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CHAPITRE III. — PHOTOGRAPHIE PENDANT LA VIE

Ici nous devons ouvrir une parenthèse pour signaler l’utilité qu'il y a pour le médecin à recueillir, si possible, les photographies antérieures du malade qu’il examine : il récoltera ainsi des documents authentiques sur les modifications qui auront pu

se produire, documents qui lui serviront même quelquefois à assigner la date probable du début de l'affection. On pourra ainsi suivre avec facilité l’évolution pathologique. D'autre part, et par suite des mêmes raisons, il sera bon d'exécuter de nouvelles épreuves à des intervalles plus ou moins rapprochés, suivant qu'il sera nécessaire. La juxtaposition de ces épreuves constituera un enseignement de premier ordre.

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En dehors des modifications particulières que l’on peut rencontrer dans ce genre d’études, on trouve chez certains malades des analogies, des ressemblances telles qu’elles constituent en quelque sorte le sceau de l'affection et leur donnent une physionomie tout à fait caractéristique. Si ces ressemblances ne sauraient échapper à un médecin exercé, il n’en est pas moins évident qu'il sera quelquefois fort difficile de faire ces rapprochements si l’on

n’a pas les divers sujets sous les yeux en même temps. Au contraire,

les épreuves photographiques permettront de recueillir de toutes parts les documents voulus et d’en faire l’analyse méthodique.

Bien des modifications systématiques de la physionomie n’ontpar elles-mêmes rien d’anormal et ce n’est que par leur répétition constante, chez des sujets atteints de la même affection, qu’elles prennent une imporlance particulière et qu'elles peuvent constituer ce qu’on appelle le facies pathologique. De même qu’on a l'habitude de recueillir le plus srand nombre possible d’observa- Lions sur une maladie quelconque, de même il serait utile de réunir le plus grand nombre de documents photographiques : telle modification de la physionomie qui, dans une observation isolée, pouvait passer inaperçue et n’avoir aucune valeur spéciale, prendra, au contraire, une importance particulière si on la retrouve constamment dans des cas identiques.

Un individu, absolument sain d’ailleurs, peut avoir naturellement un nez effilé et des lèvres rétrécies, mais si ce caractère se retrouve invariablement chez une série de malades, on pourra évidemment déterminer le facies produit chez ces malades par l'affection étudiée. C’est ce qu’on a trouvé dans la sclérodermie, qui par un rétrécissement général de la peau produit nécessairement un amincissement du nez et des lèvres, celles-ci laissant les dents plus ou moins découvertes (PI. IT). Ce rétrécissement de la peau est général et affecte aussi les mains et les pieds, qui ont également un aspect tout à fait caractéristique.

Dans le goitre exophtalmique, nous constatons un développement considérable des globes oculaires qui donnent à la physionomie un aspect tout particulier. Un goitre plus ou moins développé est assez souvent concomitant, d’où le nom donné à cette

affection typique (PZ. IT).

LoNDF. — Photographie médicale. PI DE

Facies dans la sclérodermie.

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