‹ La photographie médicaleChapitre 107 sur 112 · CHAPITRE VIT · texte numérisé non relu

CHAPITRE VIT

Rôle et utilité de la Photographie en Médecine légale. — D'après la définition du regretté Legrand du Saule, la Médecine légale consiste « dans l’application des Sciences médicales à l’étude et à la solution de toutes les questions spéciales que peuvent soslever l'institution des lois et l’action de la justice ».

La Photographie, quispeut rendre, comme nous l'avons vu, tant de services aux Sciences médicales en général, ne présentera pas ici un champ m1 vaste et le médecin commis par la justice comme expert dans une affaire criminelle trouvera souvent avantage à mettre en pratique les procédés divers que nous avons indiqués dans le cours de cet Ouvrage.

L'une des questions qui se présente tout d’abord est celle de la détermination de l'identité d’un individu quelconque. Bien que L cette recherche soil faite actuellement, à Paris du moins, par la Préfecture de Police, il est indiscutable que cet examen est du domaine médical : en effet, outre les simples mensurations, il faut noter, dans le signalement, des blessures, des cicatrices, des ano-

malies ou des déformations dont la nature et la description ne

pourront être faites avec la précision voulue que par un homme

compétent, sous peine de voir fréquemment des erreurs commises.

Il faut, en effet, dans l’espèce, une connaissance très exacte du nu morphologique, pour ne pas indiquer comme signes particuliers

des phénomènes qui n’ont rien que de normal.

Les modifications que l’âge peut apporter dans les résultats trouvés sont du domaine exclusivement médical, car elles dépen-

dent des lois générales qui président au phénomène de la croissance,

et si une science comme l’Anthropométrie paraît sortir du domaine médical, n'est-ce pas parce que les médecins ne s’adonnent pas suffisamment à l'étude du nu morphologique pour se consacrer uniquement à l'anatomie interne et aux études physiologiques el pathologiques. Quoi qu'il en soit, le médecin devra pouvoir relever les divers signes susceptibles de constituer l'identité d’un individu quelconque.

La Pho ographie lui sera, dans bien des cas, fort utile, ainsi que l'a si bien prouvé M. Bertillon en organisant le magnifique service d'identification de la Préfecture de Police.

Outre la reproduction photographique de tous les inculpés qui passent par le Dépôt, M. Bertillon a fait une étude que nous ne

saurions passer sous silence . il s’agit de l'examen des mains pro-

fessionnelles (P4. VIT). I est reconnu que dansele travail ma- Mel certaines déformations des mains, certaines callosités ou rugosités, certaines déchirures sont produites chez l’ouvrier par la pratique de tel ou tel métier. C’est là un” puissant! moyen d'investigalion et qui, dargÿ la pratique, facilite beaucoup l'idefttification, car il permet de déterminer avec certitude kg profession exercée par le sujet examiné.

L'étude de ces lésions, de ces modifications professionnelles est d'ordre exclusivement médical et intéresse l’homme de l’art au même ti re que les mains pa hologiques. Nous en dirons autant

du facies de certains indivic us chez lesquels les passions, les vices

ont pu imprimer des stigmates particuliers. Autant d’études originales aans lesquelles la Pho ographie interviendra de la manière la plus utile pour recueillir tous les documents et en faciliter

l'analyse ( omparalive.

Grâce au service si complet de M. Bertillon, le médecin, du

moins à Paris et dans quel ues grandes villes, n’a pas à intervenir, toutes Îles questions signalétiques étant résolues d’une manière

parfaite.

Mais un crime est-il commis, le rôle du médecin expert commence et prend une importance capitale pour éclairer la justice. Et ce que nous disons des crimes est également vrai des accidents, des suicides, des tentatives d’empoisonnement, en un mot de tous

les cas dans lesquels la justice doit demander le concours de

“18 ‘q *sSoppouuorssajoid surepy

Page 1