TIRAGE DES ÉPREUVES PAR DÉVELOPPEMENT
Cette solution, filtrée et versée sur. l’épreuve, fera apparaître tous les détails de l’image, mais avec une couleur rouge désagréable (ce liquide, filtré de nouveau et conservé à l’abri de la lumière, pourra servir indéfiniment).
Après ce développement, l’épreuve sera lavée avec soin en laissant couler dessus un filet d’eau, puis on la fixera dans un bain composé de :
Eau filtrée fiO;) grammes.
Hyposulfile de soude 30 —
Acide chloro-nitrique 10 gouttes.
OÙ elle restera quelques minutes seulement jusqu’à ce qu’elle ait pris le ton pourpre foncé ; elle sera alors rapidement lavée dans un bassin d’eau chaude, puis rincée dans trois ou quatre eaux fraîches ; on l’épongera entre des feuilles de papier buvard, et enfin elle sera séchée au-dessus d’une lampe à alcool, puis montée, satinée et vernie. On pourrait modifier le ton, s’il n’était pas satisfaisant; en changeant un peu la proportion d’hyposulfite de soude et en ajoutant une petite quantité de chlorure d’or dans le bain à fixer. Une addition en petite quantité d’une solution saturée d’acide gallique dans le réactif révélateur produira également un ton différent.
Un positif sur papier pourra, par ce procédé, être tiré sur un cliché trop faible pour produire une épreuve acceptable par le procédé ordinaire. Très-souvent encore on pourra l’utiliser avantageusement pour les images amplifiées, lorsqu’en hiver le soleil ne permet pas d’imprimer sur chlorure d’argent. Nous ne prétendons pas cependant qu’on obtiendra un produit final qui pourra rivaliser avec les belles photographies faites dans de meilleures conditions; mais quelquefois ce procédé pourra rendre service lorsqu’on sera pressé, ou qu’un négatif ne sera pas assez parfait pour donner une bonne impression par les moyens employés journellement.
Tirage des épreuves par développement aux sels de platine. — Procédé Willis. — Le procédé décrit par M. Willis, chimiste anglais, a beaucoup d’analogie.
quant aux manipulations, avec le tirage des épreuves aux sels d’argent fait par le développement, il diffère seulement dans l’emploi des produits employés; comme Fauteur affirme que les images produites par ce système sont inaltérables, ce que le temps seul pourra prouver, nous avons cru intéressant d’en donner la description.
Ce procédé repose sur la réduction des sels de platine à l’état métallique par une solution d’oxalate terreux dans l’oxalate de potasse, et la transformation de l’oxalate ferrique en oxalate ferreux par l’action de la lumière.
Le mode opératoire est assez simple ; mais, comme pour tous les procédés nouveaux, il faut se familiariser avec les manipulations auxquelles on n’est pas habitué dans la pratique courante du travail photographique ordinaire ; comme l’image ne paraît pas lorsqu’on Fexpose sous le cliché, il faut aussi, comme pour le procédé au charbon, se rendre compte de la rapidité plus ou moins grande des produits employés, afin de déterminer, au moyen d’un photomètre, le temps d’exposition cà la lumière ; tout cela est donc une question d’habitude et ne constitue pas de difficultés sérieuses.
Pour l’emploi de son procédé, M. Willis recommande d’encoller du papier de Rive ou de Saxe ordinaire avec une colle d’amidon cuite, que l’on étend sur un des côtés de la feuille avec un large pinceau, absolument comme cela se pratique lorsqu’on veut coller une image photographique sur du carton ; cette opération a pour but de remplir les pores du papier et de former une surface plus imperméable aux liquides dans lesquels il aura à séjourner; lorsqu’il est sec on fait flotter le côté encollé pendant deux ou trois minutes sur un bain d’argent neutre à 1 gramme de nitrate par litre d’eau, puis la feuille est posée à plat sur une glace, le côté argenté en dessus, et on verse au centre une petite quantité d’un mélange de 1 partie de chloroplatinate de potasse pour 2 parties d’oxalate ferrique dissous dans 8 parties d’eau de pluie que l’on étend sur toute la surface avec un tampon de coton. Le papier est alors abandonné à la dessiccation à l’abri de toute lumière blanche ; lorsqu’il est sec on le place sous un négatif dans un châssis-presse, et on expose à la lumière
pendant un temps plus ou moins long, selon l’intensité du cliché el ractinisme de la lumière que l’on calcule avec un photomètre, comme on le lait lorsqu’on imprime sur du papier au charbon.
Au sortir du châssis-presse l’image est à peine visible; pour la faire apparaître on pose la surface imprimée sur un bain chauffé d’oxalate de potasse à saturation, en procédant de la même façon que pour la sensibilisation d’une feuille albuminée sur le bain d’argent ; au contact de cette solution l'image apparaît promptement avec une vigueur remarquable, mais avec un ton un peu froid. Pour donner plus d’éclat aux blancs, l’épreuve est d’abord plongée dans une solution d’acide oxalique à 5 p. 100, puis elle est lavée à grande eau; on la vire ensuite en l’immergeant pendant quelques minutes dans un bain de sulfocyanure d’or à 1 p. 1,000 qui laisse un léger dépôt d’or sur le peu d’argent qui a été employé préalablement pour la préparation du papier, afin d’en faciliter le virage.
On termine l’opération en passant l’épreuve pendant quelques instants dans un bain d’hyposulfite de soude àlO p. 100, qui a la propriété de dissoudre les sels solubles, et on lave à grande eau pendant un quart d’heure seulement, car il n’y a pas à craindre la sulfuration comme dans le procédé ordinaire sur papier albuminé.
Tirage des épreuves photographiques sur soie blanche.
Procédé de lleeri Cooper.
On doit choisir du taffetas de première qualité, fort et opaque, et on marque l’endroit; cela fait, on l’étend, l’endroit en dèssous, sur plusieurs doubles de flanelle bien propre; on recouvre l’envers d’une feuille de papier buvard, et l’on repasse avec un fer chaud jusqu’à ce que ce tissu soit parfaitement uni. On prépare alors une solution composée de :
Benjoin pur 0 gr. 80.
Mastic en larmes 0 — 50. '
Chlorure de cadmium 3 grammes.
Alcool 100 —
Après l’avoir filtrée, on plonge la soie dans le mélange, puis on la suspend par deux coins pour la laisser sécher. Après quoi on sensibilise en immergeant l’étoffe pendant un quart d’heure dans un bain d’argent à 12 p. 100 légèrement acidulé; on fait sécher de nouveau, mais cette fois à l’abri de la lumière blanche, puis on repasse une seconde fois, comme il a été dit plus haut, avant d’exposer dans le châssispresse sous le cliché; on tirera l’épreuve vigoureusement, et on lui fera subir un lavage rapide, on fera ensuite virer dans un bain d’acétate de soude et de chlorure d’or, comme si l’on traitait du papier albuminé ; l’image sera alors lavée, fixée à l’hyposulfite neuf concentré, puis terminée par des lavages soignés; séchée, puis repassée une dernière fois, et tendue encore humide sur un écran,, afin de la rendre parfaitement unie.
Tirage des épreuves bleues sans argent par développement. — Chaque feuille de papier sera sensibilisée en la faisant flotter pendant une minute sur une solution de peroxalate double de fer et d’ammoniaque, puis séchée dans une obscurité complète. On exposera ensuite sous un cliché pendant un temps très-court, de une à trois minutes, en plein soleil; la feuille ainsi impressionnée ne laisse voir aucune image, mais elle apparaîtra avec beaucoup de rapidité en la plongeant dans une solution composée de :
Prussiate rouge de potasse (ferrocyanure) . 10 c. c.
Solution saturée d’acide oxalique 40 —
Eau fdtrée 300 — ■
L’épreuve se montre bientôt avec une grande intensité ; il suffit alors de la laver convenablement.
Le papier ainsi préparé est d’une très-grande sensibilité et permettra d’obtenir des images vigoureuses par un temps très-sombre.
La solution révélatrice devra être conservée à l’abri de la lumière*
Le papier sensibilisé peut se conserver facilement pendant vingt-quatre heures, lorsqu’il est à l’abri de toute lumière.
REPRODUCTION DES DESSINS INDUSTRIELS il 5
Reproduction des dessins industriels, plans, etc., obtenus directement en traits bleu foncé sur fond blanc; procédé H. Pellet et — La liqueur sensible est composée de :
Acide üxalii[ue d grammes.
Percliloriire de 1er iO —
Eau ordinaire 100 c. c.
Suivant les papiers et la sensibilité désirée, on modilie la dose des corps ci-dessus. Si le papier n’est pas suffisamment collé, on ajoute à la liqueur sensible une petite quantité de gélatine, de gomme ou de dextrine.
Après dessiccation, le papier peut se conserver trèslongtemps à l’abri de la lumière.
La sensibilité de ce papier, dit Cyanofer, est très-grande; pour reproduire un plan fait sur papier transparent, on expose sous ce dernier une feuille de papier sensibilisé.
Si on opère en plein soleil, il faudra de quinze à trente secondes pour décomposer toutes les parties non protégées par le trait noir. En hiver, la pose peut varier de quarante à quatre-vingts secondes. A Fombre, par un temps très-clair, l’exposition peut varier de deux à six minutes; enfin, par un temps sombre, on pourra poser de quinze à quarante minutes pour arriver à un bon résultat. A la lumière, le sel de fer maximum se réduit à l’état de sels de protoxyde de fer. Ces derniers ne sont plus colorés par une dissolution de prussiate jaune de potasse, tandis que les parties protégées par le trait peuvent se colorer. Après l’exposition à la lumière, l’épreuve est immergée dans un bain de prussiate à lü ou 18 p. 100; immédiatement le dessin apparaît en bleu. Si la pose a été suffisante, on peut laisser un certain temps le papier dans le bain révélateur; les traits sont alors plus accusés. Si, au contraire, la pose a été un peu faible, on laisse moins de temps l’épreuve dans le prussiate, pour éviter les points bleus provenant des parties de sel de fer non entièrement réduites; on lave à grande eau, puis on enlève le sel de protoxyde de fer par un bain à 8 ou 10 p. 100
(l’acide chlorhydrique ordinaire. Le fond de l’épreuve blanchit alors et le trait s’accentue.
Si les lignes du plan à reproduire ont été faites avec une encre très-noire ou chargée de jaune, le temps de pose peut être prolongé, on n’a pas à craindre l’attaque de la substance sensible sous ces lignes foncées. Dans ce cas, le développement au prussiate est assez long, mais aussi la coloration bleue devient très-intense, et, lorsque le papier est sec, on a souvent des reproductions qui sont plutôt noires que bleues.
Après le traitement acide, on lave et on sèche. 11 est préférable, pour une bonne reproduction de plan, de ne mettre les teintes conventionnelles sur le calque qu’après le tirage photographique. En effet, le passage des teintes sur des papiers minces amène souvent des plis. D’un autre coté, si les teintes sont foncées ou antiphotogéniques, telles que le jaune, le brun, le rouge, etc., on a, sur l’épreuve reproduite, des parties bleues plus ou moins intenses correspondant à ces teintes. S’il y a des côtes placées dans ces teintes, elles sont souvent masquées par la coloration bleue. Ce procédé positif direct a l’avantage de donner très-rapidement des reproductions sur lesquelles on peut passer des teintes conventionnelles et faire toutes les modifications nécessaires.
Photographie sur ivoire, par M. Lawrence. — Les
procédés d’impression en bleu, au moyen des sels de fer, sont, d’après M. Lawrence, parfaitement applicables à l’ivoire, et permettent d’obtenir sur cette matière une image parfaite et sur laquelle l’artiste n’a plus qu’à appliquer les couleurs.
Le procédé est des plus simples : il consiste à immerger la feuille d’ivoire, bien polie et préparée pour la peinture, dans une solution d’oxalate double de fer et d’ammoniaque. On marque dans un coin, au moyen d’un pinceau, le côté de la feuille qui se trouve placé en dessous; c’est la surface opposée qui doit servir à l’obtention de l’image. L’immersion doit être prolongée pendant deux ou trois jours. Au bout de