PROPORTION DES PRODUITS
Le mouvement plus ou moins rapide que l’on imprime au rouleau conducteur produit une couche plus ou moins épaisse de gélatine sur le papier; mais on peut calculer que, avec une mixtion dont la température n’excède pas 35 degrés centigrades, vingt à vingt-cinq secondes doivent suffire pour
Fro. 71. — Machine à cylindres pour la fabrication du papier mixtionné et du papier de transport.
opérer la révolution complète d’une bande de papier ayant 3"^50 de longueur; si le mouvement était plus lent, la couche serait plus mince, et vice versa.
La machine dont on se sert généralement pour la fobrication du papier mixtionné et du papier de transport double ou simple, et que nous représentons fîg. 71, se compose de deux cylindres : l’un en bois verni, à la partie supérieure, d’un diamètre de 15 centimètres environ, et l’autre, à la partie inférieure, beaucoup plus petit, est en métal. Tous deux sont parallèlement montés sur un bâti en bois à coulisse, permettant de maintenir le cylindre inférieur en contact avec la mixtion qui se trouve dans une cuvette cylindrique en zinc, baignant elle-même dans un bain-marie. Le papier, dont les deux extrémités sont collées ensemble avec de la gomme ou de la gélatine, est enroulé verticalement sur ces deux cylindres; un rouleau conducteur à bascule, servant à raidir le papier en l’écartant, est placé au milieu de la machine; alors, en faisant mouvoir les cylindres au moyen d’une manivelle, le papier passe en tournant lentement et successivement sur le liquide chaud qui se trouve dans la cuvette inférieure; lorsqu’il a fait le tour complet, il ne reste plus qu’à le couper à une des extrémités et à le suspendre sur un demi-rond en bois fixé perpendiculairement à la muraille de la pièce où il doit rester pour sécher, et à en faire un second, un troisième, etc., jusqu’à ce que la mixtion soit épuisée.
Papier pour transport double et simple. — Le
papier pour double transport se fabrique de la même façon que le papier mixtionné, avec cette différence que la proportion de gélatine est beaucoup moindre, et qu’elle ne contient pas de matières colorantes, si ce n’est une très-petite quantité de bleu d’outremer destiné à neutraliser le ton jaunâtre que donne la gélatine au papier.
Pour les transports, le meilleur papier est celui qui est d’une force moyenne, bien collé et bien résistant, à grain très-fin et bien satiné; on l’achète en rouleau sans fin de plusieurs centaines de mètres, comme celui destiné à la fabrication du papier mixtionné, et on le coupe à la longueur voulue.
PAPIER POUR TRANSPORT DOUBLE OU SIMPLE 50o
L’encollage de gélaline colorée, qui sert à fabriquer le papier de transport, se compose de :
Gélatine ordinaire Nelson ambrée .... 500 grammes.
Eau ordinaire 5 litres.
Glycérine IGO grammes.
Sulfate de baryte en pâte 190 —
Chrome alun 8 —
Bleu d’outremer 2 —
Laque carminée 0.25 —
Ou toute autre proportion qu’on veut donner à ces couleurs selon la teinte désirée.
La quantité de produits indiquée ci-dessus doit suffire pour faire seize rouleaux de papier de 3"’G0 de longueur sur 75 centimètres de largeur; la proportion peut donc être modifiée, selon qu’on voudra faire une quantité plus ou moins grande de rouleaux à la fois.
L’opération se fait de la façon suivante :
Le sulfate de baryte en pâte, le bleu d’outremer en poudre et la laque carminée sont pesés et placés sur une table de marbre pour en opérer le mélange bien intime avec la glycérine; pour cela on se sert de la molette en verre et du large couteau à palette, au moyen desquels on triture ces couleurs, par petites quantités à la fois, jusqu’à ce que le tout forme une pâte liquide de nuance uniforme ; d’autre part, et pendant que l’on broie finement le mélange des couleurs avec la glycérine, on a soin de faire gonfler la gélatine dans l’eau froide, ce qui demande une heure environ, avant de la faire fondre complètement au bain-marie. Lorsqu’elle est entièrement fondue, on en prend une centaine de grammes et d’on recommence de nouveau le broyage et le mélange intime de la couleur avec la gélatine chaude, sur le marbre, en se servant de la molette et du couteau à palette.
Cette dernière opération est d’autant plus importante que, si on la négligeait, la couleur, versée dans la gélatine chaude, se précipiterait au fond par flocons, au lieu de se mélanger à la masse, comme cela doit avoir lieu lorsqu’on la verse par petites quantités, en ayant soin d’agiter le liquide chaud avec une baguette en verre ou eu bois.
Quelques instants seulement avant d’employer cette mixtion, on fait fondre à part le chrome alun dans une petite quantité d’eau chaude, et on le verse dans la gélatine, goutte à goutte, en ayant soin de remuer le liquide constamment pour éviter les grumeaux insolubles qui se formeraient dans la masse de gélatine. Le mélange est alors prêt à servir. On le verse dans la cuvette cylindrique de la machine, sur laquelle on a placé une mousseline de laine en double pour filtrer le liquide.
Le compartiment inférieur, servant de bain-marie, est rempli d’eau chaude à la température de 40 degrés centigrades, pour maintenir constamment la mixtion à 32 ou 33 degrés pendant l’opération. Ce liquide est alors écrémé à deux ou trois reprises différentes, en promenant une feuille de papier à la surface.
Chaque bande de papier est placée successivement sur les rouleaux, de façon à passer sur le bain dans toute son étendue, ainsi qu’il a été expliqué pour le papier mixtionné, puis, lorsque le tour est complet, on coupe le papier à la jonction et on le suspend sur les demi-ronds fixés à la muraille pour sécher.
On peut employer également le papier émail mat ou brillant, c’est-à-dire dont un côté est recouvert d’une couche assez épaisse de sulfate de baryte, qui lui donne une surface sans grain parfaitement unie; mais il faut, dans ce cas, que cette couche superficielle, qui remplit les pores du papier, soit rendue préalablement insoluble à l’eau chaude. Les images transportées sur ce dernier papier ont une finesse, une douceur et une transparence bien supérieures à celles qui sont appliquées sur papier ordinaire, dont le grain est parfois visible, mais il est très-difficile à fabriquer; aussi arrive-t-il souvent qu’on ne peut pas le détacher du support temporaire auquel il reste collé lorsque la couche de sulfate de baryte gélatiné n’a pas été suffisamment insolubilisée.
Depuis quelque temps, le docteur Van Monckhoven fabrique par rouleaux un papier stucqué recouvert d’une couche de gélatine alunée qui donne d’excellents résultats ; il a, de plus, l’avantage de produire des images d’un très -beau
brillant sans l’emploi du collodion, ce qui permet une notable économie; il a même ceci de très -avantageux, que les images détachées de la glace, et mouillées ensuite pour être collées sur carton, conservent un brillant qui peut rivaliser avec le papier albuminé le mieux encaustiqué, ce qui n’a pas lieu lorsqu’on emploie le papier de transport ordinaire sans collodion. C’est donc là un progrès très-sensible dans l’emploi du procédé, que nous sommes heureux de constater; mais nous conseillons néanmoins de collodionner les glaces sur lesquelles on veut développer les images destinées à être montées, pour conserver le brillant de l’émail, car sans cette précaution, elles se détacheraient difficilement du support provisoire.
Le papier pour simple transport peut également se faire à la machine, par bandes de 3"'60 de longueur comme le précédent ; seulement, si on emploie la même préparation que celle indiquée pour le papier destiné au double transport, la gélatine devra être rendue complètement insoluble par l’immersion du papier pendant 10 minutes dans un bain d’alun à saturation.
Le papier pour simple transport peut aussi se préparer avec une solution de gomme laque blanche dissoute dans le borax, ou par une couche d’albumine neutre coagulée par la chaleur, ou par l’immersion pendant 1 5 à 20 minutes dans un bain d’alcool à 95 de l’aréomètre de Gay-Lussac.
Sensilisation du papier au charbon. — La première opération consiste à sensibiliser le papier mixtionné, en rimuicr^eant complètement, pendant 1 ï/!î à 3 inî-
niites, selon la température, dans un bain de bichromate de potasse, à 2 p. 100 en été et 3 p. 100 en hiver, additionné, si le bichromate est acide, d’une ou deux gouttes d’ammoniaque pour chaque 100 c. c. cubes de solution, ou 1/2 c. c. d’une solution concentrée de carbonate de soude.
Gomme l’ammoniaque et le carbonate de soude ont la propriété de rendre la gélatine bichromatée moins sensible à la lumière, on évitera, autant que possible, de les employer pendant l’hiver, surtout si le papier au charbon est très-
soluble, à moins qu’on n’ait à imprimer sur des clichés trèsfaibles. Si on devait, au contraire, imprimer des clichés très-intenses, il serait préférable d’employer un bain sensibilisateur composé de :
Bichromate de potasse 2 gr. 50.
Monochromate de potasse 2 — 50.
Eau ordinaire 75 c. c.
Alcool à 36°. 25 —
On fait d’abord recristalliser les sels pour les débarrasser de l’acide chromique et de l’alun de chrome, puis on les fait dissoudre dans l’eau et on ajoute l’alcool.
Pour éviter les bulles d’air, qui produiraient des globules blancs sur l’image, il est bon de remuer le liquide constamment, et même de frotter la surface de chaque feuille mixtionnée avec un blaireau plat, afin de faciliter l’assimilation par le dégraissage ; on pourra même les retourner deux ou trois fois, mais en replaçant chaque fois le côté mixtionné en dessous.
Au sortir de ce bain, chaque feuille est abandonnée au séchage, pendant douze heures environ, dans une chambre aérée autant que possible, mais éclairée seulement par des verres jaunes; cette pièce doit être maintenue à une température moyenne et exempte d’humidité.
On peut donc sensibiliser dans la soirée le papier destiné au travail du lendemain.
Après dessiccation complète, qui peut être activée, en dernier lieu, par une température plus élevée, sans cependant que le feu agisse direeteiuent, ce papier est prêt à recevoir l’impression.
Le séchage du papier au charbon, lorsqu’il est sensibilisé, a une grande influence sur le résultat final ; ainsi, il est plus sensible lorsqu’il a été séché lentement, mais aussi il est moins soluble au développement que lorsque la dessiccation s’est faite promptement. L’adhérence au support est également moins facile dans le premier cas que dans le second ; il est donc important que cette opération se fasse dans de bonnes conditions de température et d’aération.
On doit éviter, autant que possible, le séchage par le gaz, qui agit comme insolubilisateur sur la gélatine bicliromatée. Le voisinage des égouts et des cabinets d’aisances, lorsque les émanations d’hydrogène sulfuré pénètrent dans la couche de gélatine bicliromatée, alors qu’elle est humide, produit le même effet que le gaz carboné. Le chlorure de chaux ayant, au contraire la propriété de rendre soluble la gélatine insolubilisée, on pourra en répandre dans la pièce où l’on fait sécher le papier lorsqu’il a une tendance à s’insolubiliser.
Lorsque le temps est beau et sec, une nuit suffît grandement pour sécher le papier au charbon dans d’excellentes conditions; mais, en hiver, quand l’air est humide, le meilleur système de chauffage à établir dans la pièce qui sert au séchage du papier mixtionné est un calorifère dans lequel on ne brûle que du coke ; encore est-il préférable que le tuyau seul passe dans la pièce où se trouve le papier sensible.
Comme les papiers préparés aux sels de chrome ont une sensibilité beaucoup plus grande que ceux préparés au chlorure d’argent, le temps d’exposition doit être réduit dans la même proportion. Mais, pour avoir un tirage régulier, il faut que chaque feuille séjourne le même temps dans le bain sensibilisateur; on aura donc soin d’employer un compteur ou un sablier divisé en demi-minutes.
Le papier au charbon est d’autant moins sensible et moins soluble qu’il a été préparé depuis plus longtemps ; il perd même toute solubilité après quatre ou cinq Jours de préparation, surtout lorsqu’il reste à l’air libre ; ce papier conserve sa sensibilité plus longtemps lorsque la température est sèche et surtout lorsqu’il est enfermé hermétiquement dans une boîte où l’air ne peut pas pénétrer.
11 est à remarquer que la mixtion colorée avec de l’encre de Chine seule, conserve sa sensibilité beaucoup plus longtemps que celle qui contient du carmin ou autre couleur analogue. L’expérience aura bien vite fixé l’opérateur sur tous ces petits détails, qui semblent compliqués au début, mais auxquels on se familiarise facilement.
Certains papiers mixtionnés sont plus sensibles que d’au-
olO LA PHOTOGRAPHIE EN AMÉRIQUE
très, selon le mode de fabrication, la qualité de la gélatine employée, la couleur incorporée, etc., etc.
Règle générale, le papier très-soluble est moins sensible à la lumière que celui qui est peu soluble, mais le développement est plus facile et plus régulier, l’image est également plus pure et plus nette qu’avec un papier peu soluble, qui laisse presque toujours, après le développement, des inégalités de teintes et souvent des parties insolubles qui gâtent l’épreuve.
Plus le bain de bichromate est fort, et plus grande est la sensibilité ; mais il y a des inconvénients à employer un bain sensibilisateur trop riche en bichromate lorsque la température est élevée ; il en est de même lorsque le papier mixtionné séjourne trop longtemps dans ce bain.
La solution doit être assez abondante pour que le papier soit largement immergé; il faut donc que le fond de la cuvette soit recouvert d’au moins 3 ou 4 centimètres de liquide.
Le temps d’immersion indiqué plus haut n’est pas absolu, car il dépend beaucoup de la température de l’eau et de l’état plus ou moins corné du papier mixlionné; mais il est facile, au toucher, de sentir lorsqu’il est assez souple et flexible pour le retirer du bain.
Par une température moyenne, on emploiera de préférence un bain sensibilisateur riche en bichromate pour les clichés durs, afin d’obtenir des épreuves harmonieuses; avec des clichés doux, au contraire, un bain faible, additionné d’ammoniaque ou de carbonate de soude en solution, donnera plus d’oppositions, surtout si le papier mixtionné est fortement coloré; on pourra donc avoir deux bains sensibilisateurs à différents titres pour préparer le papier qui convient le mieux aux clichés, selon leur intensité.
Le bain de bichromate sera filtré avant de s’en servir, et on placera une baguette en verre rond sur le devant de la cuvette qui sert à sensibiliser le papier au charbon, afin d’enlever régulièrement l’excès du liquide qui est à la surface, lorsqu’on retirera la feuille, en faisant glisser le côté gélatiné sur cette baguette avant de la placer sur son séchoir, où elle devra se trouver face en dessus.
Le bain de bichromate de potasse doit être changé tous les deux ou trois jours, et être tenu dans un endroit frais, surtout en été, car, si la température du bain sensibilisateur était trop élevée, ou que ce bain fût trop fort, ou encore si le papier y séjournait trop longtemps, surtout pendant les chaleurs, l’image serait couverte, après le développement, d’une myriade de petites rides brisées, que l’on nomme réticulations. Ce phénomène se manifeste d’autant plus que la gélatine est soluble et qu’elle a été plus ramollie pendant la sensibilisation.
Dans les pays chauds, le succès dépend donc en grande partie de la température de la pièce où se font la sensibilisation et le séchage, et aussi du bain sensibilisateur, qu’on devra au besoin rafraîchir avec de la glace, pour qu’il ne soit jamais à plus de 10 degrés centigrades au-dessus de zéro.
Fig. 72. — Raclette en bois et caoutchouc pjur sirvir dans les opérations du procédé au charbon.
L’addition d’une certaine quantité d’alcool dans le bain de bichromate, 20 à 30 p. 100 environ, facilitant la dessiccation rapide du papier mixtionné, le préserve très-souvent des réticulations, tout en lui conservant sa souplesse.
Enfin, un excellent moyen d’empêcher la gélatine de se contracter, lorsque la chaleur est extrême, est d’emprisonner la mixtion colorée sous une couche de collodion ; pour cela, il suffit d’appliquer le papier au charbon, au sortir du bain sensibilisateur, sur une glace cirée et collodionnée, comme il sera expliqué au chapitre du développement; la couche de gélatine est placée en contact avec le collodion, et on expulse le liquide et l’air qui peuvent se trouver entre les deux en passant la raclette (voir fig. 72), deux ou trois fois en tous sens au dos du papier, qu’on laisse en contact avec la glace jusqu’à dessiccation complète; il suffît alors de passer un
canif sous les bords pour que le papier se détache faeilement.
Impression des images, préparation des clichés.
— Avant de faire le tirage d’un cliché par le procédé dit au charbon, on doit le border tout autour avec une bande de papier jaune d’environ un centimètre de largeur, et collée avec de la gomme. Cette opération indispensable a pour but de préserver de l’insolation les bords du papier mixtionné qui, sans cela, n’adhéreraieixt pas au support, ce qui amènerait inévitablement des soulèvements de la pellicule lors du développement de l’image dans l’eau ehaude ; cette précaution est inutile quand on se sert des châssis décrits plus loin, car, parleur construction, ils préservent naturellement de la lumière les bords du papier mixtionné tout autour de l'image, ce qui lui conserve sa solubilité pour adhérer au subjectile temporaire ou définitif.
En règle générale, les clichés qu’on veut imprimer au charbon doivent être un peu plus intenses,' sans être durs, que ceux destinés aux sels d’argent; néanmoins, lorsqu’un cliché est faible, on pourra obtenir des images passablement vigoureuses en employant un papier mixtionné peu chargé en gélatine et riche en matières colorantes, que l’on sensibilise dans un bain de bichromate de potasse d’un titre peu élevé.
Avec les clichés durs, on doit employer, au contraire, un papier au charbon très-épais en gélatine et moins chargé de matières colorantes, que l’on sensibilise dans un bain spécial de bichromate plus concentré que nous avons décrit précédemment.
Dans bien des cas où le cliché trop intense donne des images sans modelé, on obtiendra beaucoup d’harmonie et de douceur en exposant le papier au charbon à la lumière pendant une ou deux secondes, avant ou après son insolation sous le cliché; il ne faudrait pas cependant prolonger trop longtemps cette exposilion, car alors la gélatine, devenant complètement insoluble, n’adhérerait pas au support, et les blancs de l’image seraient ternes et gris.
LE LHOTÜMÉTRE
Le photomètre. — Le temx)S d’exposition varie en raison de ractinisme de la lumière et de la préparation du papier au charbon; mais comme l’image reste invisible sur la couche de gélatine colorée qui compose le papier mixtionné, il est impossible d’en suivre la venue, ainsi que cela se pratique avec les sels d’argent, il est donc indispensable d’avoir recours à un photomètre pour mesurer l’action de la lumière, afin de se guider d’une façon à peu près certaine lorsqu’on imprime par les sels de chrome.
Plusieurs de ces instruments ont été construits; il y en a de plus ou moins compliqués; le plus simple, selon nous, est le meilleur; il se compose d’une petite boîte en ferblanc
Fig. 73. — Photomèti’e à quatre teintes de grandeur naturelle.
verni, de trois centimètres cubes environ, dont le couvercle 11 est garni d’une glace peinte en brun, de quatre nuances différentes, se raprochant le plus possible de la couleur que prend le papier au chlorure d’argent lorsqu’il reçoit progressivement l’action de la lumière.
Au milieu de celte glace se trouve ménagée une partie longue et étroite où la glace reste à nu et transparente (voir fig. 73).
Une bande de papier sensible, au nitrate d’argent et à l’acide citrique, est placée dans l’intérieur de la boîte, elle
est maintenue en contact avec la glace par un coussin en drap sur lequel elle glisse à volonté.
La lumière, agissant sur ce papier, l’amène graduellement à la nuance la plus foncée qui est peinte sur le verre devant servir comme point de comparaison ; il suffît alors, pour avoir des épreuves de même valeur, de déterminer le nombre de teintes, toutes semblables, qu’il faut imprimer pendant l’exposition d’un cliché, pour que chaque image soit identique, si on a employé le même papier sensible.
La teinte la plus foncée est considérée comme teinte entière, les autres servent à la diviser au besoin en 1/4, 1/2 et 3/4 de teinte.
La figure 73 représente un de ces photomètres dans lequel le papier sensible n’a pas reçu l’action de la lumière.
La moyenne des bons clichés nécessite environ deux à trois teintes entières pour donner une impression complète au charbon; l’encadrement, lorsqu’on se sert pour cela de verres transparents, s’imprime en un quart de teinte seulement.
Aussitôt que le papier sensible placé dans le photomètre a atteint la nuance exacte de la teinte entière marquée sur le verre, il suffit de le tirer de quelques millimètres pour faire apparaître une nouvelle surface blanche, qui ne tarde pas à prendre à son tour la nuance de la première, et cela avec d’autant plus de rapidité, que la lumière est plus actinique.
On peut facilement contrôler le nombre de teintes imprimées, en soulevant le couvercle du photomètre sous lequel glisse le papier sensible.
Des châssis. — Les châssis ordinaires dont on se sert pour le tirage des épreuves aux sels d’argent peuvent être employés pour le procédé au charbon , surtout pour celles dont la dimension excède la carte et la carte-album, qui s’impriment habituellement en plein ou en dégradé ; mais pour les images de petites dimensions que l’on tire en grand nombre, avec encadrement à teinte plus ou moins foncée, ainsi que cela se pratique actuellement, il est préférable d’employer des