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CHAPITRE V

LA PHOTOnHICROGRAPHIE

Les lunettes-breloques de l'Exposition universelle. — 450 députés sur une tête d'épingle. — Dispositions des appareils de pliotomicrographic. — Les sciences naturelles et la photomicrographie. — Ressources empruntées à l'héliogravure.

Le lecteur n'a pas oublié les étonnants produits de la photographie microscopique qui a fait son apparition aux Expositions universelles de 1859 et de 1867. Au palais de l'Industrie, on a vendu des milliers d'objets qui donnaient une idée prodigieuse de la ténuité que peuvent atteindre les épreuves photographiques. C'étaient de petites lunettes (fig. 43), où était contenu un carré de papier dont la surface n'excédait pas celle d'une tête d'épingle, et où se voyaient, à travers un verre grossissant, les portraits des 450 députés de l'empire.

La photographie arrive en effet h prendre le cliché d'une image rapetissée, mais elle est encore susceptible

Fig. -43. — Lunette-breloq ij de l'exposition de 1867.

de fixer les images amplifiées par le microscope. Avant d'étudier les photographies lilliputiennes, nous passerons en revue celles que d'habiles pratic-iens obtiennent aujourd'hui des images agrandies par le microscope. Nous examinerons les résultats de ce rpie les savants appellent photornicrographie.

La photomicrographie a rendu et rend chaque jour les plus grands services aux sciences naturelles. L'étude microscopique est fatigante, et l'œil ne saurait longtemps observer un objet à travers les verres grossissants de cet appareil. Grâce à la photomicrographie, le naturaliste peut avoir entre les mains des clichés représentant, sous un grossissement considérable, les infusoires, les grains de pollen, les organes les plus délicats de la dissection végétale ou animale. Sous ce rapport, cet art, né d'hier, doit être considéré déjà comme un précieux auxiliaire de l'investigation humaine.

Nous allons d'abord envisager la photographie micrographique au poinl de vue de ses applications aux sciences naturelles. Nous loferons avec l'aide d'un amateur distingué, aussi habile photographe que bon micrographe, M. Jules Girard, qui a bien voulu nous autoriser à puiser des documents dans les intéressants travaux qui lui sont dus^ La disposition des appareils de photomicrographie, nécessite des soins particuliers. « Aussi bien installé que soit un cabinet noir, dit M. Girard, il est indispensable qu'il satisfasse à des conditions multiples, qu'il est plus rationnel d'éviter en simplifiant et en réduisant les appareils. En adaptant un microscope

* La chambre noire et le Microscope. — Pliolomicrographie pratique, par Jules Girard. 1870.

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au J30iit d'une chambre noire que tout photographe possède, on n'a besohi d'aucun agencement particulier, parce que chacun de ces deux instruments, quels qu'ils soient, sont aptes à la production d'une épreuve. La chambre sera à soufflet, avec environ un mètre de tirage ; et de la dimension pour glace de 21 x27 environ, qui est plus que suffisante. Le format des glaces du commerce, étant plus haut que large, convient mal pour recevoir une image qui est toujours inscrite dans un carré, puisqu'elle est circulaire, lorsqu'on utilise la totalité de la surface du champ de projection : le rond est de plus caractéristique des épreuves microscopiques. Afin de ne rien changer à la destination de la chambre noire, on aura un châssis ou une série de châssis intermédiaires carrés, rentrant les uns dans les autres, du même temps qu'ils concordent avec le châssis négatif qui sert à la photographie ordinaire. Les glaces, ou verres àcollodion, seront ensuite coupées spécialement en carrés suivant deux ou trois grandeurs. La surface sensible est ainsi plus proprement et plus régulièrement couverte, et on y trouve économie de produits chimiques. Avec certaines glaces, comme celles en usage pour le stéréoscope, on aurait avantage à se servir d'un châssis multiplicateur donnant deux épreuves ensemble.

A la surface antérieure de la chambre noire, il existe généralement une feuille destinée à recevoir des planchettes mobiles garnies de rondelles d'objectifs différents; on fixera sur l'une d'elles, soit en la clouant, soit en la faisant tenir par simple compression, un cône en caoutchouc, pour opérer le raccordement du microscope avec la chambre noire. On [)0urrait aussi lui sub-

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stituer un étui en drap noir épais, attaché à la planchette par une rondelle métallique qui l'y ferait adhérer, et dont l'ouverture se relierait au tube du microscope à l'aide d'une coulisse et d'un cordon.

Il est d'une absolue nécessité que ce raccordement soit fait par un intermédiaire simple, afin de se prêter à tout mouvement de flexibilité : une simple ouverture dans la planchette laissant pénétrer le tube du micros-

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