CHAPITRE III. — PHOTOGRAPHIE PENDANT LA VIE
prochera du modèle. Les durées de pose croissant comme le carré des diaphragmes, il s'ensuit que plus on voudra opérer à grande échelle, plus il faudra diaphragmer et plus il faudra poser.
On ne pourra donc obtenir d'images un peu grandes du malade que s’il peut garder l’immobilité absolue pendant le temps nécessare. La conduite à tenir sera donc indiquée par l'état du malade. S'il est tranquille, on pourra facilement faire de grandes épreuves ; si, au contraire, sa stabilité est médiocre, il faudra s'éloigner en conséquence de façon à pouvoir supprimer tout diaphragme et opérer par suite avec la pose la plus courte possible.
Dans ce dernier cas, si le document obtenu est trop petit, on procédera ultérieurement à un agrandissement comme nous l'indiquerons plus loin.
L’éclairage du sujet devra être fait de façon à éviter les oppositions trop grandes entre les lumières et les ombres. Il ne faut pas cependant trop atténuer celles-ci, ce qui donnerait une reproduction plate et sans reliefs. Dans un atelier vitré organisé comme celui que nous avons décrit, on obtiendra de bons résultats: il suffira, si l’on constate trop d’oppositions, ou de diminuer la lumière du côté de l'éclairage en faisant coulisser un des rideaux de l’atelier ou bien en se servant d’un écran blanc destiné à envoyer un peu de lumière réfléchie du côté de l'ombre.
Nous préférons cependant le deuxième procédé, car il a l’avantage de ne rien supprimer de la lumière et de permettre, par suite, les poses les plus courtes, ce que l’on doit chercher avant tout en Photographie médicale.
Ilest cependant des cas particuliers dans lesquels des contrastes un peu violents subsisteront par suite de la position du malade; on se servira alors avec avantage, si l’on peut le faire, de la méthode de la surexposilion. On sait, en effet, que l’action de la lumière sur la préparation sensible n’est proportionnelle aux durées d’exposi- Lion que jusqu’à une certaine limite et qu’au delà de cette limite les différences de valeur entre les parties les plus claires et les plus sombres s’effacent de plus en plus au fur et à mesure que la pose augmente. D’autre part, par le raisonnement inverse, on voit que les oppositions du modèle seront d’autant plus rendues que la pose aura élé plus courte. La connaissance de ces faits et leur applica-
tion judicieuse sera de la plus grande utilité dans certains cas. Ainsi, si les contrastes du modèle sont trop accentués, on les atténuera en augmentant la pose. Au conti raire, le sujet manque-t-il d’oppositions, on obtiendra d'excellents résultats avec des poses un peu courtes.
Le développement dans ces diverses hypothèses sera conduit différemment. Nous renvoyons à ce sujet à ce que nous avons dit dans le Chapitre IT.
Il sera bon autant que possible de prendre tous les malades à la même échelle. On arrivera facilement à ce résultat en marquant sur le plancher les emplacements respectifs du malade et de l’appareil. | Suivant les cas, on prendra des épreuves de face, de dos, de
trois quarts, de profil, debout ou assis. C’est au médecin qu’il appartiendra d'indiquer les positions dans lesquelles le sujet devra être reproduit.
On obtiendra ainsi l'image fidèle d’un malade présentant une
anomalie quelconque. Voici, par exemple, un sujet atteint de
déviation de la colonne vertébrale dans un cas de syringomyélie. Il est indiscutable qu’un simple coup d'œil jeté sur cette épreuve en dit plus long que la description que l’on pourrait en faire CAEN):
On pourra reproduire ainsi les paralysies, les atrophies, les contractures et en un mot toutes les déformations pathologiques ou modifications quelconques intéressant la forme extérieure.
Mais ce n’est pas encore tout. Il peut exister des états pathologiques qui impriment au malade des attitudes spéciales, sans
qu'il y ait cependant modification de la forme. La connaissance
attitudes absolument typiques est d’un haut intérêt pour
| CAIN U le médecin etil est utile d’en garder la reproduction fidèle. Voici,
par exemple, l'attitude d’un paralytique agitant dans la station debout: l'inclinaison de la tête et du tronc en avant est tout à fait caractéristique ; la déformation des mains, l'extension des membres inférieurs sont également à noter (fig. 15).
On retrouve ces mêmes caractères chez une autre malade du même genre qui est assise et dont la fig. 16 reproduit l'attitude habituelle. Cette malade, que M. Charcot a montrée bien des fois
LONDE. — Photographie médicale.
PI