OPÉRATIONS PRATIQUES
devient plate et terne, les noirs deviennent gris, etc.; il se forme, de plus, un voile gris général sur l’image. En développant trop peu, les noirs et les demi-teintes ont un aspect mat, et des contrastes violents et heurtés.
Le nitrate d’argent libre étant entraîné de l’endroit où l’on verse le révélateur, il se forme à cette place une tache transparente; il ne faut donc jamais le verser sur le milieu de la plaque, mais sur un des coins extrêmes de la couche.
Il ne faut jamais verser sur l’image positive une solution révélatrice qui ait déjà servi.
L’épreuve, développée et lavée convenablement, sera fixée avec une solution de cyanure de potassium à 3 p. 100, qui la dégagera du voile d’iodure d’argent non attaqué par l’action de la lumière et dont elle est encore recouverte, c’est alors que l’image apparaît en positif par réflexion à la surface de la glace. Quelques secondes suffisent à cette transformation; on lavera largement pour débarrasser l’épreuve de l’effet destructif du cyanure de potassium, puis on la séchera doucement à l’aide d’une lampe à alcool.
L’image ainsi terminée, si elle doit rester sur le verre, sera protégée par un vernis positif composé de :
Vernis blanc à tableau 8 c. c.
Benzine pure oO —
Ce vernis, étendu sur l’épreuve de la même façon qu’on étend le collodion, sèche très-rapidement, et donne du brillant, du moelleux et de la finesse à fimage.
Si l’opération a été faite sur une glace blanche transparente, on rendra l’image visible par l’application d’une couche de vernis composée de :
Benzine 50 c. c.
Bitume de Judée pulvérisé 10 grammes.
Noir de bougie 1 —
et versé également comme le collodion, soit sur l’image même déjà recouverte de vernis blanc, soit sur le côté opposé à la glace, et alors l’image paraîtra renversée.
Nous préférons, lorsque le sujet ne nécessite pas absolu-
ment d’être redressé, employer ce mode de vernissage, parce que le plus souvent les blancs de l’image, même garanlis par le vernis à tableau, prennent une teinte trop foncée lorsqu’on applique le vernis noir.
On évite l’emploi de ce vernis noir lorsqu’on fait usage de glaces de couleur qui donnent à l’image un aspect charmant, dont on peut varier les effets selon le sujet, en variant la teinte du verre employé ; dans ce cas, lorsqu’on devra produire l’image directe et non renversée à la surface de la glace, comme des paysages, par exemple, on se servira de glaces parallèles (ou réflecteurs) qui s’adaptent à l’objectif et redressent l’image sur la glace ; le temps de pose devient alors double environ de ce qu’il aurait été en prenant l’image directement.
Ambrotypes ou positifs directs perlés. — Si on
voulait avoir une image d’un blanc de perle, imitant assez bien la miniature sur porcelaine, avant de faire sécher l’épreuve et lorsqu’elle a subi le dernier lavage, on la placerait dans une cuvette horizontale contenant une solution saturée de bichlorure de mercure qu’on obtient en faisant dissoudre GO grammes de ce sel dans le même poids d’acide chlorhydrique, puis en ajoutant un litre d'eau. L’image noircit d’abord, mais elle blanchit ensuite graduellement et devient d’un blanc de perle; c’est pourquoi les Américains nomment ce genre d’images yearh ambrotijpes. Lorsque l’image a atteint le degré de blancheur désiré, on retire la glace de la solution, puis on la lave avec soin; elle est ensuite séchée et traitée comme les autres épreuves qui doivent rester sur verre.
On obtient parfois, lorsque l’image est vigoureuse au sortir de ce bain, des effets d’une douceur et d’un modelé remarquables, en appliquant d’abord sur l’image une couche de vernis blanc, puis par dessus une autre couche d’un vernis
noir composé de :
Essence de térébenthine SO c. c.
Cire blanche 4 grammes.
Noir de bougie 2 —
Bitume de Judée 12 —
COLORIS DES IMAGES DIRECTES SUR VERRE 4Gl
Ce vernis doit s’appliquer à chaud avec un pinceau.
Ce procédé est surtout avantageux lorsqu’une exposition trop courte ne permet pas de tirer parti de l’image, et qu’il est impossible, comme cela se présente souvent, pour des enfants surtout, d’obtenir une nouvelle pose. Traitée de cette manière, l’épreuve, même défectueuse en positif direct sur verre par suite d’une exposition trop courte, pourra être sauvée et rendue très-belle.
Coloris des images directes sur verre, manière d’employer les couleurs. — Sans vouloir juger la question si souvent débattue, mais non décidée, du plus ou moins de valeur artistique des épreuves positives sur verre coloriées, comparées à celles qui restent noires, nous allons, suivant notre programme, donner la manière dont se pratique cette opération.
Le genre de couleurs employées est le pastel tendre pulvérisé et posé sur l’épreuve avant l’application du vernis blanc. L’image ayant été séchée, comme nous l’avons dit, après le dernier lavage, on fait un mélange sur un godet ou sur une palette en carton fort, avec la pointe d’un pinceau fin en martre, des couleurs sèches dont on a à se servir, par exemple pour la figure, les mains, etc. On passera légèrement sur tous les blancs de l’image un peu de couleur chair d’abord, puis on rehaussera les joues, les lèvres, etc., avec du carmin mêlé de cette même couleur chair; la masse des draperies, vêtements, etc., sera appliquée de la même façon et toujours à sec. L«s couleurs vives et saillantes, demandant du relief, seront produites par une application délicate de couleurs délayées dans un peu d’eau. Gomme lors de l’étendage du vernis blanc une partie des couleurs sera inévitablement entraînée, on devra mettre beaucoup plus de couleur qu’on ne veut en conserver : ce genre de travail demande une certaine habitude pour pouvoir se rendre compte des tons à donner. La dorure, l’argenture, s’appliquent également au pinceau avec de l’or et de l’argent en coquille.
Ce genre de coloris ne peut avoir lieu que lorsque le vernis
402 LA PHOTOGRAPHIE EN AMÉRIgUE
noir doit être placé sur le côté de la glace opposé au collodion ; car si on devait appliquer le vernis noir sur le collodion même, les couleurs ne pouvant pas traverser la couche d’argent qui forme les blancs de l’épreuve, on se donnerait une peine inutile, puisqu’elles seraient invisibles lorsque l’image serait terminée.