OPÉRATION PAR SIMPLE TRANSFERT
pour faciliter le détachement de l’image lors du double transport.
La composition du papier de support servant au développement est si simple, que tout le monde pourra le fabriquer, sans inconvénient pour l’emploi journalier, d’autant plus qu’il ne peut guère servir que trois ou quatre fois.
Il suffira de placer, dans un ballon en verre, 75 grammes de stéarine concassée avec 500 c. c. d’alcool à 36 degrés, et de faire dissoudre au bain-marie; on ajoute ensuite à celte solution 10 à 12 grammes de résine rouge en poudre, puis on filtre sur une cuvette en porcelaine ou en tôle émaillée placée sur un vase d’eau chaude, pour que la solution se maintienne tiède pendant l’opération. On plonge alors dans ce liquide, pendant quelques secondes, des feuilles de papier très -fort et bien encollé, recouvertes d’un côté, au préalable, d’une couche d’albumine neutre coagulée par l’alcool ou par la vapeur d’eau, puis on les suspend pour sécher ; le côté de l’albumiiie, étant alors frotté avec un tampon de flanelle imbibé de térébenthine résineuse, comme il a été dit, est prêt à recevoir le papier mixtionné pour le développement.
La stéarine peut être remplacée avantageusement par de la gomme laque blanche additionnée de borax dissous dans l’alcool, dont on fait un vernis imperméable pour la préparation du papier de support.
On trouve dans le commerce du papier de ce genre trèsbien fabriqué, à un prix modéré, ce qui dispense de le faire chez soi lorsqu’on n’est pas organisé pour exécuter ce travail eu grande quantité.
Opération par simple transfert. — Lorsqu’on emploie des clichés pelliculaires ou retournés, qui permettent d’imprimer par le côté opposé au collodion, on peut éviter le double transfert; dans ce cas, l’opération est grandement simplifiée.
Il suffit alors d’appliquer sous l’eau la feuille de papier au charbon portant l’image contre une autre feuille de papier un peu plus grande en tous sens, enduite, d’un côté, d’une
couche mince de gélatine insoluble ou d’albumine neutre coagulée; aussitôt que le papier mixtionné a repris sa planimétrie, on enlève ensemble les deux feuilles mises en contact, on les pose à plat sur une planchette ou sur une glace, on place sur le tout un morceau de toile caoutchoutée et on frotte en tous sens, avec la raclette, pour chasser l’eau et les bulles d’air qui pourraient se trouver entre les deux papiers, absolument comme il a été expliqué lorsqu’on emploie la glace ou le support flexible ; on suspend pour sécher, puis on procède au développement de l’image, qui, dans ce cas, se trouvera dans son vrai sens et, en même temps, fixée sur son support définitif.
Le meilleur papier, pour ce genre de travail, est celui que nous avons décrit sous le nom de papier de transport gélatiné. Le papier albuminé donne à l’image un peu plus de brillant, mais elle est susceptible de jaunir plus vite que celle qui a pour support du papier gélatiné.
Les images développées sur support flexible ou sur papier gélatiné-aluné sont moins brillantes que celles qui ont été appliquées sur glace polie, mais elles sont moins mates et plus transparentes, dans les ombres, que les épreuves développées sur zinc grainé, sur cuivre ou même sur verre dépoli qui, elles, ont l’aspect froid des épreuves au sel d’argent imprimées sur papier salé.
Nous indiquerons plus loin le moyen de donner à ces images le brillant du papier albuminé, et même celui de l’émail; néanmoins, pour les images de petites dimensions, le développement par double transfert sur glaces polies, cirées et collodionnées, est celui qui donne les résultats les plus satisfaisants. Gomme nous l’avons dit précédemment, on peut se dispenser de collodionner les glaces sur lesquelles on veut développer les images demi-brillantes si on emploie, pour les transporter, le papier stucqué et gélatiné.
Préparation des plaques de cuivre ou de zinc pour le développement des grandes épreuves mates. — Les plaques de cuivre ou de zinc, dont on se sert pour le développement des images au charbon, sont