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IV. — DES PROJECTIONS

À côté de la collection d'épreuves sur papier, 1l pourra être nécessaire de créer une autre collection sur verre, celle-ci destinée à la projection. Ces épreuves s'appellent diapositives sur verre ou simplement projections.

Nous n'insisterons pas sur l’avantage qu’il y a pour le professeur à mettre constamment sous les yeux de ses auditeurs les malades dont il parle. Quand il ne pourra montrer le sujet lui-même, ce

qui est a priori préférable, il pourra compléter cette lacune en

GHAP. VI. — CONSERVATION ET UTILISATION DU NÉGATIF. 205 projetant les épreuves obtenues. La projection est le seul moyen de faire voir un objet déterminé à un auditoire nombreux.

Nous v’entrerons pas dans le détail des appareils à projections ('). Dans un service bien organisé on emploie des appareils construits

spécialement dans ce but par Duboseq où Molteni (fig. 80). Ces

appareils fonctionnent suivant les ressources dont on dispose, soit à la lumière électrique, soit à la lumière oxhydrique. Si l’on ne peut se procurer une installation aussi complète, on peut faire usage d'appareils plus simples qui fonctionnent avec de fortes lampes à pétrole. Ils seront suffisants dans bien des cas.

(*) Consulter à ee sujet la Pratique des projections, par H. FouRTIER. Paris, Gauthier-Villars et fils; 1892.

Examinons maintenant les procédés employés pour obtenir des vues transparentes sur verre destinées à la projection.

D'après les décisions du Congrès international de Photographie de 1889, le format de ces plaques doit être 8,5 x 10. Pour donner de bons résultats, elles doivent être d’une transparence absolue dans les blancs ; à cet effet, on se sert de plaques préparées spécialement. Ce sont ordinairement des plaques au chlorure d’argent : elles ont l'avantage de donner des blancs très purs et des tons très agréables.

On se sert de ces plaques de deux manières : ou bien le cliché

à reproduire tient dans le format de la projection : on opère alors

par contact dans le chässis-presse; au contraire, veut-on projeter un plus grand cliché : dans ce cas il faudra en faire une réduction

à la chambre noire. Examinons ces deux hypothèsæ. e

4. Diapositives par contact. — On place la plaque au chlorure sur le cliché face contre face, exactement comme l'on fait avec le papier sensible, On expose ensuite suivant la sensibilité des plaques, soit à la lumière diffuse, soit à la lumière artificielle. Avec la marque Perron (de Mâcon), 1 à 5 secondes sont nécessaires au jour; au gaz à 1" de distance, 1l faut de 1 à 5 minutes; avec ces plaques il vaut donc mieux opérer au jour. Avec la marque Ilford, dont nous nous servons actuellement (1), la sensibilité est telle qu'il est difficile d'opérer à la lumière diffuse ; à la lumière du gaz il faut de 15 à 6o secondes suivant les clichés. Comme les vues à projections doivent être très pures, il faut éviter toute réflexion de lumière, soit par le dos, soit par les bords de plaque. A cet effet, nous mettons toujours une surface noire derrière la plaque sensible ; de plus, nous enfermons le cliché dans une cache en carton garnie d’une légère bordure de papier noir. De cette manière, les bords de la projection ne sont pas impressionnés et ne présentent pas de halos.

Ce phénomène, il est vrai, ne se produit que lorsque le cliché à

reproduire est plus petit que la plaque de projections. C’est ce qui

(*) Nous nous servons également avec succès des nouvelles plaques au lactate d'argent que MM. Guilleminot viennent de mettre dans le commerce. Tout ce que nous avons dit de la marque Ilford s'applique exactement à ces plaques.

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arrive avec le 8 < 8 et le 8 X 9; si alors on opère sans cache, les bords sont impressionnés énergiquement et un halo considérable vient même envahir tout le pourtour de l’image; avec la cache cet

inconvénient est complètement supprimé.

2. Diapositives par réduction. — Nous avons fait installer à la Salpêtrière un appareil spécialement destiné à ce genre de travail. Une ouverture faite dans la muraille et garnie d’un verre dépoli

recoit la lumière extérieure, soit directement s’il n’y a pas de

constructions gênantes, soit au moyen d’un miroir incliné à 45 dans le cas contraire. Contre l’ouverture se trouve un bâti en bois pouvant recevoir des intermédiaires destinés à porter des clichés de différentes tailles. Sur une planche horizontale placée au ras de l’ouverture glisse un soufflet mobile qui peut s'adapter d’une pay au bâti des intermédiaires et de l’autre à un bâti portant l’objectif. Plus loin et sur les mêmes coulisses se trouve un bâu portant égglement divers intermédiaires, et, entre autres, celui correspondant au format des plaques de projectfon.

Dans cet appareil, comme on le voit, le négatif à reproduire est fixe, mais l'objectif et la plaque sensible peuvent se mouvoir à volonté; par des déplacements convenables on arrivera à faire telles réductions que l’on voudra. C’est, du reste, ce même appareil que nous utiliserons plus tard pour les agrandissements.

Il est bien entendu que nous opérons ici dans le laboratoire noir. Si l’on voulait installer ce dispositif dans un local quel@onque, il suffirait de réunir le bâti de l'objectif au bâu d’arrière et de remplacer celui-ci par un grand châssis portant les intermédiaires. L'appareil ne serait autre alors que la chambre classique à trois corps, qui permet du reste facilement le même travail. L'avantage que nous trouvons au dispositif que nous avons fait faire est de nous permettre une commode mise au point, parce que nous sommes dans l'obscurité, de faciliter la manœuvre des diaphragmes et de nous permettre, à la rigueur, de modérer la venue de certaines parties de l’image. La plaque étant à nu, il est facile avec un écran, ou même simplement avec la main, de masquer les rayons allant à tel ou tel point de l’image pendant un temps plus ou moins long.

Il faut pour ce genre de travail employer un objectif rectilinéaire

à court foyer. Celui dont nous nous servons est le stéréoscopique de Dallmeyer de 15°" de foyer. En ce qui concerne les réductions, il est inutile de diaphragmer beaucoup. C’est un avantage, car les temps de pose sont autrement plus longs par cette méthode que par contact à la lumière directe. Avec des glaces Perron, il faut souvent des poses d’un quart d'heure et plus. Au contraire, avec les nouvelles plaques à ton noir de Ilford ou Guilleminot, 1 à 2 minutes sont suffisantes. À ce point de vue, ces plaques sont donc bien

avantageuses.

Développement des plaques à projection. — Dans ce genre de travail, où l’on peut régler la pose d’après la valeur du cliché et

arriver après quelques essais à savoir le temps d'exposition le plus

juste, on pourra trouver grand avantage à employerdes bains tout

préparés dans lesquels il suffira de placer les plaques les unes après les autres et de les laisser le temps voulu. Nous ne donnerons que la formule applicable aux plaques à ton noir d’[lford ; ces plaques nous paraissent de beawoup supérieures aux plaques au chforure, non pas tant au point de vue de la transparence que de la régularité du travail. En effet, les plaques au chlorure (Perron) donnent des colorations différentes suivant l'intensité, la coloration du cliché et surtout suivant le temps de pose. On obtient des tons noirs avec des poses courtes et des Lons plus ou moins chauds presque jusqu’au rouge brun par des poses plus longues. Le ton obtenu varie aussi suivant que le bain a plus ou moins servi; enfin cette coloration se modifie au séchage. Toutes ces raisons réunies nous ont fait abandonner ces plaques, pour un travail où il faut avant tout de la régularité et de l’uniformité.

SOLDIONTAS A meme si sde 1000 Hydroquinone. 8 Suite de SOU. en es encres 150 Bromure de potassium .......... 150 DE dt BLEU O SE nee 1000 SOUS CAUSTIQUE.-. cer 8

On mélange par parties égales au moment de s’en servir. Les plaques viennent rapidement dans ce bain et on les enlève lors-

qu’elles ont l'intensité désirable. Après lavage rapide, on les plonge

CHAP. VI. — CONSERVATION ET UTILISATION DU NÉGATIF. 209 dans la solution d’hyposulfite de soude et on termine par un lavage soigné. Nous avons remarqué que ces plaques, probablement à cause de leur grande sensibilité, ont toujours un léger voile sur toute leur surface. On s’en rend parfaitement compte en mettant la plaque sur une feuille de papier blanc. Or, pour qu’une projection soit parfaite, il faut qu’on voie le papier aussi blanc dans les blancs des plaques que dans les parties voisines.

Nous enlevons alors ce voile en nous servant d’un réducteur au prussiate rouge de potasse el à l’hyposulfite de soude. La plaque

immergée pendant quelques instants dans ce réducteur en sort

absolument limpide. Néanmoins, sous l’effet du réducteur, elle a pu baisser un peu; c’est pourquoi nous avons pris le parti de toujours pousser notre développement plus que nécessaire, et de descendre enguite l’image au point voulu, comme nous venons de l'indiquer. (

Les projections une fois sèches seront recouvertes d’un verre mince de même format4le façon à protéger la couche. Ces deux verres sæont réunis par des bandes étroites de papier noir gommé.

Les projections terminées seront numérotées et classées comme les clichés; un registre spécial en sera tenu. Ce registre portera la reproduction des divers renseignements qui existent sur la fiche signalétique.

D’après les décisions du Congrès de 1989, toutes les projections porteront une étiquette ronde placée dans l’angle inférieur droit, lorsque l’on regarde l’épreuve dans son vrai sens. De cefte manière, la personne qui fait les projections n’aura aucune hésitation pour

les placer dans la lanterne dans le sens convenable.

Obtention rapide des projections. — Il peut arriver qu'aus-

sitôt un cliché fait 1l soit nécessaire de l’avoir en projection. S'il

git d’une réduction, rien ne sera plus facile. Le cliché sera épongé dans du papier filtre, le dos essuyé et il n’y a qu’à le mettre en cet état à l’appareil de réduction sans qu'il soit sec.

La question est plus délicate lorsqu'il s’agit d'opérer par contact. Nous avons cependant pu réaliser la chose et voici comment : Nous plaçons sur notre cliché épongé une cache en papier mince,

puis nous superposons la plaque sensible. Cette légère épaisseur empêche les plaques de se coller ensemble; mais cet intervalle pourra compromeLtre la netteté de l'épreuve : on sait, en effet, qu'il est nécessaire dans tous les modes de tirage d’avoir une adhérence parfaite entre les deux couches; or, ce n’est pas le cas ici. Nous obtenons néanmoins de bons résultats en nous servant non de

lumière diffuse, mais de lumière parallèle. En pralique, un large

bec papillon placé horizontalement au-dessus du châssis nous a Î donné d’excellents résultats.

Le reste des opérations est le même.

Mais vient alors la question du séchage. On ne saurait, en effet.

mettre dans la lanterne à project n une couche qui n’est pas

parfai ement sèche. car, à cause de la chaleur développée par cel

appareil, elle fondrait rapidemc nt. Pour obtenir un sgchage rapide,

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