CHAPITRE II. — TECHNIQUE PHOTOGRAPHIQUE
pose a élé normale ou bien elle a été insuffisante, ou, au contraire, elle a été dépassée, ce qui constitue la surexposition. La conduite du développement sera différente dans les trois cas; aussi allons-nous les examiner successivement.
1° La pose a été normale. — Mettre dans le verre à expérience une cuillerée d’acide pyrogallique (pour une plaque ##),
ajouter la quantité d’eau nécessaire pour bien couvrir la plaque, environ 60% à 80% puis 5° de sulfite et 4 à à gouttes de la solution de bromure de potassium.
Ce bain ainsi composé est versé à plusieurs reprises sur la plaque mise dans la cuvette de verre. De cette manière l’'homogénéité du bain est assurée et l’on évite, en général, les bulles d’air qui peuvent rester adhérentes à la couche, et former autant de taches transparentes. Si malgré cela les bulles persistaient, il faudrait les enlever en projetant sur la plaque un fort courant d’eau ou encore en les enlevant avec le doigt ou un pinceau doux.
Le bain tel qu'il est constitué actuellement ne saurait développer l’image latente, mais il permet, pendant que la plaque y séjourne, le ramollissement de la couche, son imbibition égale et l'enlèvement des bulles d’air.
Le développement ne pourra commencer que lorsqu'on aura ajouté l’alcali. À cet effet, on met dans le verre à expérience une dizaine de gouttes de carbonate de soude, on reverse le bain dans le verre et le tout ensuite sur la plaque. Il faut éviter avec soin de verser le carbonate de soude directement sur la plaque, ce qui pourrait produire un développement inégal et occasionner des taches.
On remue constamment la cuvette de facon que le liquide baigne uniformément la plaque. Si la pose a été normale, et c’est ici l'hypothèse, l’image apparaîtra rapidement et elle montera progressivement.
Il est deux points sur lesquels il faut porter toute son attention pendant le développement : ce sont les détails du négatif et son intensité.
Une image négative ne peut être complète que si tous les détails
viennent dans les parties les moins éclairées du modèle, c’est-à-dire
lorsque les blancs du négatif auront tous leurs détails. On sait, en effet, que le cliché est une image dans laquelle les valeurs sont transposées, d’où le nom de négatif. Il faudra donc arrêter le développement lorsque tous les détails seront apparus dans les blancs du négatif.
En général, dans un cliché à pose normale, l'intensité vient en même temps que les détails et, lorsqu'on a tous ceux-ci, l’opéralion est terminée.
On lave alors la plaque et on la met dans le bain de fixage.
Nous parlerons de la suite des opérations un peu plus loin.
2° La pose a été insuffisante. — [ci il faut distinguer deux hypothèses : ou la pose a été simplement un peu courte, ou bien
il s’agit d'épreuves instantanées.
a. Poses un peu courtes. — Nous composons le bain comme précédemment, mais sans y ajouter de bromure ou en mettant une seule goutte. Après la première addition de carbonate, si le cliché ne vient pas, ce qui est à présumer, on rajoute, au bout d’une trentaine de secondes, une deuxième dose de carbonate et l’on attend encore un moment. On continue l’addition des doses de carbonate de cette manière jusqu’à ce que l’image apparaisse. À ce moment, on la laisse monter et l’on ne rajoute du carbonate que si elle vient trop lentement.
Lorsque tous les détails sont venus, on examine l'intensité qui sera très probablement suffisante. S'il n’en était pas ainsi, on ajoute une cuillerée d’acide pyrogallique et, au besoin, plusieurs autres jusqu’à ce qu'on ait l’intensité voulue.
Le cliché est alors lavé comme précédemment et passé au bain
de fixage.
b. Poses instantanées. — Pour ces expositions très courtes obtenues par l’emploi de l’obturateur, il est nécessaire d’avoir un bain très énergique dès le début. On augmente la quantité d’acide pyrogallique et l’on fait le bain comme il a été décrit plus haut, mais sans bromure. Au lieu d’ajouter le carbonate par petites quantités, on l’emploie par centimètres cubes et l’on fait les additions plus rapprochées de façon à mener rondement le dévelop-