II. — CHARGEMENT DES CHASSIS
Pour employer les plaques sensibles on les place tout d’abord dans les châssis négatifs qui sont destinés à cet usage. Cette opération demande quelques précautions très simples mais indispensables. Étant donnée la grande sensibilité du bromure d'argent, il faut travailler à la plus faible lumière rouge possible; on baissera, à cet effet, la flamme de la lanterne ou l’on s'en éloignera suffisamment. Combien d'opérateurs accusent leurs plaques de pré-
senter un léger voile, qui sont seuls fautifs pour avoir travaillé
dans de mauvaises conditions.
Pour éviter tout accident, il est d’ailleurs un procédé très simple, c’est celui qui consiste à charger les châssis dans l’obscurité. Cette opération est loin d’être compliquée, elle ne demande qu’un peu d'habitude et de soins.
La plaque photographique a deux faces, celle qui porte la couche sensible et l’autre qui est à nu; il faut toujours mettre la couche du côté du volet du châssis. On distingue la couche qui est mate à ce qu’elle réfléchit moins la lumière de la lanterne que le dos du verre. De plus, elle se reconnaît très facilement, en passant le doigt sur un des angles; c'est du reste le procédé qu’il faut employer dans l'obscurité, pour éviter les erreurs.
Il est indispensable d’épousseter, avec un blaireau fin, la plaque avant de la mettre dans le châssis ; de cette manière on enlève toutes les poussières qui pourraient se trouver sur la couche et qui feraient autant de taches. Bien souvent, Les fabricants de plaques sont accusés de livrer des plaques constellées de petits trous, alors que le seul coupable est un opérateur peu soigneux. Îl est également prudent de blaireauter Le châssis avant d'y mettre les plaques.
Dans un laboratoire organisé, on doit toujours avoir une réserve de châssis chargés pour être prêt à opérer sans perte de temps. Nous avons, à la Salpêtrière, des casiers spéciaux qui contiennent les châssis chargés, d’autres, les châssis dont les plaques ont été exposées et d’autres enfin, les châssis vides; de cette manière aucune erreur n'est possible.
Si l’on ne peut avoir un nombre suffisant de châssis, on sort les
glaces posées des châssis pour les mettre dans une boîte à rainures à recouvrement; elles peuvent attendre ainsi le moment du développement et l’on peut recharger à nouveau les châssis.