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SES APPLICATIONS AUX SCIENCES ET A L'ART

Les épreuves photographiques instantanées ne sont pas dues aux découvertes des dernières années. Il y a déjà plus de trente ans que Daguerre (1810) et Talbot (1811) photographiaient l'homme en mouvement. Il est hien vrai que les résultats obtenus étaient médiocres, mais pouvait-on attendre beaucoup des objectifs peu lumineux et d'un procédé photographique fort peu sensible ?

Le procédé au collodion inventé vers 1850 par Le Gray et amélioré par Archrr surpasse de quinze à vingt fois, en sensibilité, le procédé de Daguerre. Aussi, ne doit-on pas être surpris de constater qu'à cette époque les épreuves instantanées n'étaient pas rares.

A l'Exposition universelle de Londres de 1802, les visiteurs

purent en admirer de nombreuses, en même temps que les appareils qui avaient servi à les obtenir.

Nous en possédons qui ont été faites à cette époque par Valentine Blanchard; elles reproduisent des voiliers en pleine course, des scènes de rue, le va-et-vient d'un pier-embarcadère , etc. D'autres épreuves, dont les négatifs furent obtenus par Sayce au moyen du procédé au collodion, retracent avec netteté le mouvement des vagues ainsi que la silhouette d'un steamer.

Mais il n'était pas donné au Collodio-bromure d'argent de réduire le temps de pose autant que le fait le Gélatino-bromure d'argent.

Un pas énorme fut fait dans la préparation de plaques extrêmement sensibles, par la découverte de l'émulsion au gélatino-bromure d'argent; procédé que nous devons à un photographeamateur, le Dr Maddox (1871).

Ces plaques (plaques sèches) donnent des couches vingt à trente fois plus sensibles que celles obtenues par le procédé au collodion ; elles sont sèches, se conservent longtemps et plusieurs mois peuvent s'écouler entre l'exposition et le développement sans que ce dernier en souffre.

Grâce aux couches aussi sensibles et aux nouveaux objectifs si lumineux, la photographie instantanée fît des progrès immenses.

Dans le principe, pour les expositions rapides, on eut recours à l'objectif à portrait construit sur les données de Petzval. Cet objectif possède un pouvoir lumineux n'ayant pas encore été surpassé par les combinaisons nouvelles, mais il a, malheureusement, peu de profondeur de foyer, et ne rend pas, avec la même netteté que les objectifs construits actuellement, les divers plans d'un sujet.

M. Steinheil, de Munich, présenta vers 1879 son Aplanat pour groupes et en 1881 son Antiplanat. M. R. von Voigtlander de Brunswick fit connaître en 1878 X'Euryscopc. D'autres opticiens étudièrent de nouvelles combinaisons en vue d'obtenir en même temps qu'une grande profondeur d'image, une luminosité considérable.

Vers 1883, de nombreux perfectionnements, apportés aux obturateurs instantanés, par MM. Hunters et Sands, Thury et Amey, vinrent s'ajouter à ces objectifs améliorés.

Jusqu'en 1880, la photographie instantanée, reconnue comme produisant des épreuves très curieuses, fut employée pour animer les tableaux de genre.

Des épreuves exceptionnelles comme dimensions, richesse de détails, difficultés d'exécution (hommes et animaux en course et au saut) furent faites par le peintre LüGARDON de Genève (1883). On devra citer encore Bolssonas de Genève (portraits d'enfants, fauves, lions et tigres), Uhlenbach de Coburg, Newton de New- York (marines), Grassin de Boulogne (marines, études de vagues, train pris en marche).

Les premières épreuves de la foudre furent faites par un autrichien M. R. Haensel de Reichenberg (1883). Le Dr Kayser de Berlin fut assez heureux (1881) d'obtenir une grande épreuve d'un éclair frappant le sol.

Le professeur Mach de Prague (1884) qui parvint à photographier les ondes sonores, fut le premier qui obtint nettement, l'image d'une balle de fusil en mouvement.

M. Marey photographia la trajectoire d'un corps qui tombe, ainsi que d'autres phénomènes physiques.

AI. Muybridge fut le premier qui, encouragé dans ses travaux par le gouverneur Stanford, photographia vers 1877 les hommes et les animaux en mouvement.

De nombreuses séries prises rapidement permirent de faire des observations scientifiques.

Après MUYBRIDGE, l'académicien Marey, l'éminent physiologue français entreprit, grâce à son fusil photographique, l'étude du vol des oiseaux (1882).

Charcot (1883) se sert de la photographie instantanée pour étudier les phases des diverses maladies nerveuses.

A une époque plus récente (1882), M. Ottowar Anschutz de Lissa entreprit en Allemagne la photographie instantanée scientifique. Cet habile praticien, obtint avec une rare perfection, non seulement des épreuves isolées d'hommes et d'animaux en mouve-

ment, mais encore depuis 1885, il parvint à obtenir des séries complètes de ces mouvements, séries qui ont une réelle valeur scientifique.

Nous décrirons plus loin les travaux d'autres expérimentateurs et chercheurs dans le domaine de la photographie instantanée, tels que la photographie en ballon, etc.

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