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QIFiAr»U

Fig. 44. — Microscope incliné adapté à la chambre noire.

cope, établit une rigidité trop grande, car les deux instruments ont besoin d'être réunis l'un à l'autre tout en conservant leur paî' faite indépendance, afin d'éviter de se contrarier mutuellement (fig. 44). Le microscope est ainsi soustrait aux secousses inévitables imprimées à la chambre ; en réglant la mise au point et en retirant, même avec toute la précaution possible, le châssis qui

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contient la glace sensible, le plus petit choc apporterait une perturbation dans la rectitude de l'image.

Comme les chambres n'ont communément qu'un allongement insuffisant, on fixera sur une planchette du module des autres un cône métallique ou une pyramide en bois, dont l'extrémité tronquée recevra le raccord en caoutchouc ou en drap noir.

A la place de la chambre noire ordinaire, on pourrait substituer une simple boîte oblongue, munie d'un châssis, mais alors la distance focale serait invariablement la même.

Quoique le microscope soit identiquement analogue à ceux avec lesquels se font les observations, il importe de remplacer le tube ordinaire portant l'oculaire et l'objectif; il est impropre à cause de sa longueur, qui empêche l'expansion du faisceau lumineux. On lui en substituera un autre aussi court que le mécanisme afférent le permettra ; l'intérieur sera noirci avec un enduit mat, ou mieux revêtu de velours noir très fin, dans le but d'éviter les réflexions d'une surface polie.

On fait reposer la base, dont les constructeurs augmentent le poids naturel par une addition de métal pour donner plus d'assiette, sur un socle d'une hauteur réglée une fois pour toutes, combinée de façon que l'axe optique soit exactement dans la prolongation de celui de la chambre. L'appareil pourrait ainsi être monté sur une table ordinaire bien fermement placée, mais il est à remarquer que la hauteur donnée généralement aux tables d'ameublement n^est pas en rapport avec la commodité de l'opérateur, et le peu de hauteur est une cause de gêne et de fatigue. La meilleure manière, selon nous, de

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le placer dans une position convenable pour travailler à son aise, est de le faire reposer sur une tableUe de la largeur delà chambre, et d'une longueur d'environ 1"',50, montée sur des pieds solides, ayant une inclinaison intérieure pour donner plus de fixité (fig. 45) ; afin de compenser les inégalités qui sont fréquemment dans le plancher, il serait bon de les munir de vis à caler. Vers le milieu une tablette intermédiaire concourt à l'affermissement des pieds et devient aussi très utile pour

pig, 45. — Installation de l'appareil de pliotuniicrograpliie sur une tablette.

déposer les accessoires et menus objets pendant qu'on travaille, si l'on n'a pas d'autre table à sa portée. La hauteur sera réglée de façon qu'étant debout, on ait le centre du verre dépoli en face des yeux. Rester debout est peut-être un peu plus pénible que défaire les essais de mise au point assis sur le côté d'une table plus basse ; cependant on y gagne notablement dans la dextérité de ses mouvements. Dans le cas où l'allongement total de la

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chambre dépasserait fortement la longueur de la tablette qui la supporte, on l'affermirait avec une presse en fer placée latéralement, pour éviter un mouvement de bascule que pourrait provoquer la saillie de la queue de la chambre. Si la saillie était prononcée davantage, on

Fig. 4f). — Microscope vertical adapté à la cliarabre noire pour la pliotomicrographie.

mettrait un pied additionnel, ou un jambage incliné, ayant les pieds mêmes delà tablette pour pointd'appui. Comme cette installation ne comporte pas l'usage d'une longueur focale aussi prononcé que dans le cabinet noir photographique, ces moyens secondaires sont am-

'm LES APPLICATIONS DE LA l>ll()TO(iUAPIlIE.

plement suffisants; elle a le mérite de l'indépendance, donnant la facilité de se placer partout où l'on jouit d'un rayon de soleil. En n'abusant pas de l'allongement, on n'est pas gêné par l'obligation où l'on est d'avoir la tète cachée sous le voile devant le verre dépoli, en mettant en même temps la main tendue pour faire mouvoir la vis micrométrique pendant le règlement de la mise au point. Au besoin on aurait recours à un aide, qui agirait selon les indications de l'observateur. Voulant annuler cet inconvénient. M. de Brébisson s'est servi

Fig. 47. — Appareil pour la pholomicrographic à la lumière arlificieilo.

d'un miroir intérieur placé au fond de la chambre. On a alors le corps penché sur l'appareil, placé sur une table de hauteur appropriée, la tète cachée sous le voile, et la main droite plus libre pour tenir la vis. On a aussi imaginé un système de tringles avec vis de rappel ; mais mieux vaut encore une position un peu gênante à laquelle on* finit bientôt par s'habituer, que de recourir à des mécanismes destinés à agir de loin, et par cela même souvent défectueux, car la sensibilité d'une vis

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micrométrique s'accommode mal de ces moyens, dont la précision, malgré toute sa qualité, ne vaut pas l'action libre et directe de la main. »

On peut donner au microscope la disposition verticale, comme le représente la figure 46. V est la vis destinée à la mise au point, 0 représente le support de l'objet il amplifier, placé en regard de l'objectif A. 11 est

Fig. 49. — Fnc-similé de la photomicro- Fig. 50. — Bois de sapin,

graphie de coupes d'une tige de roseau.

préférable de se servir du système que nous avons décrit précédemment.

L'appareil de photomicrograpliie étant bien disposé, il faut donner tous ses soins à l'éclairage, qui offre pour ce genre d'opérations une importance capitale. Dans certaines conditions, la lumière du soleil peut être remplacée par une lumière artificielle produite par la

combustion du magnésium ou par l'arc Yoltaïque engendré par l'électricité (fig. 47).

Nous n'entrerons pas dans les détails de la pratique opératoire, analogue à celle que nous avons décrite dans la seconde partie de cet ouvrage ; nous nous bornerons

Fig. 51. — Diatomées groiipccs.

à parler des résultats que l'on doit à cette branche de l'art photographique.

Les tissus des plantes, les insectes, les merveilles du monde invisible, que l'œil regarde avec fatigue dans le microscope, sont fixés sur le collodion avec une préci-

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sion inconnue au dessinateur le plus scrupuleux. — La figure 48 donne le portrait d'une puce, photographiée après son agrandissement par les verres du microscope. La gravure a été faite de manière à reproduire fidèlement la photographie qui en a été prise par les procédés que nous avons exposés dans ce chapitre.

On trouve (fig. 49) la reproduction d'une autre photographie de coupes opérées dans une tige de roseau ; on voit en a la coupe transversale de la tige, et en h la coupe longitudinale. A côté (fig. 50), nous plaçons sous les yeux du lecteur la coupe d'un bois de sapin représenté de la même manière.

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En unissant les proccklés cfliéliogravurc h ceux de la ])liotoniicrograj)liie, on est arrivé à transformer en clielié typographique la pliotogiaphie directement ol)teruie sur l'objet à amplifier.

La figure 51 est un cliché d'héliogravure qui a été pris sur la photographie de diatomées. Elle représente ces êtres infiniment petits sous un grossissement de

Fig. 55. — Épiderme d'une Larve de Tipule (héliogravure).

450 diamètres. Cette gravure est la représentation mathématique de l'image donnée par le microscope. Ces organismes étonnants que l'on rencontre en nombre incalculable fixés à la surface des algues, ou des cailloux arrosés par les eaux minérales, et qui, en réalité, sont plus petits que la plus petite piqûre faite avec la plus

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line aiguille, sont figurés ci-contre par l'Iiéliogravure, tels que la nature les a créés.

La photographie en a fixé l'image amplifiée par le microscope sur le collodion; elle à servi ensuite à former la planche en relief qui nous a permis de l'insérer dans cet ouvrage. Cette planche a été faite par l'héliogravure sur une belle épreuve photomicrographique de M. Jules Girard. Il en est de même des deux autres dessins (fig. 52 et 53) représentant le premier la constiti;tion d'un fanon de baleine, le second l'épiderme d'une larve de chenille (Tipule).

Ces exemples nous semblent de nature à mettre en évidence les ressources immenses que les sciences naturelles sont susceptibles d'emprunter aux procédés de photomicrographie .

Si le microscope rend les plus grands services aux sciences naturelles, son emploi n'est pas moins précieux en ce qui concerne les sciences physiques et particulièrement la chimie. L'examen microscopique de certaines substances permet en quelque sorte d'en faire l'analyse avec une rapidité et une sûreté que ne présenteraient pas souvent les méthodes basées sur l'emploi des réactifs, quand il s'agit surtout de certaines matières organiques. Le chimiste a-t-il par exemple à s'assurer de la pureté d'un échantillon de fécule du commerce, il jette une petite pincée de la substance qu'il veut examiminer dans un peu d'eau distillée, il agite à l'aide d'une baguette de verre, et à l'extrémité de cette baguette il transporte une goutte du liquide ainsi formé sur une lamelle de verre qu'il soumetà l'examen microscopique. Il peut alors considérer l'ensemble des grains de fécule

qui ont tous une forme ovoïdale caractéristique ; si le falsificateur a mélangé la substance d'une poudre formée de gypse porphyrisé par exemple, cette substance trahira immédiatement sa présence par l'apparition de grains angulaires et d'aspect cristallin. Le café, le chocolat, le poivre, le lait, etc., ainsi examinés au microscope, sont immédiatement analysés par un observateur habitué à étudier de la sorte les différentes espèces de ces substances et les produits qui servent le plus communément à les falsifier. C'est le microscope qui permet de découvrir les triehines dans la viande de porc ; c'est lui qui sert encore fréqueniment à déterminer la nature d'un sel que l'on voit cristalhser dans la goutte d'eau placée dans le porte-objet de l'instrument.

L'inspection microscopique faite directement comme nous venons de l'indiquer, offre l'inconvénient de ne point laisser de trace durable des observations auxquelles elle a donné lieu. On comprend toute l'importance que doit offrir 1« photographie de l'image amplifiée d'un objet soumis à l'examen. Si un chimiste a vu des trichines dans une viande de porc, non seulement ilpourra affirmer que l'observation en a été faite au microscope, mais il lui sera possible de montrer des épreuves photographiques du cliché qu'il aura obtenu directement, et de multiplier ainsi, en les fixant d'une manière permanente, les preuves matérielles de son analyse.

Nous avons récemment visité le Laboratoire de chimie municipal où, grâce à l'obligeance de M. Ch. Girard, directeur du Laboratoire, et de M. Pabst, nous avons eu occasion de voir fonctionner plusieurs appareils de pho-

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tograpliie microscopique, qui sont, croyons-nous, ce qu'il y a de plus complet dans ce genre d'installation. Ces systèmes sont nouveaux ; ils peuvent être employés pour les études microscopiques de tous genres. Aussi nous semble-t-il intéressant de les faire connaître.

Le système de photographie microscopique le plus simple consiste à appliquer directement une petite chambre noire photographique ordinaire à l'oculaire d'un microscope placé verticalement comme lors de Tobservation directe. L'éclairage est obtenu à l'aide d'un rayon de lumière oxhydrique ou de lumière électrique projeté sur le miroir.

On transforme d'abord l'image virtuelle en image réelle en déplaçant l'oculaire. Dans le microscope, l'image fournie par l'objectif se forme dans l'intérieur de l'oculaire en avant du verre oculaire, entre lui et son foyer. Si on recule l'oculaire de sorte que l'image formée par l'objectif soit entre le foyer du verre oculaire et son centre de courbure, l'image se forme alors de l'autre côté du verre oculaire, elle devient réelle, et on peut la recevoir sur un verre dépoli. On ajuste alors la chambre noire et on met au point.

L'autre méthode, due à M.Vogel, de Berlin, consiste à chercher l'image virtuelle, située dans le microscope, au moyen d'une chambre noire, avec son objectif à court foyer ; on sait que l'image se forme virtuellement en avant de l'oculaire, à 0''',12 ou 0™,18 environ, suivant le grossissement du verre oculaire. L'objectif photographique est presque en contact avec l'oculaire du microscope.

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Ces deux méthodes s'appliquent à un microscope ordinaire, placé dans une pièce rpielconque, cabinet de travail ou laboratoire.

Le troisième système, que nous allons décrire et que représente la figure 54, nécessite une organisation toute spéciale dans un cabinet noir installé pour son fonctionnement. Il permet de prendre la photographie d'un objet à plusieurs plans, et s'applique très bien notamment aux coupes histologiques, trichines, cristaux, etc.

Le microscope placé horizontalement est représenté au milieu de notre figure ; à droite est la chambre noire photographique, dont l'objectif est rehé à celui du microscope par l'intermédiaire d'un long tuyau ; à gauche est fixée sur une planchette la lampe oxhydrique ou électrique. L'éclairage oxhydrique sert pour obtenir des clichés avec des grossissements de 500 diamètres ; au delà jusqu'à 800 diamètres on emploie la lumière électrique.

L'appareil dont nous parlons ici est basé sur ce principe que les pinceaux lumineux avec une grande distance de foyer conjugué deviennent presque parallèles et que les points situés dans les plans voisins du plan focal se reproduisent par des points à peine plus gros que ceux du plan focal.

Il est installée poste fixe dans un cabinet noir muni de tous les accessoires nécessaires aux opérations pliotographiques, cuvettes, robinets d'eau pour les lavages, etc., et les opérateurs qui s'en servent en obtiennent des résultats excellents par les nouveaux procédés au gélatino-bromure d'argent;

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Nous avons feuilleté, au Laboratoire de chimie municipal, un album photographique très remarquable, où Ton voit de très bonnes épreuves des photographies microscopiques de chocolat, de farine, de poivre, de café, de lait, de trichines et des principales substances aUmentaires, pour l'analyse desquelles il y a intérêt à faire usage du microscope .

Il serait intéressant de publier ces photographies ou tout au moins d'en faciliter la vulgarisation. Elles serviraient de types aux amateurs très nombreux qui, possédant un microscope, voudraient s'assurer de la pureté des substances alimentaires dont ils font usage, farine, lait, chocolat, café, thé, etc. Ils auraient sous les yeux le portrait exact de ces différents produits exempts de tout mélange, et ils seraient à même par des comparaisons faciles à faire, de s'assurer de la bonne qualité des substances alimentaires consommées dans leur ménage. On ne saurait trop recommander, sous ce rapport, l'emploi d'un microscope : nul instrument n'est mieux fait pour montrer ce que l'on nous permettra d'appeler le bout de V oreille du falsificateur.

Si le praticien sait aujourd'hui fixer l'image d'un objet imperceptible, agrandi par le microscope, il peut aussi, comme nous allons le voir, faire l'opération inverse, c'est-à-dire photographier l'image d'un objet réduit à des dimensions lilliputiennes. Les lunettes-breloques, dont nous avons dit un mot précédemment, ont d'abord offert un spécimen un peu futile de cette dernière application, qui devait plus tard donner naissance aux dépêches photographiques du siège de Paris.

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