CHAPITRE III
A l'étude des nuages
Maintenant que nous connaissons la classification adoptée et que nous avons défini les nuages, étudions-les plus à fond.
La détermination de la position absolue d'un nuage peut se faire en mesurant au théodolite, de deux stations assez éloignées, Tazimut et la hauteur du même point d'un nuage. On en déduit alors, par une simple triangulation, la hauteur du point au-dessus du sol. Si on répète ensuite la même opération peu après et si on compare les deux positions, il sera facile de calculer la direction et la vitesse du mouvement du nuage en question. Le principe de cette méthode est donc des plus simples. Malheureusement, en pratique, son application offre de
grandes difficultés. Les stations doivent être reliées par le téléphone, afin que les observateurs puissent se concerter sur le point du nuage choisi comme repère. Malgré tout cette entente est peu aisée, et l'identité des points visés ne saurait être garantie avec précision. De plus, il n'est pas possible de la répéter pour plusieurs points, ce qui serait très désirable. Aussi, pour apprécier par ce moyen l'exactitude des mesures et obtenir une moyenne présentant quelque garantie, il faut mesurer à des intervalles très rapprochés la hauteur et la vitesse de plusieurs points d'un même nuage et comparer les résultats. C'est la méthode employée primitivement par les observateurs, entre autres par MM. Ekholm et Hagstrôm *. Elle est encore en usage dans plusieurs Observatoires et en particulier à Blue-Hill (Boston), mais on tend à employer de plus en plus la méthode photographique.
Il suffit, en effet, de photographier simultanément de deux stations assez éloignées la même partie du ciel, on obtient tout de suite l'image
1 Nous renvoyons pour les détails de cette ancienne méthode au mémoire publié par ces savants dans les Nova acta regiœ Societatis Upsaliensis^ série tertiae, vol. XIÏ, fasc. II. Upsal, 1885, in-4«.
des divers nuages compris dans cette région. On effectuera ensuite à loisir sur les plaques toutes les mesures d'azimut et de hauteur qu'on voudra pour certains points susceptibles d'être identifiés d'une façon infaillible sur l'un et l'autre des clichés.
Aussi, dans sa réunion d'Upsal (1894), à laquelle nous faisions allusion au chapitre précédent, le Comité international des Nuages n'a pas seulement décrété une classilication uniforme, il a demandé également aux principales stations météorologiques du monde de procéder à une série d'observations et de mesures photographiques des nuages. Depuis un an, elles sont poursuivies régulièrement chaque jour dans un certain nombre de stations : cinq en Europe (Suède, Norvège, Russie, France, Prusse), deux aux Etats-Unis, une aux Indes et une à Manille. Primitivement le Portugal, la Roumanie et sept autres villes des Etats-Unis avaient adhéré à ce programme. Enfin, prochainement des stations photogrammétriques seront installées en Hongrie, à Batavia et à Sydney ^
L' « année des nuages », comme on l'avait baptisée dans le monde savant, devait s'étendre
i Ciel el Terre, XVII« année. Bruxelles, 1896, in-8% p. 586.
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