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Reproduction de la tête. Dans les affections localisées à

cette partie de l'individu, il sera nécessaire d’opérer à moindre

CHAPITRE III. — PHOTOGRAPHIE PENDANT LA VIE. 7i distance que pour le corps entier afin d’avoir une dimension d’épreuve suffisante.

La tête pouvant être considérée comme renfermant trois plans principaux, l’un passant devant le nez, l’autre par les yeux et le dernier par les oreilles, il est évident que les difficultés que l’on rencontre pour reproduire, avec la netteté suffisante, le corps humain à grande échelle, seront ici encore plus grandes.

Ce sera toujours le malade qui dictera la conduite à suivre.

Plus il sera tranquille, plus on pourra faire grand, mais on devra diaphragmer suffisamment pour obtenir la netteté nécessaire, puis poser le temps voulu. Au contraire, la stabilité est-elle douteuse, il faudra réduire le format et diaphragmer le moins possible pour obtenir l'épreuve assez rapidement.

D'ailleurs, quoi qu'il en soit, l'obtention d’une tête de grand format constituera toujours une réelle difficulté, car plus l’image est grande, plus l’immobilité doit être parfaite.

De plus, il n’y a pas d'intérêt à obtenir des têtes de format

exagéré. Sur une tête de 0,05, on perçoit facilement tous les détails et l’on peut procéder à des agrandissements considérables,

s’il est nécessaire. Il ne faut pas oublier, d'autre part, qu'au point de vue de la rectitude dé l’image on ne doit pas chercher à obtenir des épreuves directes trop grandes. Nous avons considéré la tête comme constituée par trois plans : celui du nez, celui des yeux et celui des oreilles. Or on sait que l'objectif photographique ne donne des images rigoureuses que d'objets situés sensiblement dans un même plan : plus nous nous éloignerons de notre modèle et plus nous nous rapprocherons de la reproduction en quelque sorte mathématique : au contraire, plus nous nous rapprocherons, plus les échelles de réduction seront différentes. Si la mise au point est faite sur le plan passant par les yeux, les oreilles paraîtront plus petites et le nez plus fort. Si elle est effectuée sur le plan antérieur, les yeux et les oreilles seront reproduits à plus petite échelle; au contraire, les yeux el le nez paraitront plus forts si l’on met au point sur le plan passant par les oreilles.

Notre conclusion est qu'il ne faudra jamais, à moins de cas particulier, chercher à obtenir des têtes à trop grande échelle : on

multiplie d’une part les difficultés d'exécution et, de l’autre, on court risque d'obtenir des images incorrectes.

On opérera avec une belle lumière de façon à supprimer complètement l’usage de l’appui-tête. Il est, en effet, très important de laisser à la tête son attitude vraie. On peut se convaincre aisément de cette nécessité en jetant un coup d’œil sur la fig. 17. Elle représente la tête d’un hystérique mâle présentant un gonflement du cou permanent. Tout le haut du corps est porté en

avant. Ce gonflement du cou, qui est un phénomène vulgaire de

Fig. 17. Fig. 18.

la grande hystérie, est ordinairement passager, mais, chez le sujet

en question, il a persisté pendant de longs mois. La fig. 18 montre le même malade vu de face. Ici, il a été placé sur un oreiller, de façon à bien mettre en évidence l’anomalie qu’il présentait. Dans la fig. 19 nous voyons un cas remarquable d’une maladie exceptionnelle qui ne semble pas jusqu’à présent avoir attiré l’attention des dermatologistes. MM. Soucques et J.-B. Charcot, qui l’ont étudiée, lui ont donné la dénomination significative de géromorphisme. La malade, dont la peau est entièrement plissée et ridée, paraît au moins 70 ans: elle n’en a cependant que 21. L'affection avait débuté de bonne heure, ainsi que l’on peut s’en rendre compte sur une autre photographie du même sujet faite dix ans auparavant el. qui est jointe à l'observation.

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