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CHAPITRE III. — PHOTOGRAPHIE PENDANT LA VIE

y ait repos, il est des attitudes que le modèle ne saurait garder un temps suffisant pour qu’un artisle ait le temps de les reproduire sur papier ; les muscles se fatiguent et la forme vraie se modifie insensiblement. Dans le deuxième, les procédés instantanés permettent seuls de saisir des modifications rapides qui échappent à notre œil.

Ces études de grand intérêt non seulement pour le médecin mais encore pour l'artiste, ont été faites magistralement par M. P. Richer, dans son magnifique travail sur l'Anatomie artistique (). Dans cet Ouvrage, l’auteur décrit, avec le talent qu’on lui connaît, les formes extérieures du corps humain au repos et dans les principaux mouvements, et ses explications, accompagnées de 110 planches, forment l’enseignement le plus complet qui ait été donné sur la matière. Dans toutes les hypothèses où la fatigue pouvait se produire chez le modèle et entraîner une modification quelconque de la forme vraie, la Photographie est intervenue pour fixer la forme exacte dans l’attitude ou le mouvement observé. Ce qui augmente encore la valeur de ces documents, c'est l’explication anatomique et physiologique qui en est donnée par l’auteur grâce à des des

sins qui se superposent exactement sur l’épreuve morphologique et qui indiquent les causes qui ont amené les modifications de la forme extérieure de l'individu.

Des travaux analogues ont été depuis repris par M. le professeur Marey. Grâce à la méthode photochronographique, il a pu faire facilement l'étude de certains mouvements rapides; c’est une belle application de cette méthode qui a été si perfectionnée par notre éminent collègue et permet l’analyse rigoureuse du mouvement.

Nous voyons donc que, soil qu’il s'agisse d'anatomie morphologique ou d'anatomie pathologique, la Photographie sera de la plus grande utilité. Pour ce qui concerne l'étude du nu normal, la question ayant été traitée complètement par M. Richer, nous renvoyons le lecteur à l'étude de ce bel Ouvrage; l'étude du nu pathologique va, au contraire, faire l’objet du présent Chapitre.

(:) PAUL RICHER, Anatomie artistique. Description des formes extérieures du corps humain au repos et dans les principaux mouvements. E. Plon et C*, Paris, 1890.

Les modifications imprimées par la maladie peuvent affecter l’ensemble du corps ou, au contraire, être limitées à tel ou tel membre ou même localisées à une partie seulement de celui-ci. Les conditions dans lesquelles il faudra opérer dans chacune de ces hypothèses seront fort variables, aussi devons-nous procéder à une étude systématique.

Nous examinerons d’abord les hypothèses dans lesquelles le malade est au repos, qu’il s'agisse de l’ensemble du corps ou d’une partie seulement de celui-ci, puis celles dans lesquelles le mouve-

ment du sujet nécessite des dispositifs spéciaux.

1. Reproduction du malade en entier. — C’est l’hypothèse qui se présentera le plus fréquemment, non seulement parce que la modification à reproduire peut affecter le corps tout entier, mais encore parce qu'il est intéressant, dans le cas même d’une modification partielle, de bien faire voir le contraste qui existe avec la partie restée normale.

On emploiera un fond gris foncé sur lequel le nu se détache fort bien. L’objecuif tout indiqué dans l’espèce est Le rectilinéaire ; nous savons en effet que c’est celui qui permet de travailler le plus rapidement possible, tout en donnant des images absolument exemptes de déformation. En principe, il ne faudra le diaphragmer que suffisamment pour avoir la netteté nécessaire, sous peine d'être dans l'obligation d’allonger la pose. Il ne faut pas oublier, en effet, que nous avons affaire à des malades et, bien que nous les supposions au repos, nous ne pouvons exiger d'eux la même immobilité que s'ils étaient bien portants. On pourrait, ilest vrai, assurer leur position au moyen de l’appui-tête, comme on le fait fréquemment dans la pratique photographique, mais ce moyen nous paraît mauvais & priori. Il est indispensable de saisir le malade dans son attitude vraie et il ne faut pas l’immobiliser dans une position qui peut ne pas être naturelle.

D'autre part, le corps humain présentant une certaine épaisseur, ilest évident que nous aurons d'autant plus de difficultés à obtenir la netteté des divers plans que nous opérerons de plus près.

Dans ce cas particulier, il faudra, comme nous l’avons dit dans

notre première Partie, diaphragmer d'autant plus que l’on se rap-

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