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De la pose et de l'éclairage du modèle

Pose du modèle. — Connaisseurs el praticiens plus autorisés que nous, en fait de Photographie artistique, ont déjà traité dans la Bibliothèque photo graphique ( ^ ) la partie concernant la pose et l'expression à donner au modèle. En Photographie judiciaire, pour voir apparaître une solution nette

(') Paris, Gauthier-Villars et fiist

EXI^GUTÏON d'un PORTRAIT JUDICIAIRE. 7

et précise, il suffit de mettre de côté toute considération esthétique et de ne s'occuper que du point de vue scientifique et plus spécialement policier.

Les réflexions que nous allons rappeler dans les lignes suivantes n'ont d'ailleurs aucune prétention à la nouveauté et sont aussi vieilles que l'art. Les découvertes de la Science contemporaine permettent simplement d'en donner une démonstration plus rigoureuse.

Tous les amateurs de Photographie connaissent la belle série de clichés instantanés que M. Nadar fils a réussi à prendre dans le cours d'une interview avec Ghevreul, lors des fêtes de son centenaire. Sans préoccupation sur le maintien et l'expression, en simples visiteurs, les personnes sont installées en face l'une de l'autre, devisant tranquillement sur des questions scientifiques et philosophiques qui leur étaient le plus familières. Un sténographe, adjoint aux opérateurs, enregistrait les paroles échangées en soulignant le mot précis qui était prononcé au moment de chacun des déclenchements successifs.

Voilà, certes, une des plus intéressantes collections de photographies humaines qui aient été produites depuis l'emploi du gélatinobromure d'argent.

Supposez maintenant que vous soyez admis à garder comme souvenir, parmi cette collection d'épreuves, une d'entre elles comme photographie

type de M. Chevreul. Il est évident que votre choix ne portera pas sur les poses excentriques, extraordinaires, qui ne durent qu'une fraction de seconde et qui, par cela même, échappent à la rapidité de perception de l'œil. Ce seront, croyons-nous, les poses de demi-repos, celles qui sont représentées le plus grand nombre de fois dans la série, qui reproduiront le plus exactement l'image mentale et idéale dont vous désirerez conserver par devers vous un exemplaire.

Le problème ressemble fort à celui soulevé par les photographies de chevaux de M. Marey et de ses imitateurs. On est maintenant unanime à reconnaître l'erreur de certains peintres qui, pour serrer la nature de plus près, ont osé transporter, sans choix dans leurs compositions picturales, les combinaisons extraordinaires de mouvement révélées par la Photographie instantanée. Nous avons beau être prévenus et même intimement convaincus que les poses excentriques que l'on nous met sous les yeux sont calquées sur la nature même, notre intellect dérouté n'arrive pas, malgré tous ses efforts, à y retrouver l'allure qui, jusqu'à ce jour, caractérisait le cheval à nos yeux. L'image soumise à notre examen nous impressionne d'autant moins au point de vue esthétique, qu'elle nous intéressera davantage sous le rapport scientifique.

Le peintre de portrait aboutit forcément au même travail de composition après les longues

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