‹ La photographie en AmériqueChapitre 81 sur 151 · APPLICATION DU PAPIER INSOLÉ · texte numérisé non relu

APPLICATION DU PAPIER INSOLÉ

lopper sur une glace, 2, 4, 8, 12, etc., selon sa dimension, pendant que le papier mixtionné s'imprègne d’eau, ce qui nécessite 1 minute environ; on retire de la première cuvette une glace collodionnée et bien que l’on pose à

plat sur une planchette solide, à portée de la main; on enlève alors de l'eau chacune des épreuves que l’on place, les unes à côté des autres, sur la glace collodionnée, le côté mixtionné en contact avec le collodion imprégné d’eau; puis on pose sur le tout une feuille de toile caoutchoutée qui sert à maintenir les épreuves à leur place et à préserver le collodion de toute écorchure, et l’on frotte vigoureusement, avec une raclette, de bas en haut et de haut en bas, pour faciliter l’adhérence et chasser les bulles d’air; dans le cas où on verrait, par réflexion, des points brillants, on détacherait sans hésiter la pellicule pour recommencer l’opération.

Chaque glace préparée de la même façon est superposée à la première, jusqu’à ce que le travail complet de la journée soit terminé; après quoi, on procède au dépouillement de l’image, ainsi qu’il sera expliqué plus loin.

Comme le papier bichromaté et insolé perd sa sensibilité aussitôt qu’il est plongé dans l’eau froide, l’opération peut se faire en pleine lumière.

Par les grandes chaleurs, nous recommandons de rafraîchir, avec de la glace, l’eau dans laquelle on plonge le papier mixtionné avant son application sur son support.

Le papier au charbon ne doit rester dans l’eau que juste le temps nécessaire pour se distendre, c’est-à-dire 1 ou 2 minutes, avant son application sur la glace, selon qu’il est plus on moins sec ; car, si après avoir repris sa planimétrie, il se recoquevillait, la gélatine en dessus, il deviendrait impossible de le faire adhérer, à moins d’employer le papier caoutchouté comme support; il est même préférable, lorsqu’on a plusieurs épreuves à appliquer sur le même support, de retirer le papier avant son entière saturation, car il continue à absorber l’eau pendant l’opération. Il y a donc là un tour de main et une habitude à prendre pour arriver à une réussite parfaite.

Dans certains cas, lorsque l’insolation a été beaucoup trop

prolongée et que, par ce fait, la gélatine est devenue complètement insoluble, le papier mixtionné refuse également d’adhérer au support ; il faut alors le mettre en presse ou le rejeter, car l’image serait certainement trop foncée.

Si le support provisoire, au lieu d’être du verre, de la porcelaine ou autre surface rigide, était, au contraire, un support flexible, mais imperméable, comme le papier albuminé recouvert d’une couche de gomme laque ou autre corps résineux ou stéariné, on frotterait la surface entière de ce papier avec un tampon de flanelle imbibé d’une solution de résine et de cire dissoutes dans l’essence de térébenthine, à la proportion et de la manière qui sera indiquée pour la préparation des plaques de zinc ou de cuivre, et on plongerait en même temps, face à face dans une cuvette d’eau froide, le papier au charbon insolé avec le support flexible coupé de même dimension; après une minute d’immersion, on enlèverait les deux papiers mis en contact sous l’eau, pour les poser à plat sur une planchette ou sur une plaque de zinc, et on compléterait l’adhérence en frottant vigoureusement et en tous sens le dos du papier mixtionné avec la raclette en caoutchouc ; on placerait alors chaque double entre du papier buvard, sous pression pendant une demiheure environ, puis on développerait, comme il sera expliqué plus loin.

L’application du papier mixtionné sur le support flexible, temporaire ou permanent, peut également se faire de la même façon que sur le support rigide ; mais il faut alors laisser tremper ce support pendant quelques instants dans l’eau froide pour qu’il se distende aussi complètement que possible; on le pose ensuite à plat sur une planchette ou sur une glace, le côté imperméable en dessus, et on projette de l’eau de façon à ce que cette surface, qui repousse le liquide, en conserve assez néanmoins pour que le papier au charbon baigne partout lorsqu’on l’applique sur le support; on chasse l’eau et les bulles d’air avec la raclette et on met sous presse.

Le développement sur un support flexible dispense de collodionner, mais il faut frotter ce support avec la solution de térébenthine résineuse toutes les fois qu’on s’en est servi.

Page 1