CHAPITRE I. — INSTALLATION ET MATÉRIEL
de l’air nécessaire à la combustion, on fait des ouvertures en chicane qui le laissent entrer librement mais ne sauraient laisser passer le moindre filet de lumière.
En dessous de la lanterne, nous plaçons une grande cuve en bois doublée de plomb; cette cuve constitue un vaste évier à pente douce dans lequel on jettera tous les liquides qui seront évacués au dehors par un conduit spécial.
Il est commode de disposer dans cette cuve des claies en bois qui permettent de recevoir les cuvettes, sans gêner cependant, en aucune façon, l'écoulement des liquides.
À l’endroit où l’on développe, c'est-à-dire en dessous de la partie de la lanterne qui est garnie d’un double verre, si l’on a une installation pareille à la nôtre, on place un balance-cuvette très ingénieux qui a été imaginé par M. Ch. Dessoudeix. Il se compose de deux tiges métalliques disposées en croix et recouvertes de caoutchouc. Ce système repose sur des couteaux analogues à ceux des balances et il est prolongé par une tige à angle droit descendant verticalement et portant un fort contrepoids. Si l’on met en mouvement celui-ci, on comprend facilement que tout l'appareil oscillera d’une manière régulière et ceci pendant un certain temps; il suffira d’ailleurs d’une nouvelle impulsion, donnée de temps en temps, pour entretenir le mouvement.
L’utilité de lagitation du bain durant le développement, quoique niée par certaines personnes, est cependant indiscutable. Tout d’abord, on évite les taches qui pourraient se produire sur la
plaque par suite d’un trempage inégal ou d’un bain non homo-
gène; de plus, on élimine les bulles d’air qui peuvent rester adhérentes à la couche et occasionner autant de points non développés, car le mouvement imprimé constamment au bain les chasse. Enfin, le développement se poursuit dans de meilleures conditions, parce que la plaque n’est pas toujours en présence des mêmes couches du révélateur et qu'elle est mise fréquemment au contact de l’air. L'action de l'oxygène de l’air est en effet indéniable, et nous verrons plus loin, dans le développement des plaques pour projection, l'application courante de cette observation.
Le système de M. Dessoudeix permet, de plus, de ne pas se tacher les doigts, ce qui est encore une considération. La cuvette ne repo-
sant que sur les parties très étroites en caoutchouc, les angles sont toujours secs : On peut donc la manier sans toucher le liquide révélateur.
Tout le long de la cuve et à quelques centimètres au-dessus
court une canalisation d’eau sur laquelle sont placés un certain
Meuble à développer.
nombre de robinets tournants à pomme. On a ainsi toujours de l’eau à sa disposition. Notre cuve est assez longue pour pouvoir effectuer toutes les opérations qui suivent le développement; de la sorte, les plaques passent dans les cuvettes les unes après les autres; ce qui permet de faire un travail régulier et rapide.
En dessous de la cuve de plomb se trouvent des logements verticaux destinés à recevoir toutes les cuvettes. Chaque cuvette doit