FIXAGE ET LAVAGE DES ÉPREUVES POSITIVES
Nous recommandons également un moyen très-efficace de débarrasser les épreuves de toutes traces d’iiyposulfîte de soude après le fixage; c’est de les laver d’abord pendant une heure dans de l’eau chaude avant de les abandonner au lavage par l’eau courante du grand bassin à siphon indiqué page 40.
Si, comme il arrive dans certains cas, on était très-pressé de finir une ou plusieurs photographies, on leur donnerait une très-grande solidité en remplaçant le lavage de six heures dans l’eau courante par un lavage d’une heure seulement dans de l’eau chaude, renouvelée trois ou quatre fois, en épongeant les feuilles entre chaque immersion.
Un autre moyen mécanique consiste à étendre toutes les épreuves à plat sur un châssis recouvert d’une toile à larges mailles comme celle employée généralement pour coller les papiers de tenture, et à projeter f eau en pluie d’une hauteur de 75 centimètres à 1 mètre ; il suffit alors d’une heure d’irrigation pour débarrasser les épreuves de l’hyposulfite qu’elles contenaient.
Pour s’assurer que le lavage est suffisant, et que ces épreuves ne contiennent plus d’hyposulfite de soude, on recueillera dans un verre contenant une solution de bichlorure de mercure ou d’iodure d’amidon quelques gouttes de l’eau qui découle du papier lorsqu’on le retire du bassin ; s’il se forme un trouble suivi d’un précipité blanc dans la solution, ce sera un indice certain que fépreuve n’est pas suffisamment lavée et qu’il faut prolonger le lavage.
Le permanganate de potasse est également d’une grande sensibilité comme réactif, et son application en est simple et facile, un décigramme de permanganate de potasse et un gramme de carbonate de soude chimiquement purs sont dissous dans un litre et demi d’eau distillée ; cette liqueur limpide est d’une teinte rosée que la moindre trace d’hyposulfite fait changer de couleur pour passer au verdâtre.
L’acétate de plomb ayant la propriété de décomposer l’hyposulfite de soude, ainsi que fa constaté M. Newton, l’opération du lavage pourra être grandement simplifiée si, après le fixage, les épreuves sont rincées dans deux ou trois eaux dit-
férentes, puis placées pendant cinq à six minutes dans une cuvette contenant la solution suivante :
Eau ordinaire 1 litre.
Acétate de plomb 2 grammes.
Acide acétique cristallisable 2 c. c.
On termine par un lavage dans trois ou quatre eaux renouvelées ou dans une eau courante pendant une heure seulement; les épreuves traitées ainsi ont une très-grande solidité, et le travail est plus rapide que par les lavages dans l’eau courante.
Le bain d’acétate de plomb doit être limpide lorsqu’on l’emploie ; s’il se formait un trouble laiteux de carbonate de plomb, on ajouterait de l’acide acétique par petite quantité pour le faire disparaître avant de baigner les épreuves.
Enfin, lorsqu’on sera certain que les épreuves sont parfaitement lavées, on les retirera pour les faire sécher en les suspendant aux cordes de l’atelier avec les pinces à ressort.
Le lavage après le fixage définitif peut se faire en pleine lumière; mais les opérations jusque-là devront se faire dans le cabinet éclairé par des verres jaunes.
. La solution d’yposulfite de soude ne peut fixer qu’un nombre d’épreuves très-limité, car la pratique démontre que le bain se détériore par l’usage, et que les épreuves qui sont fixées dans un bain trop vieux prennent une couleur jaune soufre très-désagréable; aussi est-il bon de renouveler ce bain chaque jour, et même de ne fixer avec lui qu’une certaine quantité de photographies.
Cause des imperfections dans les épreuves positives sur papier : moyen d’y remédier. — Les
marbrures moirées sur la surface sensibilisée proviennent surtout, lorsqu’on se sert de papier albuminé, d’un mauvais nettoyage des cuvettes. L’albumine déposée dans la cuvette flotte en couche grasse à la surface du bain sensibilisateur lorsqu’on le verse de nouveau pour s’en servir, et couvre les premières feuilles de marbrures moirées jaune foncé. On doit