A P P EN D (CK
cerne les dimensions, mais en général pour tout ce qui peut se mesurer ou s’apprécier d’une façon ou d’une aptre, notamment pour la force, le poids, la forme et la couleur des différents organes des êtres vivants. Du moment qu’un attribut quelconque est susceptible d’osciller entre un maximum et un minimum, on peut d’avance être assuré que la répartition des cas intermédiaires obéira plus ou moins exactement à la courbe de probabilité.
La statistique de la couleur des cheveux nous fournit une des applications les plus simples de cette loi. Tout le monde sait combien sont rares en France les cheveux blond clair d’une pureté absolue ainsi que les cheveux noir de jais, tandis que toutes les variétés du châtain, allant du blond foncé au brun, sont abondamment représentées.
Si, dans la courbe ci-dessus, nous remplaçons les tailles très petites par les cheveux blonds et les tailles très grandes par les cheveux noirs, les cheveux châtains, ordonnés du clair au foncé, viendront occuper le milieu, et se presseront en colonnes d’autant plus hautes que leur nuance sera plus intermédiaire entre les deux extrêmes : blonds et noirs ( * ).
( ] ) Dans les pays qui comptent une majorité soit de blonds, comme la Scandinavie, soit de bruns, comme l’Espagne, la même répartition mathématique s’observe encore, mais la
La répartition de la couleur des yeux des Français nous offrira exactement le même phénomène. A l’extrême gauche, viendront se ranger quelques rares yeux bleu azur et bleu ardoisé, dépourvus de pigmentation jaune orangé, et à l’autre extrémité (à droite), les yeux marron très foncé (rappelant ceux du nègre). Entre ces deux opposés, se placeront les nombreux intermédiaires progressivement jaune, orangé ou châtain qui permettront de passer par transitions insensibles des yeux bleus et ardoisés aux yeux marrons (vulgo bruns).
Ainsi la statistique nous révèle pour la couleur la même échelle et le même groupement que nous offrait la taille allant du nain au géant.
Mais aucun terme de la langue usuelle ne peut approcher de l’expression numérique pour la
moyenne centrale, au lieu d’être au châtain, se trouve déplacée soit vers la droite, soit vers la gauche.
Dans une sériation de ce genre, les cheveux roux doivent être confondus avec les cheveux blonds, ou plutôt former un embranchement séparé allant du roux feu au châtain roux, et se fusionnant avec la branche principale au châtain foncé.
Les distinctions sont plus difficiles à établir pour la barbe, à cause du mélange des poils de nuances diverses.
En plus des indications chromatiques, les cheveux et la barbe présentent des caractères distinctifs qui proviennent de leur nature. Tout le monde connaît les cheveux laineux des nègres, les cheveux crépus fréquents chez les peuples de l’Europe méridionale; puis les cheveux frisés, bouclés, ondulés, et finalement les cheveux droits et raides.
Au point de vue signalétique, ces particularités présentent l’inconvénient de pouvoir être facilement atténuées ou modifiées par la coiffure et la coupe adoptées.
finesse et la graduation des nuances. Ainsi nous savons immédiatement, sans explication préalable que la taille de i m , 69 est presque identique à celle de i m , 70 , une différence de taille de o m , 01 n’étant perceptible qu’à l’aide d’une toise.
Supposons par contre que nous voulions noter les deux tailles précédentes au moyen du seul vocabulaire petit, moyen et grand et que, par suite d’une convention antérieure, nous ne puissions comprendre dans les tailles moyennes que celles entre i m , 6 o et i m , 6 g, ces deux tailles semblables ( i m , 69 et i m , 7 o) seront qualifiées l’une détaillé moyenne, et l’autre de taille grande.
Tandis que le langage courant, cherchant avant tout à être net, précis et court, ne dispose de mots que pour les cas bien tranchés, une description qui viserait uniquement à l’exactitude devrait chercher à se modeler sur le langage chiffré et ne jamais perdre de vue la graduation de l’expression, de façon à se ménager des termes de transition qui lui permettraient de cheminer, par degrés insensibles, d’un extrême à l’autre.
En guise d’exercice, appliquons ce principe à la notation de la série complète de la taille, en employant seulement, dans le même sens que précédemment, les qualificatifs petit, moyen et grand combinés avec le mot limite.
Nous arrivons à la progression suivante :
Sur 1000 individus