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I. — DES PRÉPARATIONS SENSIBLES

À l’heure actuelle, à la suite des progrès réalisés depuis quelques années, il ne peut plus être question d'employer d’autres plaques que celles dites au gélatinobromure d'argent. Elles sont formées d’une émulsion de bromure d’argent incorporé dans de la gélatine. Elles ont l’avantage de s’employer à l’état sec, de se conserver parfaitement bien et de posséder une rapidité qui n’a été égalée par aucun autre procédé. On les trouve de plus facilement dans le commerce et à des conditions de prix très abordables. Elles font l’objet d’une industrie très florissante et il ne peut y avoir qu’une difficulté, c’est de faire un choix parmi les nombreuses marques qui existent.

Au point de vue de la Photographie médicale, ce que l’on doit chercher avant tout, c'est la grande sensibilité, car il faut le dire, toutes les marques sont loin d’être aussi rapides les unes que les autres.

Pour éviter les recherches au lecteur, nous lui dirons que nous travaillons à la Salpêtrière avec plein succès sur des plaques de la maison Guilleminot. Les plaques Lumière (étiquette bleue) nous ont donné également d’excellents résultats. Bien que ces plaques nous suffisent pour le travail courant, il est cependant des cas où leur rapidité n’est pas encore assez grande.

Nous avons donc pris l’habitude d'essayer constamment les nouvelles marques qui sont présentées au public. Comme le lecteur peut se trouver dans la même situation que nous,1l nous paraît nécessaire de lui indiquer comment nous procédons à nos essais comparatifs.

GHAPITRE Il. — TECHNIQUE PHOTOGRAPHIQUE. A

Ces essais peuvent se faire par la méthode proposée par le Congrès de 1889, mais l'application de cette méthode exige l'emploi d'appareils spéciaux qui sont dispendieux et n’existent pas ordinairement dans un laboratoire de Photographie.

Dans le cas présent et puisqu'il s’agit, non pas de déterminer la sensibilité absolue d’une nouvelle plaqué, mais de savoir seulement si elle est plus ou moins rapide que celle employée habituellement par nous, nous faisons l'essai par l’un des deux procédés suivants :

Premier procédé. — Nous mettons dans un châssis négatif une bande de la plaque que nous employons d'habitude, puis une bande de la plaque à essayer. Si notre format est ++, ces bandes auront chacune 18 de hauteur sur 6 À de large. Ceci fait, nous

plaçons notre châssis verticalement à la distance de 1" d’une source de lumière faible, telle que bougie, lampe à essence. L'opération doit se faire, bien entendu, dans le laboratoire noir. Nous ouvrons alors notre volet progressivement, de façon à démasquer des bandes successives des plaques en expérience. Chaque exposition doit durer le même temps que l’on fixera à une seconde. Si l’on fait dix expositions, par exemple, la partie inférieure aura posé dix secondes, et la supérieure une seulement. On referme alors brusquement le volet d’un seul coup. Il est bon de ne pas relever le volet jusqu’en haut de sa course de façon à avoir une partie des plaques qui n’aura pas été impressionnée et qui permettra de juger si elles sont voilées ou non.

On développe alors les plaques dans le même bain et pendant le même temps. La plaque qui pour un temps de pose donné présentera l’opacité la plus grande sera évidemment plus sensible, à condition de faire porter la comparaison dans les bandes les moins exposées. Pour les détails de cette méthode, nous renvoyons le lecteur à ce que nous avons publié à ce sujet dans un Ouvrage antérieur (1).

Second procédé. — Nous mettons dans un châssis double la è ] 0 + plaque à essayer et celle que nous employons d'habitude. Il s’agit

(*) A. Lonpe, La Photographie instantanée. Paris, Gauthier-Villars et fils.

maintenant d'impressionner ces deux plaques d’une manière identique et de voir après développement celle qui aura le mieux donné. À cet effet, il suffit d’avoir à notre disposition un bon obturateur qui fonctionne d’une manière régulière. Nous faisons alors à la chambre noire deux instantanés d'un même sujet, en ayant soin de poser les deux plaques l’une après l’autre, aussi rapidement que possible. Cette précaution est indispensable, car l'expérience ne peut avoir de valeur que si la lumière extérieure n’a pas varié d’une pose à l’autre. Aussi doit-on faire ces essais par un beau ciel bien pur ou encore par un temps gris, mais Jamais lorsque les nuages viennent modifier constamment l'éclairage. On développe ensuite les plaques dans le même bain et pendant le même temps. S'il y a une différence de sensibilité elle saute aux yeux immédiatement et aucun doute à cet égard n’est possible.

Nous supposons maintenant le lecteur en possession d’une bonne marque rapide qui lui servira pour les travaux d’après nature : mais doit-il garder la même marque pour des travaux qui n’exigent pas une pareille sensibilité? Étant donné que l’on trouve des plaques un peu moins rapides que celles que nous avons indiquées, mais qui sont beaucoup meilleur marché, notre réponse n’est pas douteuse. [l faut une deuxième provision de ces plaques qui servira pour les reproductions, les photographies de pièces histologiques, la micrographie, en un mot dans tous les cas où la rapidité de la pose n’est pas la condition même du succès. Les plaques de cette catégorie dont nous nous servons portent la marque As de trèfle (1). Elles sont d’une excellente préparation mais un peu moins rapides que les précédentes.

Les plaques au gélatinobromure doivent être conservées à l'abri de la lumière et de l'humidité. On les emmagasine donc dans un endroit sec. Toute boîte entamée devra prendre place dans une armoire ou un tiroir ad hoc fermés à clef pour éviter les accidents dus à la curiosité ou l’indiscrétion d’un tiers.

(*) Nous nous servons aussi avec succès des plaques de M. Perron de Mâcon; ces plaques sont très bien préparées et d’une grande finesse.

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