UTILISATION D UX PORTRAIT JUDICIAIRE
de l'opérateur sera défaire disparaître la retouche. Il suffira généralement, pour effacer cette dernière, de frotter légèrement le cliché 'avec une touffe de coton cardé imbibée d'essence de térébenthine. Il faudra d'autant moins hésiter à la détruire qu'elle aura été plus artistement faite et aura davantage amélioré le portrait.
Doit-on attribuer l'absence d'un signe à la trop grande opacité des noirs d'un cliché dont on est en possession, il pourra être utile, pour fournir au tribunal une preuve matérielle de l'existence du signe contesté, de faire tirer une double épreuve du même cliché : une très légère, avec une exposition très courte, où les blancs du cliché à peine traversés apparaîtront avec tous leurs détails; l'autre très poussée, où les mêmes blancs entièrement traversés apparaîtront sur l'épreuve en une masse noire uniforme, mais oùj en revanche, les noirs partiellement décalqués laisseront apercevoir la cicatrice révélatrice.
Les avantages de ces deux images peuvent être réunis sur une seule épreuve en ayant recours au papier gélatinobromure ('). Une solarisation modérée, amenée en doublant et même quadruplant le temps de pose, produit un renversement partiel des tons qui tend à égaliser sur l'épreuve les blancs avec les noirs. Le luxe de détails que l'on obtient
(1) Voir page 69.
3o • CHAPITRE H.
ainsi rachète amplement les teintes jaune verdâtre plus ou moins déplaisantes que prend l'épreuve solarisée.
L'examen à la loupe soit de l'épreuve, soit mieux du cliché donnera également d'utiles renseignementSj mais dont il ne faut pas s'exagérer la portée. L'image grossie au delà de trois à quatre diamètres ne laisse percevoir en plus que le grossissement des mailles du papier ou de la gélatine. Restreint dans ces limites, on ne découvre guère à l'aide de la loupe que ce qu'on aurait pu voir sans elle. Il est pourtant indiscutable qu'on apprécie mieux le détail et que l'œil armé de la loupe arrive à trouver des marques qui, quoique visibles à l'œil nu, auraient peut-être échappé à un premier examen. L'emploi de la loupe rendra aussi quelques services pour rechercher sur un portrait l'indice d'une retouche que l'on soupçonne masquer un signe. Il va de soi, d'ailleurs, que la granulation caractéristique de la retouche n'implique pas la présence nécessaire du signe recherché, mais seulement la possibilité de son existence.
En résumé, l'identification entre deux photographies commerciales est toujours une opération très délicate. Certes, les cas sont nombreux où une divergence radicale de formes permet d'affirmer la non-identité d'une façon absolument certaine; mais le doute peut subsister pour quelques-unes. Quelle que soit la ressemblance de deux épreuves,
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il est impossible de se prononcer catégoriquement en absence de marques particulières indiscutables ou d'un signalement anthropométrique. Les ressemblances de famille très fréquentes entre frères doivent suffire pour inspirer une certaine réserve dans les conclusions.
Lorsque les dissemblances physionomiques entre deux photographies sont accrues par des changements de coupe de barbe et de cheveux, on se trouvera quelquefois bien de couvrir l'emplacement du système pileux de chaque image au moyen d'un masque de papier (P/. IV) découpé de façon à ne laisser voir que les parties semblables.