AGRANDISSEMENT DES ÉP UVES
Appareils employés pour amplifier les épreuves négatives. — Système Woodward. — Appareil de Monckhoven. — Chambre solaire universelle. — La photographie à la lumière électrique.
Un des objets importants que s'est souvent proposé l'art de la photographie, c'est la production de clichés représentant un portrait de grandeur naturelle. Mais l'obtention d'un grand cliché de 1 mètre carré, par exemple, offre des difficultés pour ainsi dire insurmontables. Comment nettoyer assez parfaitement une glace d'une étendue aussi considérable, comment surtout y étendre le collodion, y verser le liquide révélateur? Avec les procédés actuels, on peut dire que de telles manipulations seraient complètement impossibles de la part même de l'opérateur le plus exercé.
Les meilleures conditions pour obtenir une image agrandie se rapprochant des dimensions de la nature, semblent consister dans l'agrandissement, par des appareils d'optique, d'un cliché de petites dimensions, obtenu avec le plus grand degré de perfection^
10(1 OPEHATIONS ET PROCÉDÉS l'IlOTOCUAl'IllQUES.
La méthode générale do rai>Tandissement consiste à projeter l'image d'un cliché négatif par la lentille d'un mégascope, sur un papier sensihilisé où elle se fixe. L'image, amplifiée comme celle d'une lanterne magique, se reproduit fidèlement sur le papier photographique.
L'opération, quoique fondée sur des bases théoriques très simples, offre dans la pratique des difficultés considérables et nécessite des appareils d'optique très bien construits. L'un de ces appareils a été imaginé par M. Woodward. Une grande caisse de bois contient le cliché, dont l'image, éclairée par un puissant faisceau de lumière solaire, est projetée, avec le degré d'amplification voulu, sur un écran où se trouve appliqué le papier photographique.
M. Monckhoven a perfectionné ce système en adaptant au mégascope une seconde lentille qui corrige l'aberration de sphéricité. Le cliché est soutenu dans un châssis (fig. 33); l'objectif destiné à produire l'agrandissement se trouve dans un tube de cuivre, et l'image amplifiée se peint sur un écran à quelques mètres de l'appareil.
Notre gravure représente l'ensemble de l'appareil, qu'il nous paraît utile de décrire avec quelques détails. On voit à la droite du dessin une cloison mince : elle sépare la chambre où l'on opère, de l'air extérieur. Cette chambre doit être exposée au midi. La cloison est ouverte par une entaille, où se fixe intérieurement l'appareil d'agrandissement. A l'extérieur on adapte un miroir-plan, incliné, dit porte-lumière. Cette surface polie, de cuivre argenté, est destinée à projeter un