PROPORTION DES PRODUITS
Par les grandes chaleurs, ajouter 5 à 20 p. 100 de colle de poisson, en remplacement de la même quantité de gélatine.
La quantité de sucre varie également selon la température; la proportion doit augmenter d’autant plus que le temps est plus sec.
Ne jamais mettre de glycérine dans le papier au charbon, à moins que ce ne soit pour imprimer des clichés beaucoup trop doux, car la glycérine a la propriété de donner des images heurtées.
Lorsqu'on veut fabriquer le papier mixtionné tout sensibilisé, on ajoute au mélange ci-dessus :
Bichromate de potasse 20 grammes.
Carbonate de soude cristallisé ... de 3 à 10 —
(selon la saison).
Le carbonate de soude augmentant la solubilité de la gélatine, on comprendra que la proportion de ce sel doit être d’autant moins grande que la gélatine est plus soluble et la température plus élevée, et, comme il a la propriété de rendre le papier mixtionné moins sensible à la lumière, on l’emploiera avec la plus grande modération possible lorsque la lumière est faible.
On peut varier la nuance selon les différentes couleurs employées, mais la proportion, dans l’ensemble, ne doit pas excéder cependant 100 grammes pour chaque kilogramme de gélatine employée. Ces couleurs doivent être broyées à la machine pour former un mélange intime avant d'être ajoutées à la gélatine.
Lorsqu’on veut préparer la mixtion colorée, la gélatine (lialyi^éc est mise à tremper dans la quantité d’eau froide indiquée, à laquelle on a ajouté le sucre et le savon; lorsqu’elle est suffisamment gonflée, on la fait fondre au bainmarie, et on en prend une petite quantité que l’on mêle à la matière colorante, à laquelle on fait subir un nouveau broyage sur une table de marbre avec une molette et un couteau à palette, afin d’opérer le mélange bien intime de cette gélaline avec les couleurs^ que l’on introduit ensuite par petite quantité à la fois dans la masse chaude, en ayant soin de bien remuer le liquide afin d’éviter un précipité des
couleurs qui, n’étant pas suffisamment divisées, reparaîtraient sur chaque épreuve en un semis de petits points noirs, ce qui lui enlèverait toute sa finesse.
La mixtion est alors prête à servir, si on veut préparer le papier non sensibilisé.
Si on veut, au contraire, avoir un papier sensible, on fait fondre le bichromate de potasse et le carbonate de soude dans une petite quantité d’eau chaude et on l’introduit dans la gélatine colorée, goutte à goutte, en remuant vivement. La mixtion est alors passée à travers une mousseline de laine en double, que l’on a le soin de fixer sur la cuvette cylindrique de la machine au moyen de pinces américaines; l’eau du bain-marie de cette machine est chauffée à la température de 40° centigrades en été et de 45® en hiver, afin que la mixtion conserve jusqu’à épuisement une température de 30 à 35°.
On promène à la surface du liquide un morceau de papier blanc pour chasser les bulles, ainsi que les impuretés et la pellicule supérieure qui auraient pu se former pendant le filtrage; puis on place sur l’appareil une bande de papier coupée de dimension et jointe aux extrémités, on règle les coulisseaux afin que le papier, conduit par le rouleau inférieur, se trouve constamment en contact avec la mixtion , et on tourne la manivelle lentement et régulièrement, jusqu’à ce que le papier tout entier, entraîné par le rouleau supérieur de la machine (voir fig. 71), ait fait un tour complet et soit couvert d’une couche de gélatine colorée; on coupe alors le papier à la partie inférieure et on l’enlève avec la fourchette en fer pour le placer sur un support où il doit rester jusqu’à dessiccation complète, en ayant soin d’attacher à chacune des extrémités, avec des pinces américaines, une latte en bois destinée à maintenir le papier parfaitement droit et à l’empêcher de se recoqueviller en séchant.
Gomme nous avons donné la proportion pour faire un rouleau, on comprendra qu’il est facile d’en faire tel nombre que l’on voudra à la fois en multipliant cette proportion par le nombre de rouleaux que l’on veut faire dans la même journée.