IV. — DU DÉVELOPPEMENT
L'exposition une fois faite, il s’agit de faire apparaître l’image formée par la lumière et qui existe à l’état latent, de la développer en un mot.
Cette opération est des plus délicates quoi qu'on en ait pu dire. En effet, si le développement peut paraître une opération simple et monotone pour celui qui opère toujours dans des conditions identiques, il n’en saurait être de même ici où nous allons nous trouver aux prises avec toutes les difficultés, et où nous ne serons pas toujours maître de notre temps de pose.
S'il était possible, comme le font certains photographes de profession, de réaliser toujours une exposition de même valeur, l’opération du développement serait bien simplifiée, et le plus maladroit pourrait opérer avec succès.
Dans ces derniers temps, on a préconisé beaucoup certains développateurs qui devaient donner d'excellents clichés quel qu’ait été
le temps de pose; on a créé une méthode de développement dite automatique qui a fait beaucoup de bruit, mais pas beaucoup de bonne besogne.
Nous ne saurions trop mettre en garde le lecteur contre cette méthode et contre les bains tout préparés qu’il entendra vanter de tous côtés. Qu'il croie à notre expérience datant de plus de dix années.
C’est certainement dans notre laboratoire de la Salpétrière que
nous avons rencontré les travaux les plus divers, les plus com-
pliqués, les difficultés les plus grandes. Si nous avions trouvé un développateur automatique susceptible de donner de bons résultats dans ces hypothèses variées, nous n’eussions pas hésité à l’adopter une seule minute. Mais il est loin d’en être ainsi et nous sommes réduits à nous servir d’un seul développement qui nous a toujours donné pleine satisfaction, c’est le développement à l’acide pyrogallique. C’est donc celui-là que nous conseillerons d’employer, et nous sommes convaincu que le lecteur ne regrettera
pas d’avoir suivi notre exemple.
DÉVELOPPEMENT A L’ACIDE PYROGALLIQUE.
Les produits nécessaires son! :
1° L’acide pyrogallique;
2° Le sulfite de soude;
3° Le bromure de potassium;
4° Le carbonate de soude.
Nous employons l’acide pyrogallique en poudre, tel qu'il est livré dans le commerce. Nous le prenons avec une cuiller en bois qui contient approximalivement o%',25 de ce produit. Le sulfite de soude est employé à saturation. Nous recommandons d'employer toujours du sulfite pur et préparé récemment. Avec un\sulfite de soude pur, on obtient des clichés limpides; avec un sulfite impur, ils sont plus ou moins colorés.
Nous employons une solution de bromure de potassium ainsi composée :
Comme carbonate, nous prenons celui que l’on trouve chez tous les épiciers et nous l’employons à saturation comme le sulfite.
Nos produits étant ainsi préparés, procédons à l’opération du développement; nous avons besoin d’une cuvette de verre et d’un verre à expérience. L'emploi de la cuvette de verre nous a tou- Jours paru très avantageux, car elle permet d'examiner le cliché par transparence sans le toucher avec les doigts.
Nous pouvons nous trouver en face de trois hypothèses : la