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PRINCIPES SUR LESQUELS REPOSENT LES PROCÉDÉS AU CHARBON

Composition de la mixtion colorée et son application sur papier. Fabrication des papiers de transport. — Sensibilisation du papier dit au charbon. — Tirage. — Développement. — Transport des épreuves. — Le photomètre et les châssis spéciaux pour obtenir deux teintes au tirage avec inscriptions.

Depuis longtemps les photographes, ayant reconnu l’instabilité des images formées par les sels d’argent, se sont efforcés de remédier à ce vice capital en substituant à ces sels altérables une matière analogue à l’encre d’imprimerie, dont la durée est illimitée.

Parmi les savants qui ont consacré leur temps et leurs recherches à la solution de ce difficile problème, nous citerons en première ligne M. A. Poitevin, dont nous allons faire connaître brièvement les ingénieux procédés. Le premier, qui date de 1855, est basé sur l’insolubilité, dans Peau, des matières organiques, gélatineuses ou gommeuses, qui ont subi l’action suffisamment prolongée de la lumière, lorsqu’elles sont additionnées d’une matière oxydante, telle que l’acide chromique des bichromates alcalins ou terreux.

Depuis cette époque, plusieurs chercheurs, parmi lesquels nous citerons : l’abbé Laborde, Fargier, Blair, Swan, Jean Renaud, Davies, Johnson, Vidal, Marion et autres, comprenant l’importance de cet admirable procédé, s’en sont faits les premiers propagateurs en le perfectionnant. Malheureusement, ils avaient à lutter contre la routine, dont la force d’inertie est immense, et aussi contre certaines difficultés inhérentes au procédé lui-même, qui ne permettait pas encore de produire un travail régulier et sûr.

La difficulté et l’incerlitude de la fabrication du papier au charbon, dont la qualité dépend d’une foule de causes qu’il fallait étudier sérieusement, ont également retardé la production en plus grand nombre d’épreuves inaltérables, surtout parmi les photographes portraitistes.

Grâce aux efforts persévérants de certains hommes de progrès qui ont compris, les premiers, que la production d’épreuves inaltérables pouvait seule sauver la photographie de la défaveur, chaque jour croissante, qui s’attache aux images fugitives, on peut dire aujourd’hui que le but est atteint et que la photographie aux sels d’argent est destinée à disparaître fatalement dans un avenir très-prochain.

Nous sommes heureux, pour notre part, d’avoir pu contribuer à cet état de choses, qui, nous en sommes convaincu, donnera un nouvel essor à l’art que nous pratiquons, et nous sommes convaincu que bientôt tous les photographes sérieux comprendront leur véritable intérêt en produisant exclusivement des œuvres durables, que le public intelligent saura apprécier.

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