‹ La Photographie judiciaire, avec un appendice sur la classification et l'identification anthropométriquesChapitre 34 sur 50 · ATELIER DE PHOTOGRAPHIE JUDICIAIRE · texte numérisé non relu

ATELIER DE PHOTOGRAPHIE JUDICIAIRE

2. Atelier de pose. — Guérite spéciale pour le chargement et le déchargement des clichés.

L’installation de l’atelier de pose G et des laboratoires J, K, L, M a été l’objet de dispositions toutes particulières en vue de la Photographie judiciaire; aussi croyons-nous utile d’en donner une description plus détaillée (voir la Planche en frontispice).

Nous y remarquons en premier lieu l’emplacement O, spécialement réservé au maniement des plaques, avant et après leur exposition, derrière l’objectif. Le problème à résoudre consistait ici à assurer une grande rapidité dans l’échange des glaces exposées avec celles à exposer.

Le chargement et le déchargement se font dans une espèce de guérite placée dans le laboratoire à développement, contre la cloison de l’atelier de pose. Un rideau, qui tombe derrière le dos du chargeur, achève de l’isoler du laboratoire obscur. On peut dire de lui qu’il est ainsi placé dans l’obscurité de l’obscurité, à l’exception d’un peu de lumière rouge provenant d’une ouverture sur l’atelier de pose et qu’un abat-jour concentre sur sa tablette. Cette planche, qui lui sert de table, est munie en dessous d’un tiroir (fig- 4) 5 divisé en deux par un G,

Guérite et,tiroir pour lé chargement et le déchargement des clichés.

montant perpendiculaire à son devant. Ge tiroir est

ATELIER DE PHOTOGRAPHIE JUDICIAIRE. fi-

(lisposé à va-et-vient, c’est-à-dire qu’il peut aller et venir dans un manchon rectangulaire dont l’une des extrémités donne dans la guérite et l’autre dans l’atelier de pose, après avoir traversé la cloison. Muni de deux poignées opposées, il peut donc être tiré à soi de l’atelier de pose ou de la guérite. La personne placée dans cette dernière, après avoir chargé ses châssis en toute sécurité, les dépose dans le compartiment de droite du tiroir. De l’autre côté de la cloison, l’opérateur, dans son atelier vitré, saisit la poignée opposée du tiroir, l’attire à lui, prend un des châssis déposé à son intention, fait poser son sujet et remet le cliché impressionné dans l’autre compartiment, où le chargeur de la guérite le retrouve en tirant le tiroir à lui; il le décharge, met la glace posée dans une boîte spéciale, recharge avec des glaces fraîches, et ainsi de suite.

Aussi longtemps que dure le défilé des détenus, ce chassé-croisé continue sans qu’on ait besoin d’échanger une parole. On comprend que l’accident si fréquent de faire poser deux fois la même plaque est ainsi rendu impossible. Enfin, les pas et démarches nécessités pour chaque cliché sont réduits à leur minimum.

La chaise P, où l’on fait asseoir les détenus pour les photographier, a été également construite d’après des indications spéciales. Un dossier 'presque droit, des pieds massifs et d’équerre, en

font un meuble inébranlable, rappelant un peu le style Henri II. Le siège et le dossier, entièrement en bois, sans crin ni ressorts, est recouvert d’une rude étoffe, de façon à écarter toutes causes d’aflaissement du modèle pendant la pose.

Mais la disposition la plus importante a pour but d’assurer la même réduction pour les poses de face et de profil. Le principe bien connu qu’il s’agissait d’observer ici était celui de l’invariabilité de la distance. C’est une erreur de croire que, pour prendre à la même réduction le profil de droite après la pose de face, on peut se contenter, eu immobilisant la chaise, de faire asseoir le modèle de côté, le bras gauche contre le dossier. En réalité, dans ce mouvement de conversion, la tête du sujet se trouve rapprochée de l’objectif d’une longueur égale à la moitié de l’intervalle des épaules, et l’image de profil est, à peu de chose près, grossie proportionnellement à ce rapprochement.

L’idéal, pour passer rapidement d’une pose de face à une pose de profil sans changer de distance, serait le siège tournant des pianistes, mais à la condition que, le mouvement de conversion accompli, on puisse ensuite lui assurer la stabilité indispensable.

Nous avons concilié ces deux exigences, en fixant perpendiculairement sous le milieu du siège une broche de fer ronde de o m ,oo5 de diamètre et de o m , 5 o de long. Lorsque la chaise repose par

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terre, l’extrémité libre de cette tige, qui dépasse les pieds de o m ,i 5 environ, vient s’enfiler dans un tube creux en cuivre de même calibre, dissimulé dans le plancher.

Grâce à ce dispositif, on peut, après avoir soulevé la chaise de quelques centimètres, la faire tourner sur son axe, sans en déplacer le centre. Abandonnée à elle-même, elle retombe sur ses pieds, et son propre poids suffit pour en assurer l’immobilité. De cette façon, lorsqu’on passe de la pose de face à celle de profil, l’image reste à la même réduction. On peut même, au besoin, se dispenser d’une seconde mise au point.

L’appareil photographique, également immobilisé, a été placé à proximité du tiroir à va-et-vient.

3. Les laboratoires et les dispositions spéciales pour les tirages

au papier gélatinobromure d’argent.

Les ateliers contiennent en plus une installation complète pour le tirage rapide des portraits sur papier instantané au gélatinobromure d’argent.

Pour être menées aisément et rapidement, ces opérations nécessitent des séries spéciales de cuvettes et même, s’il est possible, des laboratoires à part. Elles se font avec plus de régularité à la lumière artificielle. Aussi leur a-t-on attribué les

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