, selon la dimension des images à imprimer.
En Amérique, beaucoup de praticiens ont remplacé les verres à dégrader par un papier végétal imprimé au pointillé qui remplit le même but en présentant plus d’économie. La fig. 50 peut donner une idée de ce genre de dégradateurs.
deur de l’épreuve qu’on veut imprimer, depuis deux centimètres pour les cartes de visite jusqu’à cinq ou six centimètres pour des dimensions normales; sur cette ouverture, on colle un papier végétal, et on expose le châssis ainsi recouvert en maintenant le tout solidement au moyen de deux lames de plomb.
Lorsqu’on se servira de ces cartons pour des dimensions plus grandes que les cartes de visite, l’ouverture du carton pourra être un peu plus grande que l’image qu’on veut reproduire, et on superposera huit ou dix feuilles de papier végétal avec des couvertures graduées en écran, dont la feuille supérieure seule couvrira l’ouverture en entier. Dans certains cas on emploiera avantageusement la ouate ou le coton cardé, pour fondre autour de la silhouette d’un portrait le fond dégradé qui formerait une auréole trop étendue et trop noire.
On comprendra aisément que, si on voulait imprimer en même temps un négatif sur lequel se trouvent plusieurs portraits, comme cela arrive généralement pour les cartes de visite, on ménagerait au carton servant à dégrader une ouverture par chaque portrait, et cela de façon à les faire concorder avec la position des images; on l’appliquerait ainsi qu’il est dit plus haut et on aurait sans peine quatre ou huit épreuves à la fois.
Le tirage, par ce moyen, sera nécessairement un peu plus long que par l’exposition des clichés à découvert, mais on produira des effets charmants ; les épreuves tirées ainsi ont surtout le mérite d’une grande douceur et d’une harmonie parfaite dans les tons.
Les clichés un peu faibles sont préférables pour la réussite de ces dessins, qui acquièrent surtout une grande finesse sur papier albuminé.
Les dégradés fonds noirs s’obtiennent très-facilement sur le cliché même, qu’il suffit alors de tirer comme les négatifs en fonds pleins. Pour cela, il suffit de placer un carton dégradateur noir (voir fig. 50), ayant une ouverture de 3 à 4 centimètres pendant la pose du modèle entre la glace sensible et la lentille postérieure de l’objectif, à une distance
TIlUGl-: DES ÉPREUVES EN VIGNETTES
mesurée à l’avance, selon les dimensions à donner à l’image; ce diaphragme est fixé dans la chambre noire pendant l’opération en avant du verre dépoli, au moyen d’une boîte à coulisse qui s’ajuste à l’intermédiaire de l’appareil.
Pour produire un effet semblable avec l’appareil solaire, on doit faire d’abord un cliché portant une épreuve d'un dégradé opaque. On arrive à ce résultat au moyen d’un écran
tournant (fig. 51) interposé entre l’objectif et le modèle, en l’éloignant ou en le rapprochant, selon les dimensions qu’on veut donner au dégradé. Cet écran est monté sur un pied à vis qui permet de l’élever et de l’abaisser de manière à placer le modèle au centre de l’ouverture dentelée.
Au moment où on découvre l’objectif pour commencer l’opération, on fait tourner l’écran autour du cercle extérieur qui est garni de huit petits rouleaux, et on maintient le mouvement circulaire pendant tout le temps de la pose. Le négatif, par ce procédé, étant dégradé, donnera des positives également dégradées, quel que soit le mode de tirage. .
On obtiendra, avec cet appareil, des dégradés essentiellement artistiques directement sur le cliché si, en employant un fond blanc, on place derrière le modèle, à la hauteur des épaules, une sorte d’écran en éventail dont les teintes, foncées vers le centre, s’éclaircissent graduellement sur les bords pour se confondre avec le fond blanc (1).
Fig. 51. — î^cran tournant pour dégrader les négatifs.
(1) Si le cliché n’était pas tout d’abord dégradé et qu’on voulût néanmoins
Tirage des épreuves en médaillons. — Depuis quelque temps, la vogue s’attache aux portraits-médaillons éclairés à la Rembrandt ou autrement, avec les bords teintés par une double impression.
Nous avons indiqué, page 76, comment on peut produire les différents genres d’éclairage; il nous reste à faire connaître le meilleur moyen d'imprimer les clichés obtenus ainsi.
Faites d’abord un certain nombre de eaclies en papier noir ayant au centre une ouverture ovale, ou coins ronds. Ces caches, de toutes dimensions, se découpent avec la plus grande facilité, au moyen d’un instrument très-simple,
connu en Amérique sous le nom de Kobinson^s triimnei*, et des llctallic Guides du même fabricant; ce petit instrument, représenté figure 52, peut servir également pour couper les épreuves photographiques et remplace avantageusement les pointes à couper et les ciseaux.
Lorsque vous voulez imprimer un portrait en médaillon.
obtenir une épreuve agrandie avec des tons fondus, on pourrait applique'!’ sur le négatif un verre dégradé d’une dimension convenable j>«ur atteindre ce résultat ; mais, dans ce cas, l’impression serait un peu plus longue.