CAUSE DES IMPERFECTIONS DANS LES ÉPREUVES
avoir soin de laver, en les frottant avec un chifTon propre, les cuvettes servant aux bains d’argent, toutes les fois qu’on s’en est servi ou avant de s’en servir de nouveau. Le bain doit être filtré chaque fois, et la bouteille qui le contient rincée avec soin, si l’on veut éviter les acidents.
Si répreuve restait pâle, sans vigueur, d’une teinte uniforme grisâtre, sans contraste entre les clairs et les ombres, il faudrait augmenter la quantité d’argent du bain sensibilisateur qui, dans ce cas, se trouve trop faible pour la proportion de sel contenu dans le papier. Ce défaut se produit également lorsque le papier est resté longtemps à l’humidité, ou que le bain d’argent est acide. Si, au contraire, ces contrastes étaient trop marqués, et les tons heurtés et durs, sans détails ni modelé, dans les blancs comme dans les noirs, et que ce défaut ne provînt pas du cliché, on devrait augmenter la quantité de sel dans le bain qui sert à préparer les papiers, ou employer des bains d’argent faibles. Quand le papier est déjà sensibilisé, on remédie à ce défaut en imprimant à l’ombre, ou au soleil à travers une glace dépolie couvrant le cliché, et en insolant le papier pendant quelques secondes avant de le placer sous le cliché.
Lorsque l’image paraîtra inégale de tons, marquée par places de points plus clairs ou plus faibles, on devra attribuer cet accident à une trop faible quantité d’argent absorbée par le papier. Le meilleur remède sera alors de le laisser séjourner plus longtemps sur le bain : quelquefois aussi la mauvaise qualité du papier ou un encollage insuffisant produisent le même effet.
Les points noirs sont causés le plus souvent par quelques grains de poussière qui se trouvent à la surface du bain d’argent et viennent s’attacher au papier; d’autres fois, ce sont des matières organiques ou des pailletés métalliques qui se trouvent dans la pâte du papier.
On doit toujours regarderie papier par transparence avant de le sensibiliser, afin de rejeter les parties qui présentent des places opaques ou transparentes, parce que ces défauts donneraient infailliblement des images tachées.
Lorsque l’image, au sortir du bain de virage et de fixage,
offre une apparence bigarrée avec des teintes différentes, il faudra la laisser séjourner plus longtemps dans ce bain, et avoir soin que la feuille baigne dans le liquide d’une manière égale, et surtout éviter les bulles d’air qui sont cause, la plupart du temps, de ces accidents. Les feuilles devront être, du reste, examinées par transparence avant de les retirer définitivement, pour s’assurer que la teinte est égale sur toute la surface.
Quelquefois encore les épreuves terminées sont jaunes, et semblent fanées et décolorées, quoique l’opération du tirage ait donné des images vigoureuses. Cet effet se présente souvent lorsqu’on vire et fixe en même temps dans un bain d’hyposulfite au chlorure d’or acide qui dégage du soufre; lorsque le bain est trop vieux ou trop] faible ; ou encore quand l’épreuve reste trop longtemps dans ce bain, ou qu’elle est débarrassée trop lentement des agents fixateurs parle lavage final.
Le même effet se produit lorsque, par accident ou négligence,les épreuves séjournent dans une pièce où il se dégage des émanations acides, ce qui arrive fréquemment quand on traite les résidus dans le local où les photographies sont étendues pour sécher après le fixage et les lavages.
Avec les bains alcalins que nous avons indiqués pour le virage des papiers albuminés, on a moins à craindre ce danger; cependant, si l’épreuve restait trop longtemps dans le bain d’hyposulfite de soude, si ce bain était trop vieux, ou encore si l’épreuve n’était pas lavée avec soin dans une eau courante pour la débarrasser promptement de l’hyposulfite qu’elle contient, on verrait se produire ce défaut si désagréable à l’œil.
Dans tous les cas, le chlorure d’or employé pour le virage devra être complètement neutre ou rendu tel par l’addition d’un sel alcalin.
Il peut arriver que l’épreuve reste rouge après avoir subi l’action du bain alcalin, au lieu de passer au violet, puis au pourpre chaud; ceci provient le plus souvent de la faiblesse ou de l’acidité du bain d’argent sur lequel on a sensibilisé le papier ; quand le négatif n’a pas assez d’intensité pour