‹ La Photographie judiciaire, avec un appendice sur la classification et l'identification anthropométriquesChapitre 16 sur 50 · Identification avec un souvenir · texte numérisé non relu

Identification avec un souvenir

Les règles que nous avons données précédemment, ainsi que les notions acquises par l’expérience ou l’étude, perdent presque toute leur valeur quand l’épreuve photographique doit être maniée et examinée par des profanes, public, témoins, etc., qui ont à se prononcer surlaressemblance d’une photographie avec un individu qu’ils ont vu ou connu A. B. 4

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antérieurement et dont ils ont gardé le souvenir.

Un crime vient d’être commis par un inconnu qui, aussitôt son forfait accompli, a réussi à prendre la fuite. Certains indices amènent la Police à soupçonner un individu déterminé dont elle arrive à se procurer la photographie. On comprend aisément les progrès qui en résulteraient pour l'instruction si, cette photographie venant à être reconnue, la présomption se changeait en certitude ; ou, inversement, si des dénégations formelles la faisaient définitivement écarter.

Autre hypothèse : un inculpé vient d’être arrêté ; il s’agit de rechercher les personnes dont il est connu ainsi que les localités qu’il a habitées antérieurement, et où peut-être il a préparé son méfait; ou bien encore, il invoque un alibi dont il importe de contrôler rigoureusement la véracité.

On enverra sa photographie sur les lieux plutôt que d’y transporter l’individu même. C’est plus économique, les dangers de l’évasion sont écartés et l’accusé n’est tenu au courant des progrès de l’enquête qu’autant que l’instruction trouve à propos de l’en informer.

Comment se servir de l’épreuve judiciaire pour en tirer tous les avantages attendus? Gomment assurer la reconnaissance des portraits présentés? De quelles précautions faut-il s’entourer pour ne pas susciter de réponses erronées?

UTILISATION D’UN PORTRAIT JUDICIAIRE. 3g

Un des moyens les plus usilés et des plus connus est de mêler la photographie visée avec d’autres et de présenter le tout aux témoins. Si ces derniers en font le tri sans hésitation, s’ils séparent immédiatement, pour ainsi dire, le bon grain (!) de l’ivraie, la preuve sera péremptoire.

Mais il arrivera très souvent que, malgré la justesse des soupçons, aucune des photographies présentées ne sera reconnue d’emblée, ou même que des affirmations hésitantes se porteront à faux sur les épreuves que l’on y avait ajoutées au hasard.

Il faut alors rejeter ces dernières pour concentrer l’attention sur la seule intéressante, en énumérant les renseignements accessoires que l’on a pu réunir sur la couleur des yeux, du teint, de la barbe et des cheveux. Certaines nuances de cheveux roux ou blond ardent changent souvent complètement le caractère d’une figure en Photographie; car on sait qu’elles y sont rendues par des tons se rapprochant plus ou moins du brun, tandis que notre œil se les représenterait plus volontiers au moyen de tons clairs. *Les questions relatives à la forme et aux dimensions des épaules, à l’ossature et à la corpulence (cette dernière appréciée au-dessus des hanches, vulgo tour de la taille), viendront ensuite, car souvent le portrait peut en donner une idée fausse.

L’importance de ces renseignements est telle que

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