‹ La Photographie judiciaire, avec un appendice sur la classification et l'identification anthropométriquesChapitre 5 sur 50 · CHAPITRE I · texte numérisé non relu

CHAPITRE I

commandation qui semble presque superflue, mais que la plupart des photographes judiciaires de province n’observent pas. Le désir de produire de belles épreuves les entraîne malheureusement trop souvent à maquiller leurs images d’une façon pitoyable.

Nous savons qu’il est de tradition dans les ateliers de portraitsphotographiques, de ne pas tenir compte de la recommandation des clients qui désirent leurs portraits sans retouche.

L’expérience a montré que jamais un portrait non retouché n’a été trouvé satisfaisant, quand même le principal intéressé était un de ceux qui critiquaient le plus vivement la retouche pour les photographies des autres.

La scrupuleuse concentration sur un petit espace de toutes les imperfections, rides et replis de la peau de la figure, s’éloigne trop des traditions de la peinture et de la gravure pour ne pas froisser nos sentiments artistiques intimes. Le point dé vue étant tout autre quand il s’agit de portrait judiciaire, Vexactitude devient la première, la seule des qualités. La détruire ou l’atténuer par une retouche constitue presque un délit.

Éclairage du modèle. — L’uniformité dans la manière d’éclairer le modèle est un des points les plus importants pour arriver à reproduire, à des époques et dans des locaux différents, des séries de portraits d’aspect identique.

EXÉCUTION D’üN PORTRAIT JUDICIAIRE. 21

La régularité absolue est malheureusement impossible à atteindre sur ce point. L’orientation de l’atelier, l’heure de la pose, l’état plus ou moins nuageux du ciel, se traduiront toujours malgré tous les artifices, par des différences dans la direction et la plus ou moins grande intensité des ombres.

Aussi, de prime abord, devons-nous rejeter, comme trop compliqués, tous les éclairages dits artistiques ou de fantaisie.

Pour la pose de face, le sujet sera éclairé par un jour venant principalement de gauche et quelque peu de face.

La chaise de pose et l’appareil étant fixés au sol pour rester à une distance invariable, nous n’avons pour l’éclairage de profil qu’à choisir entre les deux solutions opposées : ou l’écjairage en pleine face, ou la lumière de dos.

L’éclairage de dos donne plus d’accentuation au modelé de la face et un cachet plus artistique. Mais les replis intérieurs du pavillon de l’oreille restent forcément dans l’ombre et la silhouette se projette sur le fond d’une façon moins vigoureuse qu’avec l’éclairage de face. Aussi ce dernier est-il exclusivement en usage.

L’obligation d’éclairer nos profils par un jour tombant de face, combinée avec l’heure matinale où les photographies judiciaires doivent être prises (pour ne pas gêner les opérations des juges d’instruction et des tribunaux, qui ouvrent à midi),

Page 1