CHAPITRE III. — PHOTOGRAPHIE PENDANT LA VIE
Voici, d’après Duchenne, les points moteurs des principaux muscles de la face. D’après ses recherches, quatre de ces muscles ont le privilège de peindre complètement par leur action isolée une expression qui leur est propre. Ces muscles occupent la partie supérieure du visage et ils impriment tous au sourcil un mouvement particulier; ce sont le frontal, l’orbiculaire palpébral supérieur, le sourcillier et le pyramidal du nez. Le schéma suivant (fig. 37) indique les points d'élection sur lesquels Duchenne appliquait l’électrode, pour amener la contraction partielle de chacun de ces muscles.
Les croquis suivants montrent leur action individuelle sur les muscles de la face, et nous donnons, d'autre part, les dessins exécutés par M. Richer, d’après nos photographies représentant les mêmes attitudes, chez un sujet en état de léthargie ( fig. 38).
Là ne se bornent pas les phénomènes intéressants que la Photographie peut reproduire utilement : il nous faut citer les recherches fort originales de M. Georges Guinon et de M°'e Sophie Woltke (d’Odessa). Les auteurs ont étudié l'influence des excitations sensitives et sensorielles dans les phases cataleptique et somnambuliques du grand hypnotisme. Il provoquaient, chez diverses malades, des suggestions variées qui se traduisaient par des gestes et des expressions de physionomie et ceci en interposant simplement devant les yeux des verres différemment colorés ou en leur faisant ant sur le sens de l’ouïe.
respirer certaines odeurs ou encore en ag
Nous avons reproduit les diverses attitudes obtenues dans ces circonstances et nous mettons sous les yeux du lecteur quelquesunes de ces épreuves. Sous l’influence du verre jaune (PI. VII, fig. 1), la malade fronce les sourcils, elle cligne les paupières et met ses mains en abat-jour au-dessus de ses yeux, comme pour se protéger d’une lumière trop vive.
Le verre vert foncé, produit un effet tout différent. Elle sourit, puis porte la main à quelque distance de son nez, en flairant une fleur qu’elle croît tenir (PZ. VII, fig. 2).
Un verre bleu étant interposé, elle lève les yeux au ciel (P1. VIT, fig. 3), joint les mains en l'air, dans l'attitude de la prière et finit par se mettre à genoux (PI. VII, fig. 4).
Si l’on fait entendre un bruit de cloches, la malade s’attriste et
met la main surses yeux, comme quelqu'un qui pleure ou qui prie (PL. VIL, fig. 5). Lui fait-on respirer du chloroforme, son regard
Fig. 38.
Contraction du grand zygomatique.
devient fixe, puis peu à peu le pied se contracture (P/. VIT, fig. 6). Si l’on remplace le chloroforme par le sulfure de carbone, elle
exprime un vif dégoût et se bouche le nez entre le pouce et l'index