CHAPITRE II
vu à i 5 m de distance ne laisse dans notre mémoire qu’une image minuscule où il nous serait impossible de séparer la figure du corps.
Ces considérations nous amènent à parler de la distance maximum à laquelle un témoin ayant une vue normale peut reconnaître une personne. Nous trouvons dans le Traité de Médecine légale de Legrand du Saule le résumé d’une étude intéressante du D r Vincent sur ce sujet :
La réponse à cette question dépend d’un certain nombre de circonstances, comme du degré de connaissance que l’on a des individus, de la manière d’être plus ou moins accentuée de leurs caractères, soit de totalité, soit partiels, de l’éclairage, des couleurs, des contrastes, etc.
Les caractères qui font reconnaître une personne à distance appartiennent soit à la totalité du corps, comme la stature, l’habillement, les allures, soit à la tête, comme la coiffure, le système pileux, la barbe, le volume et la forme du crâne, les particularités de la face, la saillie des yeux, du nez et du menton, etc.
Le D r Vincent divise les personnes à reconnaître en trois catégories :
Première catégorie. — Les personnes que nous connaissons parfaitement, que nous voyons très souvent et avec qui nous avons de fréquentes relations et dont les caractères de totalité nous sont très familiers.
Si les caractères de totalité sont très accentués (stature élevée, singularité d’allures, excentricité de l’habillement), ces personnes - peuvent être reconnues, à la lumière du jour, à une distance plutôt inférieure que supé-
UTILISATION d’un PORTRAIT JUDICIAIRE. 45 rieure à ioo m . Au delà de i5o m , il est très difficile de reconnaître la personne la mieux, connue. Si les caractères de totalité sont peu accentués, la distance à laquelle on peut reconnaître un individu varie de 4o m à 8o m , en moyenne 6o m .
Deuxième catégorie. — Les personnes que nous connaissons moins, que nous voyons peu souvent, dont les caractères de totalité ne nous sont pas familiers, ne peuvent être distinguées au delà de 25 lu à 3o m .
Troisième catégorie. — Les personnes vues une fois seulement sont très difficiles à reconnaître. Il faut, dans ce cas, distinguer les traits de la face, ce qui ne peut se faire qu’à une distance de i5 m et au-dessous. Dans ce cas, les caraclères de totalité sont insuffisants, à moins d’une excentricité hors ligne.
Le mode d’éclairage de la personne ou de la chose observée présente aussi un certain intérêt.
Ainsi l’éclairage direct par le soleil donne une vue distincte plus nette et à une plus grande distance des objets ou des personnes, lorsque l’observateur est plongé dans la lumière diffuse uniforme duyour : le contraire a lieu lorsque l’observateur est dans un milieu fortement éclairé, et ce qu’il voit dans la lumière diffuse.
A la clarté de la lune, l’homme ne peut être reconnu qu’à une distance très faible et variable suivant l’époque de l’évolution lunaire : a m à 6°> au premier quartier, suivant la catégorie de la personne à reconnaître; de y™ à io m à la pleine lune. Il est difficile de reconnaître par. le plus beau clair de lune la personne la mieux connue au delà de i5 m à i6 ,u .