COMPOSITION DE LA MIXTION COLORÉE
Composition de la mixtion colorée, et son application sur papier (1). — La iDixlion colorée se compose de gélatine contenant des matières colorantes en suspension, que Ton étend sur du papier en une couche aussi unie que possible, et d’épaisseur variable.
La qualité de la gélatine joue un grand rôle dans la fabrication du papier au charbon, et malheureusement on en trouve fort peu, dans le commerce, qui soit dans des conditions de solubilité parfaite; presque tous contiennent des matières grasses, de la chaux, des sels de fer ou de l’alun, dont il faut les débarrasser par la dialyse. Les gélatines françaises de MM. Grenet et Coignet, très-transparentes et trèsbelles en apparence, ont le grand défaut d’être peu solubles, ce qui les rend impropres à la fabrication des mixtions colorées pour le procédé au charbon. Celle de M. Nelson, à Londres, d’une couleur jaune ambré, d’une apparence plus commune que la précédente, est bien meilleure pour ce travail; elle a même le défaut contraire, ce qui, dans certains cas, oblige à la mélanger avec une gélatine moins soluble, ou avec de la colle de poisson, lorsqu’on doit l’employer par les fortes chaleurs.
Si le choix de la gélatine a une grande importance pour l’obtention d’une bonne mixtion, il faut également apporter tous ses soins au mélange des couleurs qui entrent dans sa composition; certaines couleurs, par leur composition chimique, ont la propriété d’insolubiliser la gélatine; c’est ce qui amène de fréquents insuccès, lorsqu’on veut produire une grande variété de nuances. Parmi ces couleurs, nous pouvons classer toutes les laques qui contiennetit de l’alun, telles que le carmin elles rouges de cochenille. Ces couleurs sont, en outre, très-facilement altérées par la lumière, c’est pourquoi notre savant confrère, le D"* Van Monckhoven,
(1) Le cadre de cet ouvrage ne nous permettant pas d’entrer dans un trèsgrand développement sur le mode de fabrication des papiers mixtionnés, sur l’organisation spéciale des ateliers et sur certains détails de manipulation, nous renverrons le lecteur à notre traité spécial de la Photographie au charbon mise à la portée de tous, dans lequel il trouvera les indications les plus précises et les plus complètes sur ce procédé.
dont les efforts persévérants ont été couronnés d’un plein succès dans la fabrication du papier au charbon qu’il a fondée à Gand, s’est-il attaché à produire des couleurs aux oxydes métalliques sur lesquelles la lumière n’a aucune action; nous ne pouvons que féliciter notre confrère belge en l’encourageant à persévérer dans la voie qu’il a si bien tracée.
Les couleurs le plus généralement employées sont : l’encre de Chine, le peroxyde de fer hydraté, l’alizarine dissoute dans la soude, et la purpurine; la terre d’ombre brûlée, l’indigo, le brun Yan Dyck et le rouge indien.
Le papier dont on se sert comme support pour la mixtion colorée doit être de belle qualité, bien uni et satiné, de force moyenne et peu collé ; il est généralement en rouleaux de plusieurs centaines de mètres de longueur sur 0"'76 de largeur, ce qui permet de le couper à la dimension des machines à rouleau* qui servent généralement pour la fabrication du papier au charbon.
On ajoute généralement à la mixtion une certaine proportion de sucre ou de savon, pour rendre le papier au charbon plus souple et moins cassant lorsque la température est sèche.
Proportion des produits qui entrent dans la fabrication d’un rouleau de papier au charbon de 3 mètres 60 de longueur sur 75 centimètres de largeur.