I. — La Chambre noire et les Objectifs
La photographie instantanée n'exige pas de chambre noire spéciale; le modèle ordinairement employé peut servir. Seulement il est à remarquer que, destinée à être employée en voyage ou en excursion, la chambre sera construite aussi légèrement que possible sans toutefois en sacrifier la solidité. Elle sera donc assez légère et assez compacte pour qu'un homme puisse la porter avec un certain nombre de plaques sensibles, sans trop de fatigues. La figure 1 nous montre un type fort connu, construit un peu partout.
La chambre noire munie de châssis, objectif, obturateur, voile, etc., se place dans un sac ad hoc, qui se porte sur le dos. Le trépied, très stable, replié et réduit à sa plus simple expression, renfermé dans une gaine, se porte à la main ou se boucle sur le sac. Ces chambres Figui'e »• " Appareil de voyage' s'achètent chez tous les fabricants et marchands d'accessoires pour la photographie, leur prix varie de fr. 150 à 300. 11 ne
faudrait pas songer à se livrer à des travaux sérieux avec des appareils d'un prix beaucoup inférieur, la construction devant nécessairement se ressentir d'un abaissement trop considérable du prix. Lorsqu'on opère, l'appareil devra être tantôt monté, tantôt descendu , l'arrière devra être déplacé afin de prendre correctement l'image. La construction permettra aussi de prendre la vue en hauteur et en largeur.
s'occupent de photographie instantanée, on peut indiquer les produits des maisons Jonte, Mackenstein et Enjalbert en France, Wanaus en Autriche, Shew, Hunter et Sands, Meagher , Rouch , Watson , etc. , en Angleterre , Hofmans en Belgique, parce que, tout en étant d'une construction ingénieuse et d'un volume compacte, ils jouissent d'une grande solidité.
La figure 2 et la figure 3 nous représentent une chambre noire
construite par M. Wanaus de Vienne (Autriche), vue de face et vue de côté.
Le trépied a est en trois parties dont les points pliants sont consolidés par des bandes de laiton b, Sur le plateau du trépied se trouve vissé en saillie un anneau en zinc qui correspond à un autre anneau en creux placé sous le chariot de la chambre, permettant à la vis d'attache de saisir rapidement le chariot et de le
Figure 3. - Chambre noire.
fixer. Le devant c de la chambre est mobile ; au moyen de la vis à pignon k qui mord dans une crémaillère, il peut être amené en arrière ou être porté en avant.
La vis h est double, elle se compose de deux vis distinctes dont les têtes sont de diamètre différent. L'une d'elles munie d'un pignon prend dans la crémaillère et sert à avancer ou à reculer le devant de la chambre. Lorsque celui-ci est amené à la position désirée, la seconde vis remplit les fonctions d'écrou et, par le serrage, cale l'appareil.
En lâchant la vis calante f, on peut faire, au moyen de la vis l, basculer tout le système. La pointe de la plaque de laiton par laquelle passent toutes ces vis sert d'aiguille et indique sur un cercle gradué le degré d'inclinaison ou la verticale lorsqu'elle est au o.
Si on désire monter ou descendre la planchette dentelée de l'objectif, on desserre la vis h et les deux mouvements se font par la vis à pignon g. En cas d'une descente assez considérable de l'objectif, la partie i peut être rabattue.
La partie postérieure de la chambre portant le verre dépoli est également mobile; elle est montée sur de fortes plaques à pattes en laiton qui prennent sur le côté du chariot. En serrant la vis k, ces plaques se rapprochent de ce dernier et le calage s'opère. Relâchée, la vis k permet une mise au point approximative à la main, mise au point qui s'achèvera plus tard par le pignon se trouvant sur le devant de la chambre.
Cette partie antérieure est assez large pour pouvoir loger un châssis double. Après la mise au point, on place derrière ce châssis la glace dépolie. Celui-ci prenant la place de sa devancière présente dès lors la surface sensible au foyer.
Deux crochets M et M% maintiennent la glace dépolie l ou le châssis dans le plan déterminé du foyer. Le soufflet est en cône, ce qui permet de le réduire à une petite épaisseur. La figure 3 montre l'arrière de la chambre. L'arrière peut être séparé de sa base qui se divise en deux parties. La vis n mouvant la partie o, fait écarter les lames de laiton qui s'y trouvent fixées; l'arrière devenu libre peut alors être tourné dans le sens de la flèche tandis que le soufflet se déplace au moyen d'une rondelle tournante. La chambre est encore améliorée par un mouvement rotatif vertical permettant de rapprocher de l'objectif, tantôt à droite, tantôt à gauche, le verre dépoli. Pour replier la chambre, on réunit la partie de l'avant à celle de l'arrière, on relève au moyen des crochets M , le chariot articulé qui vient faire corps avec la chambre. La petite boîte ainsi formée se place avec les châssis doubles dans un coffre. Ces châssis doubles sont fabriqués au moyen de profils en bois et de volets en
carton recouverts de toile; ils sont légers et d'une solidité à toute épreuve.
Letiépied se porte comme une canne sur l'épaule. Il arrive généralement que lorsqu'on désire prendre des instantanées qu'il faut préparer l'appareil un certain temps à l'avance. Le volet du châssis est ouvert, l'obturateur est armé et on n'attend plus que le moment propice pour exposer. Dans ces conditions la couche sensible est exposée à se voiler, car quelque parfaite que soit la construction de tous les organes de la chambre, il y aura toujours une petite ouverture qui laissera passer un faible filet de lumière. Pour éviter l'influence néfaste de celle-ci, on fera bien de couvrir la chambre noire d'une enveloppe imperméable [ßg. 1 et ftg. 5).
Figure -1. Chambre protégée. Figure 5.
Il serait bon de prendre la même précaution pour les châssis. Ainsi protégé, l'appareil peut être tenu à l'affût même en plein soleil, sans que l'on ait à redouter le voile.