TIRAGE DES ÉPREUVES EN MÉDAILLONS 3GÜ
fixez un de ces eaelies sur le cliché, «lu côté du vernie, en mouillant légèrement le bord supérieur avec un peu de gomme arabique, mettez le papier albuminé par dessus, fermez le châssis et exposez absolument comme un cliché à fond plein; l’image s’imprimera dans toute la partie non recouverte par le papier noir, laissant le tour du portrait parfaitement blanc.
Pour teinter ce tour extérieur qui forme alors encadrement, on colle sur des morceaux de glace la partie intérieure du cnclie en papier noir, qui a été enlevé comme nous venons de le dire; on applique cette glace sur l’épreuve imprimée, de façon que l’image soit cxaclcment couverte par le papier noir, afin de la préserver de la lumière ; on place dessous un morceau de verre quelconque comme support, et on expose pendant quelques secondes, qui suffisent généralement pour donner une teinte café au lait plus ou moins foncée qui convient le mieux pour faire valoir le fond en s’harmonisant avec lui.
Quelques praticiens impriment leur nom qui se détache en blanc sur cette teinte faite par une double impression.
Voici comment on procède :
Sur une feuille de papier noir mesurant au moins 44 X centimètres, collée sur bristol fort et satinée, faites calligraphier avec de la gouache blanche le nom, le chiffre ou toute autre chose que vous voulez imprimer. On doit calculer la dimension et la position des lettres, etc., etc., en raison de la réduction proportionnelle qui existe entre la feuille sur laquelle on opère et la glace qui doit servir à l’impression.
Faites alors des clichés de la grandeur carte ou cartealbum, en exposant très-peu de temps, pour que la glace conserve toute sa transparence partout, à l’exception des caractères blancs; vernissez, puis collez sur le côté du vernis, après qu’il est sec, la partie intérieure du cache en papier noir, ainsi quil a été indiqué plus haut; cette glace appliquée sur l’image laissera pénétrer la lumière qui forme la double teinte autour du portrait, tout en préservant le titre, qui restera blanc. '
On peut également faire imprimer ou ^ffàlligraphier un
nom, des initiales, une couronne, etc., etc., sur des feuilles de papier végétal bien uni, que l’on colle ensuite sur le verre portant le cache en papier noir; l’impression étant opaque, arrêtera la lumière sur les parties que l’on veut ménager au tirage, et laissera en blanc, sur l’image, le titre ou les initiales.
Lorsqu’on veut donner plus de solidité à ces inscriptions, le meilleur moyen est de les faire graver et d’en faire un report sur le verre que l’on pose ensuite au moufle pour rendre l’impression indélébile.
Tirage sur papier albuminé imitant les images sur porcelaine. — Une méthode très-ingénieuse indiquée
par M. H. Jacoby, de Mi-
Fig. 53. — Châssis spécial à ressort intérieur. que preSque tOUS leS pho-
s’obtiennent avec des clichés sans retouche ou à peine retouchés, au moyen d’un châssis spécial dont nous donnons plus loin la description et la figure.
Ce châssis, qui a quelque analogie avec celui cpi’on emploie pour le tirage des verres opales dont nous avons parlé page 241, est construit de telle sorte que le cliché et le papier sensible sont maintenus d’une façon parfaitement rigide, l’un sous la glace, l’autre sur le coussin qui forme pression.
Lorsque ce châssis est fermé, le papier sensible se trouve en contact parfait avec le cliché, l’image est imprimée aux deux tiers de sa valeur; alors, au moyen d’un ressort adapté à l’intérieur on éloigne le papier du négatif d’environ deux à trois millimètre'^, et l’impression est continuée jusqu’à ce que
neapolis, permet d’obtenir avec beaucoup de facilité des portraits d’une douceur admirable sur du papier albuminé ordinaire. Ces portraits, qui ont une grande ressemblance comme exécution avec ceux produits par M. Denier (de Russie),
tographes ont admirés ,
FONDS CHIMIOUES ARTIFICIELS 3(‘)7
l’image ait atteint la vigueur nécessaire; on vire et on fixe comme pour les épreuves ordinaires.
Le résultat obtenu n’est peut-être pas aussi net dans les contours que celui auquel on est habitué par le tirage ordi- ’naire ; mais l’ensemble est beaucoup plus doux, plus transparent et plus moelleux, c’est pourquoi les portraits faits par ce procédé charment l’œil comme un beau dessin à l’estompe.
Fonds chimiques artificiels. — Dans bien des circonstances, le photographe de profession se trouve dans l’obligation de changer le fond d'un portrait et de substituer à celui qui existait, très-souvent défectueux, un autre fond plus en harmonie avec l’image, ou plus régulier d’aspect.
Les reproductions de vieux daguerréotypes, de photographies tachées nécessitent très-souvent ces changements. On peut procéder de différentes façons, que nous allons indiquer.
La première opération consiste à placer une feuille de papier jaune sur le portrait du côté du collodion et, comme l’image est toujours visible par transparence, on trace au crayon les contours du portrait, que l’on découpe ensuite avec une pointe de canif bien acérée, en se servant d’une glace quelconque comme support ; la silhouette extérieure est collée par les bords sur le côté opposé au collodion, de façon à servir de eaclie et à préserver le fond de l'insolation. On raccorde au besoin certaines parties avec un pinceau trempé dai>s du vermillon délayé à l’eau, toujours du côté du cache et, pour compléter le fondu des contours, on se sert de l’estompe du côté du collodion, puis on expose dans un châssis-presse ordinaire avec une feuille de papier sensi* bilisé aux sels d’argent. Si on veut obtenir un dégradé blanc ou granulé fondu gris, on mettra sur la partie extérieure du châssis un dégradateur ovale, en bois biseauté en dessous, qui se trouvera éloigné de 3 à 4 centimètres de la glace.
Si, au contraire, c'est un fond plein uni plus ou moins foncé et gradué, ou un fond de paysage, de salon, etc., etc., que l’on veut obtenir, il suffira d’exposer en lumière avec'le cache en papier jaune fixé au cliché, qui préservera le fond
de l’iDSolalion pendant que le portrait s’imprimera dans son entier. Lorsque l’image positive sera imprimée à sa valeur, on la sortira du châssis pour la poser à plat, face en dessus, sur une glace forte ; la marge extérieure sera préservée tout autour avec un cache en papier noir, ovale, cintré ou carré," selon le goût de l’opérateur, de façon à ne laisser découverte que l’ouverture voulue, sur laquelle on placera un cliché représentant un fond de paysage, de salon, granulé ou autre, à volonté, le côté du collodion en contact avec l’image qui est en dessous ; on trace alors la silhouette sur la glace, à 3 millimètres environ en dedans des contours, avec un pinceau trempé dans de l’ocre rouge déla^me dans de l’huile d’olive ou non seccative, qui permet d’essuyer plus tard; on applique l’intérieur de la silhouette en papier jaune que l’on recoupe aux ciseaux ou à la pointe à la dimension indiquée par la couleur, qui est alors elTacée avec un chiffon, puis on silhouette de nouveau en suivant, cette fois, les contours aussi juste que possible, mais le trait en dedans ; le cache en papier jaune recoupé est mis sur l’image, et te tout est recouvert d’une glace demi-double, sur laquelle on suit encore les traits du dessin avec la même couleur rouge pour raccorder les lignes de la silhouette; cette dernière opération a pour objet d’intercepter le passage de la lumière sur l’épreuve et de détruire les rayons directs produits par la première silhouette.
Lorsque, l’image ayant été tirée en dégradé sur fond blanc, on veut obtenir un fond grainé gris, pour que la.partie inférieure puisse se fondre graduellement, on devra tamponner le bord inférieur du portrait avec la même couleur, pour tamiser la lumière sans laisser de ligne coupée trop sèchement. On expose alors sur une table tournante, après avoir placé une glace forte dessus pour faire pression, et on tourne la plaque de temps en temps pour que l’impression se fasse régulièrement ; on peut ménager les effets de lumière en portant un morceau de carton arrondi sur certaines parties qu’on veut préserver, pendant que les autres s’impriment avec plus de vigueur.
Comme on ne peut plus surveiller l’impression, pour arri-
FONDS ciiiM Iodes artificiels
ver à une valeur certaine, on se servira du photomètre, dont on aura eu le soin de marquer le numéro sur le cliché du fond rapporté. Lorsqu’on juge que le temps d’exposition est suffisant, on rentre l’épreuve dans le laboratoire ; on enlève les glaces elle fond artificiel qui la recouvrent, et on procède à une dernière opération qui a pour objet d’éteindre les lumières trop vives, et d’harmoniser tous les tons de l’image avec le fond rapporté.
Pour cela, l’épreuve étant toujours à plat sur la glace forte, on la recouvre d’un verre transparent très-mince; on ménage tous les blancs, en les recouvrant d’un papier jaune découpé par le même moyen expéditif indiqué précédemment, c’està-dire la silhouette des contours à préserver avec le rouge à l’huile ; on met sur le tout une seconde glace demi-double, sur laquelle on suit de nouveau tous les contours à ménager avec la couleur; les lumières que l’on veut maintenir à leur valeur sont préservées par quelques coups de pinceau sur la glace, puis on expose de nouveau à la lumière pendant quelques instants, en promenant, si cela est nécessaire, des cartons arrondis sur les parties qu’on veut ménager pour les harmoniser.
Si on voulait simuler une sorte d’encadrement chimique d’une teinte plus ou moins foncée autour du portrait, soit unie, soit à filets, il suffirait de recouvrir le centre de l’épreuve avec un cache noir un peu plus petit que l’ouverture, et de mettre une glace transparente ou un autre cliché à filets ornementés sur le tout, pour exposer en lumière, jusqu’à ce que les bords extérieurs aient atteint la nuance voulue ; on vire, on fixe, puis on finit par un bon lavage à beau courante.
Dans le cas où le cliché primitif aurait une définition de lignes trop sèches, principalement pour les grandes dimensions, on pourrait donner plus de douceur à l’image positive en rimprimant aux trois quarts de la valeur en contact avec le grand cliché, et on terminerait l’impression en séparant le cliché par une feuille de verre très-mince que l’on glisserait dans le châssis-presse, sans toutefois déranger la position de l’image.
La superposition des fonds que nous venons d’indiquer, qui semble très-longue et très-compliquée dans notre démonstration, est, au contraire, d’une simplicité extrême dans la pratique, et se fait avec la plus grande facilité et très-rapidement, lorsqu’on s’est un peu Habitué à ce travail ; ce procédé, dans tous les cas, a l’avantage de produire des fonds rapportés de toutes sortes ayant exactement la même valeur que le portrait qu’ils entourent, sans qu’aucun raccord soit perceptible à l’œil, et donneront à l’image un relief parfait, sans rien détruire des lignes, même les plus délicates du portrait.
Il arrive fréquemment que la substitution complète du fond uni n’est pas indispensable, et qu’il suffît d’enlever les défauts de celui qui existe, pour l’harmoniser avec le sujet principal; dans ce cas, le cliché est exposé à la façon ordinaire, sans cache, jusqu’à ce que l’épreuve soit imprimée aux trois quarts, et on masque alors le fond, en employant le système de silhouettes indiqué plus haut, appliqué sur la glace du châssis, jusqu’à ce que l’image ait atteint la vigueur voulue ; la feuille est retirée ensuite du châssis et placée face en dessus sur une glace forte, on la recouvre d’un verre ordinaire sur lequel les contours du sujet sont tracés avec la couleur rouge à l’huile, et le masque en papier jaune est placé sur l’image pour la préserver de l’action de la lumière, pendant qu’on expose le fond pour l’amener à la vigueur voulue, en ayant soin de graduer le ton, de façon que les parties extrêmes et le côté éclairé du sujet s’impriment plus vigoureusement que les parties les plus rapprochées du portrait, dont la tête doit s’enlever sur une partie plus claire, mais se fondant jusqu’aux extrémités.
On peut également opérer d’une façon plus simple en apparence, mais moins parfaite comme résultats ; pour cela, voici comment on procède :
Le cliché est mis dans un châssis avec un morceau de papier sensible et l’image imprimée à moitié de sa valeur. Cette épreuve est alors retirée et portée dans l’atelier, où elle est placée sur une glace ; avec la pointe d’un canif bien acéré on découpe avec soin la silhouette du portrait dans
SUBSTITUTION DES FONDS riIOTOGRAPIIIOUES o7 1
tous ses contours, et la partie extérieure de cette silhouette est fixée au cliché du côté du vernis avec une goutte de gomme arabique à chaque coin, de façon à masquer complètement le fond pendant^l’opération qui doit suivre; une seconde feuille de papier est alors placée sous ce négatif et l’image imprimée comme à l’ordinaire, le portrait viendra seul et le fond restera blanc.
Si c'est un buste que l'on veuille tirer en dégradé, on aura soin de se servir d’un*verre à dégrader ou des cartons dont nous avons parlé au chapitre des vigneties, afin que la tète et les épaules seules soient imprimées en se fondant dans les parties inférieures ; lorsque le portrait a atteint la vigueur voulue, on rentre le châssis duquel on retire le cliché ; l’image est mise de nouveau dans le châssis-presse, le côté imprimé contre la glace; on masque cette image avec de la ouate pour arrêter l'action de la lumière ; les cartons à dégrader sont placés de nouveau sur la glace du châssis, on garnit le tour de l'ovale avec du coton cardé pour fondre graduellement la nuance autour du portrait, et on expose de nouveau pendant quelques instants, afin de teinjer légèrement les contours de l’image.
Si, au contraire, on veut avoir un fond plein uni, lorsque le portrait est imprimé à sa valeur et le cliché retiré comme il a été dit précédemment, on le place dans le châssis, en ayant soin de le masquer complètement avec la silhouette qu’on a dû conserver après le découpage; le châssis étant exposé de nouveau à la lumière, le fond blanc se teintera graduellement et régulièrement sur toute sa surface; on pourrait le rendre plus artistique et donner plus de relief au portrait en ménageant le centre, au moyen d’un tampon de coton que l’on promène autour de l’image pendant que les extrémités prennent une teinte graduellement plus foncée.
Ce mo}^en est également bon à employer pour les portraits faits directement sur fonds unis et plats, dont l’effet de perspective n’est pas assez puissant pour que l’image se détache sur un clair-obscur qui en double la valeur artistique.
Substitution des fonds photographiques par cli-
chés simultanés. — Nouveau procédé pour substituer aux fonds factices des ateliers, des fonds faits d’après nature ou autres, permettant de représenter un ou plusieurs personnages dans un site quelconque, un paysage choisi, au bord de la mer, sur un champ de bataille, dans une église, dans un théâtre, dans un boudoir ou un salon, à cheval, en voiture; enfin, dans toute position ou costume qu’il conviendra de substituer à ce qui existe, bien que le personnage ait été fait dans l’atelier d’un photographe sur un fond uni, et cela avec un seul tirage (soit aux sels d’argent, soit aux sels de chrome), fait sur un cliché unique et sans raccord.
Introduction. — Lorsqu’on veut représenter un personnage dans un site quelconque, par les moyens connus aujourd’hui en photographie, on fait poser ce personnage dans le site désigné, ou bien on opère par substitution, au moyen de silhouettes, l’image s’imprime alors en deux tirages, ou bien on fait poser le modèle devant une toile peinte représentant plus ou moins bien le paysage ou le site désiré.
Le premier moyen est presque toujours impraticable, et, dans tous les cas, très-coûteux ; l’exécution du second est fort longue et peu pratique, surtout lorsqu’il s’agit d’une édition importante, outre la difficulté de faire disparaître les lignes de raccord, quand on imprime surtout par le procédé au charbon, qui ne permet pas de voir les contours de l’image; enfin, le troisième moyen donne des résultats fort peu satisfaisants, en raison du peu de profondeur de foyer des objectifs à portraits, et aussi parce que les fonds en décor dont on se sert dans les ateliers photographiques, ne peuvent produire l’illusion des sites faits sur la nature ellemême, par suite du manque de perspective.
Nous n’avons pas l’intention d’entrer dans des détails scientifiques, cela nous entraînerait trop loin du but que nous nous proposons, qui est de décrire clairement, méthodiquement, et surtout pratiquement, la nouvelle méthode dont nous avons donné l’énoncé plus haut, afin d’éviter aux praticiens des recherches longues et fatigantes qui feraient perdre un temps précieux*